25/08/2026
Inga 3 : l’INPP et l’ADPI-RDC scellent un partenariat stratégique pour développer les compétences locales
L’Institut national de préparation professionnelle (INPP) et l’Agence pour le développement et la promotion du projet Grand Inga (ADPI-RDC) ont signé, mercredi 5 août 2026 à Kinshasa, un protocole d’accord destiné à préparer une main-d’œuvre congolaise qualifiée aux besoins du Programme de développement d’Inga 3. Cette coopération accorde une attention particulière aux jeunes, aux femmes et aux personnes vulnérables.
La cérémonie de signature s’est déroulée dans la salle Sadako Ogata de la Direction Provinciale de l'INPP à Kinshasa, en présence des responsables des deux institutions, de leurs cadres ainsi que des représentants des partenaires techniques et financiers.
Le protocole a été officiellement signé par les directeurs généraux de l’INPP et de l’ADPI-RDC, au terme d’une cérémonie marquée par les allocutions des deux parties, la présentation des grandes lignes de l’accord, la signature dudit accord et la traditionnelle séance de photos de famille.
La formation professionnelle au cœur d’Inga 3
Dans son allocution prononcée au nom du Directeur Général de l’INPP, M. Godefroy Stanislas Tshimanga wa Muntuabo en mission, le Directeur Général adjoint, M. Patrick Kayembe Nsumpi, a présenté cet accord comme la concrétisation d’un partenariat stratégique entre l’institution publique de formation professionnelle et l’agence chargée du développement du complexe hydroélectrique de Grand Inga.
Fidèle à sa mission de qualification de la population active congolaise, l’INPP entend mettre son expertise en ingénierie de formation au service du pilier consacré au développement des compétences.
L’objectif est d’identifier les métiers nécessaires à la mise en œuvre du programme, d’élaborer des contenus de formation adaptés et de préparer une main-d’œuvre capable d’intervenir dans les différentes phases du projet.
« Le développement du Programme Grand Inga 3 nécessite une main-d’œuvre locale qualifiée », a souligné le DGA Patrick Kayembe Nsumpi. Pour l’INPP, la participation des travailleurs congolais permettra de faire de ce grand chantier énergétique un véritable instrument de renforcement du capital humain national.
Une priorité accordée aux jeunes et aux femmes
L’accord prévoit une approche inclusive intégrant particulièrement les jeunes, les filles, les garçons et les personnes vulnérables.
Pour le Directeur Général de l'ADPI-RDC, M. Bob Mabiala Mvumbi : « Cette orientation vise à éviter que les principales compétences nécessaires au projet soient systématiquement importées, alors que la RDC dispose d’une population jeune susceptible d’être formée aux métiers de l’électricité, de l’électromécanique, de la maintenance industrielle, du génie civil, de la construction, de la sécurité au travail et d’autres domaines connexes. »
À travers ce partenariat, l’INPP veut contribuer à l’employabilité des communautés tout en répondant aux besoins techniques du Programme de développement d’Inga 3. Les retombées économiques et sociales du projet pourraient ainsi profiter directement aux Congolais, notamment aux populations vivant à proximité du site.
L’enjeu est considérable dans un pays où, selon la Banque mondiale, près de 77 % de la main-d’œuvre évolue dans le secteur informel et environ 60 % des jeunes arrivent sur le marché du travail sans avoir dépassé un cursus secondaire incomplet.
Un programme d’un milliard de dollars
Le nouveau Programme de développement d’Inga 3 bénéficie de l’accompagnement de la Banque mondiale. En juin 2025, son conseil d’administration avait approuvé un crédit de 250 millions de dollars de l’Association internationale de développement pour financer la première phase d’un programme multiphase évalué à un milliard de dollars.
Cette première étape doit notamment soutenir les populations locales, les infrastructures et la création d’emplois. Elle prévoit des investissements au profit d’environ 1,2 million de personnes vivant dans une centaine de communautés proches d’Inga, au Kongo Central.
Les interventions annoncées concernent notamment l’accès à l’eau potable, les énergies renouvelables décentralisées, les routes rurales et le développement d’activités économiques locales.
D’après le rapport de mise en œuvre publié par la Banque mondiale en avril 2026, le programme est officiellement entré en vigueur le 2 février 2026. Il doit renforcer les capacités institutionnelles de la RDC afin de permettre le développement durable d’Inga 3 et la création d’emplois.
Transformer le potentiel énergétique en emplois
Inga 3 est présenté comme le plus important projet énergétique envisagé à ce jour en RDC. Sa réalisation devrait permettre d’augmenter la production nationale d’électricité, d’améliorer l’approvisionnement des ménages et des industries et de soutenir la transformation économique du pays.
La Banque mondiale estime actuellement à seulement 21 % la proportion de Congolais ayant accès à l’électricité. Dans le cadre de son Pacte national de l’énergie, aligné sur l’initiative africaine Mission 300, la RDC ambitionne de porter ce taux à 62 % d’ici 2030.
Pour l’INPP, la portée d’Inga 3 ne doit cependant pas être mesurée uniquement en mégawatts ou en infrastructures. Le programme doit également produire des compétences, des emplois durables et des possibilités d’insertion professionnelle pour les Congolais.
Patrick Kayembe Nsumpi a, dans ce contexte, salué la vision du Président de la République SEM Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo en faveur de la jeunesse, de la formation professionnelle et de la souveraineté énergétique. Il a également remercié les partenaires techniques et financiers, particulièrement la Banque mondiale, l’Agence française de développement et la JICA, pour leur accompagnement.
Un engagement à traduire en formations concrètes
Sous la coordination de l’ADPI-RDC, l’INPP s’engage à mobiliser son expertise et ses structures de formation afin d’accompagner le volet consacré au développement des compétences.
La réussite de ce partenariat dépendra désormais de sa traduction en actions concrètes : détermination des besoins en main-d’œuvre, établissement des référentiels métiers, sélection des bénéficiaires, organisation des formations, certification des compétences et accompagnement vers l’emploi.
En associant formation professionnelle et développement énergétique, l’INPP et l’ADPI-RDC ambitionnent ainsi de faire d’Inga 3 non seulement un chantier d’infrastructures, mais également une école de compétences et un levier d’autonomisation économique pour la jeunesse congolaise.
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