04/11/2024
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Chapitre III
II. (427-347) (Section pédagogique)
1. VIE ET ŒUVRES
Disciple de SOCRATE, PLATON est né à Athènes en 427 et est mort en 348 av. J.-C.. Il quitte Athènes après la condamnation de son maître et profite d'une douzaine d'années consacrées aux voyages pour apprendre les doctrines philosophiques les plus en vogue, en particulier le pythagorisme. En 387, il entreprend la réhabilitation de SOCRATE et fonde la toute première école philosophique «ACADÉMIE». Elle est ainsi nommée, car les élèves étaient réunis au cœur du jardin d'Académos, un héros mythique de la Grèce; les mathématiques y sont enseignées au même titre que la rhétorique. C'est à l'Académie qu'ARISTOTE reçu son enseignement, et elle fut fermée en 529 par Justinien. Parmi ces ouvrages, on peut citer :
-L'Apologie de SOCRATE : consacrée au procès et à la condamnation de SOCRATE;
-La République ou la Justice : consacrée à l'étude d'une cité idéale où règne la justice (en réaction à l'injustice vécue à Athènes et dont son maître est victime);
-Le Banquet ou traité de l'amour;
-Le Menon : traité sur la vertu;
-Le Phédon : traité sur l'âme;
-Le Phèdre : traité sur le beau.
2. DOCTRINE
Comme SOCRATE, PLATON est choqué par l'injustice et la dégradation du monde dans lequel il vit; il pense que ce monde-ci est tellement imparfait qu'il ne doit pas être le véritable monde et il projette le monde véritable (monde intelligible) en dehors du monde sensible. Sa doctrine est un IDÉALISME DUALISTE : il considère qu'il y a deux mondes distincts (un monde sensible ou monde des apparences et un monde des idées ou monde intelligible); il invite ses interlocuteurs à la contemplation du monde des idées qui est le véritable monde, monde du «Bien», de la «Justice» et de la véritable «Beauté».
Les grandes idées de sa doctrine sont :
-C'est l'idée qui est à la fois l'être même et la connaissance vraie c'est-à-dire une réalité vraie, absolue, éternelle, existant en dehors et au-delà de nous, les objets visibles et les divers phénomènes ne sont que des reflets. Il recourt, pour se faire, à un procédé pédagogique connu sous le nom de «Allégorie ou mythe de la caverne». C'est pourquoi sa philosophie est appelée «Théories des idées»;
-L'âme connaît le monde véritable pour y avoir séjourné avant sa chute dans le corps et elle doit faire un effort pour se rappeler ce qu'elle avait contemplé dans le monde des idées. C'est ce qu'on appelle «Théorie de la réminiscence»;
-C'est l'âme qui constitue l'être profond de l'homme; le corps est une enveloppe ou une simple carapace matérielle qui empêche l'âme de s'élever vers le monde véritable. Il prône ainsi un dualisme anthropologique : l'homme est composé de deux parties distinctes et indépendantes l'une de l'autre (le corps et l'âme);
-Le bien suprême réside dans la contemplation du monde véritable, c'est-à-dire le monde des idées.
3. COMPARAISON AVEC SOCRATE
PLATON est resté fidèle à la pensée de son maître et il l'a même enrichie en la dépassant.
Du point de vue de la ressemblance, nous pouvons retenir les points ci-après :
-Tous les deux sont contre la dégradation morale et l'attachement au monde qui passe, ils invitent à rechercher la vertu et la véritable vie;
-Tous deux sont convaincus de la présence en l'homme des notions capables de l'aider à tendre vers la vie véritable (en entrant en lui-même ou en se rappelant);
-Tous deux initient à la réflexion critique en d'une connaissance véritable.
Parmi les points de divergence, on peut noter :
-Pour SOCRATE, la vertu, c'est la connaissance et la pratique du «Bien» tandis que pour PLATON, la vertu réside dans la contemplation de l'idée du Bien (Idée suprême);
-La philosophie de SOCRATE est une science pratique (morale rationnelle), mais celle de PLATON, c'est une véritable doctrine intellectuelle (Métaphysique).
4. CONCLUSION
PLATON est le père de l'idéalisme occidental et sa philosophie a influencé le christianisme. La grande faiblesse de sa doctrine, c'est le fait de vouloir ignorer complètement la réalité du monde sensible.
Texte
«Les degrés de l'amour»
En effet, s'il faut chercher la beauté qui réside dans l'idée, ce serait grande folie de ne pas croire que la beauté qui réside dans tous les corps est une et identique. Une fois pénétré de cette pensée, notre homme doit se montrer l'amant de tous les beaux corps et dépouiller comme une petitesse méprisable toute passion qui se concentrerait sur un seul. Après cela, il doit regarder la beauté de l'âme comme la plus précieuse que celle du corps, en sorte qu'une belle âme, même dans un corps dépourvu d'agrément, suffise pour attirer son amour et ses soins, pour lui faire engendrer les discours les plus propres à rendre la jeunesse meilleure (...) › À suivre
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