08/05/2026
La croisée des montagnes
Dans la poussière rouge de Ouaga
une femme crie sans voix sur la voie
Ses deux yeux vides d'espoir sont pleins de poussiere
Ses reins se serrent ,ses seins dorment
Dans son ventre,un enfant se bat comme un rat dans un trou encensé de piment
le point fermé mais le cordon est fragile
comme un petit poisson dans le flot d'une inondation
Les contractions viennent
comme des secousses d'un bus sur une terre minée
Sa sécurité vacille entre les mains de sage femmes, élèves bissionaires à l'ecole des valeurs
Tout le monde parle
Personne n'ecoute
C'est un sanctuaire de prieurs qui se prennent pour des Dieux
Le ciel se fait témoin
Il entend et voit
ses hommes qui discutent autour du feu
certains invoquent Dieu,
d’autres brandissent des lois qui echappent à lumiere cerebrale
chacun tirant le drap
d’un côté de sa vérité
Mais pendant qu’ils débattent et se battent
la mère saigne.
Ô peuple, entends-tu ?
Ce n’est plus l’heure des discours sourds
c’est l’heure des mains tendues et des coeurs ouverts
Il faut courir
courir chercher l’eau de la paix
courir apporter le tissu de l’unité
courir fermer les plaies de la division
Ni Jesus Christ, ni Mohamed et meme pas nos ancêtres ne tueront ces serpents dormant à la bouche ouverte que nous avons vomis au nom de la liberté
L'enfant arrive
Et s’il naît dans le tumulte
sans souffle, sans chaleur
humaine
ce ne sera pas faute de ciel
mais celles des hommes dispensés à la cohesion sociale
Alors, pressez-vous doucement
Que la foi ne divise pas
qu’elle soigne
Que la loi ne fracture pas
qu’elle protège
Que chacun devienne sage-femme
de l’avenir
Celle qui dont les feuilltons ne volent pas l'attention
Pendant qu'une femme perd la vie en voulant donner la vie