18/07/2025
Accident avec exposition au sang (AES) et hépatites : ce qu’il faut savoir et faire
1. Définition d’un AES
Un accident d’exposition au sang survient lorsqu’une personne entre en contact, de manière accidentelle, avec du sang ou un liquide biologique potentiellement contaminé. Les situations fréquentes incluent :
Piqûre avec une aiguille souillée,
Coupure avec un instrument contaminé,
Projection de sang sur les muqueuses (œil, bouche, nez),
Contact de sang avec une peau lésée (plaie, eczéma…).
Ce type d’exposition peut entraîner un risque de transmission de virus, notamment le virus de l’hépatite B (VHB), de l’hépatite C (VHC) et du VIH.
2. Risques infectieux
Hépatite B :
Le VHB est très contagieux.
Il peut survivre plusieurs jours dans le sang séché.
Heureusement, un vaccin efficace existe. Toute personne travaillant en milieu à risque (santé, secours, entretien…) devrait être vaccinée.
En cas d’exposition chez une personne non vaccinée ou insuffisamment protégée, une injection d’immunoglobulines spécifiques peut être indiquée.
Hépatite C :
Le VHC est transmis par le sang.
Il n’existe pas de vaccin, et le risque de transmission par AES est plus faible que pour le VHB, mais bien réel.
Des traitements curatifs existent aujourd’hui, mais le dépistage est essentiel.
VIH :
Le risque de transmission existe aussi, surtout si le contact est profond (piqûre avec du sang frais) et si la personne source est séropositive.
3. Conduite à tenir pour le personnel exposé
a) Réaction immédiate
En cas de piqûre ou coupure : ne pas faire de garrot, laisser saigner légèrement, laver à l’eau courante et au savon pendant 5 minutes, puis désinfecter avec un antiseptique (Dakin, Bétadine rouge, ou chlorhexidine).
En cas de projection sur une muqueuse (œil, bouche, nez) : rincer abondamment avec du sérum physiologique ou de l’eau pendant 10 minutes.
En cas de contact avec une peau abîmée : procéder au même lavage que pour une piqûre.
b) Déclaration et signalement
Informer immédiatement le supérieur hiérarchique ou le responsable de service.
Compléter une déclaration d’accident du travail s’il s’agit d’un personnel salarié.
Contacter le médecin du travail ou l’équipe de prévention des risques.
Identifier si possible la personne source (celle dont provient le sang) pour évaluer son statut sérologique.
c) Consultation médicale urgente
Se rendre dans les 2 heures (maximum 4 heures) dans un service d’urgences hospitalières ou un centre spécialisé (ex. infectiologie).
Une évaluation du risque infectieux sera réalisée.
Si le risque est jugé significatif, un traitement post-exposition (TPE) pourra être proposé, en particulier contre le VIH (à prendre idéalement dans les 4 premières heures, au plus t**d dans les 48 h).
d) Mesures spécifiques hépatites
Hépatite B : le médecin vérifiera le statut vaccinal (anticorps anti-HBs).
Si la personne est bien immunisée (anticorps > 10 UI/L), aucun traitement n’est nécessaire.
Si elle n’est pas protégée, une injection d’immunoglobulines associée à une vaccination en urgence peut être faite.
Hépatite C : pas de traitement préventif. On surveille par des bilan sanguins réguliers.
4. Suivi médical après l’exposition
Un suivi sérologique est indispensable, même si le risque semble faible :
À l’exposition (T0) : sérologies VIH, VHB, VHC.
À 6 semaines : contrôles VIH et VHC.
À 3 mois : contrôle sérologique VIH, VHB, VHC.
À 6 mois : dernier contrôle (selon les recommandations locales).
Le suivi peut être raccourci en fonction des tests effectués sur la personne source, si connue et testée négative.
5. Prévention à long terme
Pour les professionnels exposés au sang :
Être à jour de la vaccination contre l’hépatite B est obligatoire dans les métiers de santé.
Respecter les précautions standard d’hygiène (gants, lunettes, manipulation sécurisée des objets tranchants).
Participer aux formations de prévention des risques biologiques.
Signaler immédiatement tout AES, même s’il paraît mineur.
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