05/02/2026
|ACTU ENERGIE 237|
Le Port autonome de Douala (PAD) projette de se doter d’un système indépendant de production et de distribution d’électricité afin d’assurer son autonomie énergétique.
Le 12 septembre 2025, le directeur général du PAD, Cyrus Ngo’o, et celui de la Douala Port Power Corporation SA (DDPC), Darius Mesmin Ekouda, ont signé une convention relative à ce mégaprojet d’un coût total de 628 milliards FCFA.
L’infrastructure sera mise en place dans le cadre d’un partenariat public-privé (PPP) de type Build-Operate-Transfer (BOT), sur une période de 25 ans. Le financement sera entièrement assuré par la DDPC, sans garantie du PAD ni de l’État camerounais.
Les travaux, confiés à une entreprise chinoise, se dérouleront en deux étapes. La première phase prévoit la construction d’une centrale électrique de 102 MW, couplée à un gazoduc reliant Kribi à Douala, pour un investissement global de 397 milliards FCFA.
La seconde phase, étalée sur dix ans, portera la capacité de production à 300 MW, moyennant 230 milliards FCFA supplémentaires.
Selon le Directeur Général, Cyrus Ngo’o, cette centrale garantira une alimentation énergétique propre et continue aux activités portuaires, tout en permettant d’injecter l’excédent de production dans le réseau électrique de Douala, souvent affecté par des coupures d’électricité.
Ce système, conforme aux standards internationaux d’efficacité énergétique appliqués aux ports et aux navires, vient répondre à une carence devenue critique. Le projet étaient inscrit dans le Schéma directeur de développement 2020-2050 du Port de Douala-Bonabéri.
L’autonomie énergétique devrait considérablement renforcer la compétitivité du Port de Douala-Bonabéri, améliorer la fiabilité de ses opérations logistiques et consolider sa position de hub maritime en Afrique centrale.
Plus de 1000 emplois directs et indirects seront créés au cours de la construction et de l’exploitation. En outre, le PAD et l’État camerounais percevront des revenus issus de la vente d’énergie.
Source : Port Authority of Douala - Pad
Nos commentaires :
1. Le fait très bien de prendre ses responsabilités pour assurer une meilleure disponibilité du courant électrique dans ses activités. Un outil économique aussi stratégique ne devrait pas dépendre des plans et balbutiements de la stratégie énergétique de l'État.
2. Un contrat en pour un dans le texte explicatif et un contrat en plutôt sur l'image. Faut savoir lequel c'est finalement. Après quel est le taux d'amortissement de la centrale après les 25ans ? Enfin si le port et l'État peuvent gagner de l'argent pour la vente de l'énergie pendant le temps du BOT, cela signifie que la part d'investissement de qui est présenté comme "tête de file" est suffisamment importante. Ce serait intéressant de savoir combien chacun des investisseurs met sur la table dans les 628 Milliards mis en jeu.
3. Alimentation énergétique continue ? Ok. Mais ? Non pas vraiment puisqu'on parle de construction d'une centrale à gaz apparemment. D'ailleurs, l'usine à gaz de Ndogpassi (Douala) n'est elle pas en mesure de fournir la matière première nécessaire ? Ce jusqu'à kribi représente à coup sûr la plus grande partie du budget de la 1ere phase.
4. Si un surplus de production doit être injecté dans le réseau électrique de Douala, alors aurait dû être intégré dans la convention, à moins que ce surplus soit un "don" de courant du port à la ville. Mais attention ! Si la courbe de puissance du est semblable à celle de la plupart des industries de la ville, alors les 300MW produits ne seront vraiment utilisé que pendant le pic de demande. Et donc la quantité injectée serait non négligeable.