03/01/2018
Rouvrir/Réouvrir
Contrairement à toute logique, le verbe rouvrir(« ouvrir de nouveau ») a pour substantif dérivé réouverture (et non rouverture)... alors que le verbe réouvrir n'est pas reconnu par l'Académie ! Mais c'est ainsi : l'usage veut que l'on condamneréouvrir / réouvert ainsi que rouverture.
Le théâtre ne rouvrira pas avant la saison prochaine.
La plaie s'est rouverte. Il a rouvert les yeux.
Il est satisfait de voir rouvert le débat sur ce sujet.
La réouverture d'un théâtre, d'un magasin, d'un cinéma, des débats.
Remarque 1 : Cette bizarrerie de la langue s'explique selon toute vraisemblance par le fait que le verbe est de formation populaire et le substantif, d'inspiration savante. Attestée dès le XIe siècle, la forme reouvrir se prononçait sans faire sonner le e, qui a fini par s'élider pour laisser place à rouvrir. Le mot réouverture, quant à lui, a été formé plus récemment (XIXe siècle), sur le modèle des mots savants directement empruntés du latin.
Remarque 2 : La règle veut que le préfixe re-(marquant notamment la répétition ou l'insistance) se maintienne devant une consonne ou un h aspiré (recommencer, redire, rehausser, etc.) mais devienne r- devant une voyelle ou un hmuet (raccrocher, rajuster, rapprendre, rattraper, récrire, rentrer, rouvrir, rhabiller, etc.) et res-devant certains mots commençant par s(ressaisir, ressortir, etc.). La tendance actuelle − vraisemblablement pour des raisons de netteté et d'euphonie − à donner une signification itérative aux verbes relevant du second cas en les faisant précéder de ré- au lieu de r-(réapprendre / rapprendre ; réassortir / rassortir ;réemployer / remployer) entraîne souvent l'utilisation du barbarisme réouvrir.
On notera que les mots formés avec ce préfixe (et ses variantes) ne prennent pas de trait d'union.
La police américaine a annoncé en novembre 2011 qu'elle allait
rouvrir l'enquête sur la mort de l'actrice Natalie Wood.