17/01/2026
Retour en force des professeurs D6 dans les écoles de BUTEMBO
Il y a deux à trois années, les rapports de la r***e annuelle de performance (RAP) renseignent sur un phénomène que les écoles pensaient pouvoir éradiquer. Depuis la décennie 2000-2010, avec la naissance des institutions d’enseignement supérieur et universitaire dans le Grand-Nord Kivu, on a vu baisser sensiblement le taux de d’engagement des professeurs D6, surtout dans les milieux urbains. Ce phénomène était en train d’appartenir à un passé lointain.
Mais, selon les Rapports des r***es annuelle de performance, on remarque avec stupéfaction la montée en flèche de la sous-qualification dans les écoles secondaires. Une sous-qualification de deux sortes : une sous-qualification scientifique-pédagogique et une sous-qualification pédagogique.
La sous-qualification scientifique consiste à engager au secondaire des enseignants sans formation supérieure et universitaire.
La sous-qualification pédagogique concerne les lauréats des Institutions d’Enseignement Supérieurs et Universitaires qui enseignent à l’école secondaire, mais dont le cursus académique ne comporte pas la formation pédagogique. À l’époque, ceux-ci devaient être soumis à un programme d’agrégation pour être qualifiés à l’enseignement.
Quelles sont les causes de ce recul dans le management du système éducatif ? quelles en sont les conséquences ?
Les facteurs à la base de ce problème sont de divers ordres. En ville de Butembo, par exemple, d’où j’écris cette tribune, je peux souligner le désintéressement de la jeunesse vis-à-vis du métier d’enseignant. Déjà depuis bien longtemps, l’enseignement primaire est resté pratiquement à environ 80%, entre les mains d’enseignants féminins. La gent masculine abandonne progressivement ce secteur.
Une autre observation révélatrice c’est la diminution drastique des effectifs d’élèves et d’étudiants dans la section Pédagogique au secondaire, dans les facultés des sciences de l’éducation ainsi que dans les Instituts Supérieurs Pédagogiques. Notre sondage renseigne que le discours tenu sur le métier d’enseignant, aussi bien par la société que par certains enseignants eux-mêmes, n’est pas de nature à susciter l’intérêt des jeunes à embrasser cette carrière. On dit que l’enseignement ne paye pas !
La conséquence présente et à venir, c’est la destruction de la qualité de la formation et l’offre à la société des individus mal formés et peu utiles. Nous y sommes déjà malheureusement. Il est encore temps de sauver les meubles.