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Covid-19: la stratégie du Maroc “s’impose comme l’une des meilleures au monde” (Nova Paraguay)La stratégie mise en œuvre...
16/04/2020

Covid-19: la stratégie du Maroc “s’impose comme l’une des meilleures au monde” (Nova Paraguay)

La stratégie mise en œuvre par le Maroc pour la lutte contre le coronavirus “s’impose comme l’une des meilleures au monde”, a écrit l’agence de presse paraguayenne “Nova Paraguay” dans un article consacré aux mesures “proactives” prises par le Royaume en vue de faire face à la propagation du Covid-19.
“Le Royaume a réagi rapidement selon une approche globale, en consacrant plus de 2,7% de son PIB (à la lutte contre le coronavirus), se plaçant ainsi parmi les quatre premiers pays du monde à avoir mobilisé davantage de ressources financières pour lutter contre cette pandémie”, a ajouté “Nova Paraguay”.

Elle a dans ce sens rappelé que SM le Roi Mohammed VI a ordonné la création immédiate d’un fonds spécial dédié à la gestion de la pandémie du coronavirus, doté initialement de 10 milliards de dirhams (près de 1 milliard d’euros), qui en quelques jours a pu lever plus de 3 milliards d’euros, grâce aux contributions de personnes physiques et morales.

Pour “Nova Paraguay”, cette réaction “rapide et ferme” a suscité l’admiration des observateurs et de la presse internationale.

Ainsi, le magazine français “Forbes France” a mis en exergue le “Plan Marshall” déployé par SM le Roi Mohammed VI, mettant en avant “les mesures de grande envergure adoptées par le Maroc pour protéger la population et faire face aux répercussions économiques et sociales du Covid-19”, a poursuivi la même source.

Le journal espagnol “El País”, le média australien “Vibe Media”, la radio française “France Info”, la chercheuse italienne Lorena Stella Martini de l’Institut italien d’études politiques internationales, entre autres, ont été unanimes en soulignant que “le Maroc, grâce à sa stratégie proactive, se situe à l’avant-garde mondiale en adoptant des mesures appropriées pour contenir la propagation du coronavirus”, a-t-elle rappelé.

En effet, depuis l’apparition du premier cas positif au coronavirus, les autorités marocaines, sous l’impulsion de SM le Roi Mohammed VI, ont adopté des mesures anticipatives et progressives, plaçant la santé et la sécurité des citoyens au centre des actions gouvernementales, a relevé l’agence de presse paraguayenne.

“Cependant, le Maroc ne s’est pas limité à déclarer le confinement général de la population, mais a également mobilisé des ressources considérables pour améliorer les infrastructures hospitalières du pays. Outre l’acquisition d’équipements et de matériel médicaux, le Maroc a opté pour la production locale d’équipements”, a précisé “Nova Paraguay”, rappelant que le Royaume produit déjà 3 millions de masques sanitaires par jour avant de passera à 5 millions d’unités par jour à partir de la semaine prochaine.

“De même, le Maroc a également lancé une production 100% nationale de respirateurs pour soigner les patients atteints du coronavirus”, a noté la même source selon laquelle le Royaume compte actuellement 3.000 lits de réanimation, étant le mieux doté de ces équipements sur l’ensemble du continent africain. En outre, les Forces Armées Royales (FAR) se sont jointes à cette tâche en créant des hôpitaux militaires de campagne, a souligné “Nova Paraguay”, rappelant que le Maroc a une longue expérience dans le déploiement d’hôpitaux de campagne, dans plusieurs pays, dans le cadre d’opérations humanitaires bilatérales ou avec les Nations unies.

La chute du MASI est ahurissante. Un analyste de la place trouve que le marché a surréagi à l'épidémie mondiale du Coron...
09/03/2020

La chute du MASI est ahurissante. Un analyste de la place trouve que le marché a surréagi à l'épidémie mondiale du Coronavirus. Selon lui, il ne faut pas céder à la panique vu qu’elle n’est pas totalement justifiée.

La panique, qui a commencé vendredi 6 mars, continue de ravager le marché boursier marocain.

Le MASI, principal indice de la cote casablancaise, a perdu à peu près 6% à l’issue de la séance de cotation de ce lundi 9 mars. En Year-to-date, le MASI a reculé de 11,22% !
Pour sa part, le FTSE CSE Morocco 15, l'indice regroupant les 15 plus grandes capitalisations du marché, a perdu 7,02%, portant sa contre-performance depuis le début de cette année à 13,48%.

Aucune valeur n'a progressé ce lundi (les plus fortes hausses sont de 0%). Et les plus fortes baisses ont frôlé la limite de 10%. Ce qui prouve le "fly to cash" actuel. Depuis le début du mois de mars, la capitalisation boursière a perdu plus de 60 milliards de DH !

Le volume échangé lors de cette séance s’est situé à 585,82 millions de DH. C’est l’un des volumes les plus importants enregistrés au cours de ces dernières semaines.

Ce volume a été drainé en grande partie par les grosses capitalisations de la place qui ont toutes enregitré de fortes baisses, malgré le soutien apporté à quelques valeurs pour limiter la casse :

- Maroc Telecom (-4,51%) : 211,11 MDH ;

- Attijariwafa bank (-6,07%) : 62,47 MDH ;

- Ciments du Maroc (-6,19%) : 57,23 MDH ;

- Marsa Maroc (-8,80%) : 56,48 MDH ;

- Cosumar (-3,56%) : 41,32 MDH ;

- Taqa Morocco (-3%) : 33,01 MDH ;

- LafargeHolcim Maroc (-6,02%) : 28,37 MDH ;

- BCP (-8,33%) : 24,64 MDH.

Et la baisse devrait se poursuivre. La majorité des carnets d'ordres consultés après la clôture de ce lundi dégageaient un mouvement vendeur. Les quantités proposées à la vente sont supérieures à celles demandées.

"C'est un crash boursier limité, causé par une panique imprévisible amplifiée par le volume et par l'absence totale de hausse sur la moindre valeur", indique un opérateur avisé du marché.

Pour sa part, un analyste de la place trouve que la réaction du marché est « exagérée ».

« Le marché a surréagi. Cela a commencé par une panique qui a touché les investisseurs étrangers, ce qui a initié le mouvement de baisse. Après les petits porteurs ont réagi négativement face à la baisse avec des rachats auprès des OPCVM. Maintenant, ce mouvement vendeur est généralisé. Tout le monde cherche à vendre à n’importe quel prix », indique-t-il.

L'opérateur sondé confirme que ce sont les petits porteurs et les OPCVM, notamment actions, qui vendent, mais ajoute qu'il y a aussi et surtout les porteurs de taille moyenne.

Qui a acheté toutes les actions vendues vendredi et lundi ? "Principalement une compagnie d'assurance et un organisme de prévoyance de la place", ajoute cet opérateur.

« C’est une panique qui n’est pas justifiée. Même les impacts du Coronavirus sur l’économie mondiale sont encore limités. Dans les conditions actuelles, il faut relativiser un peu. Il ne faut surtout pas céder à la panique pour ne pas renforcer ce mouvement de baisse », insiste l'analyste.

D’après lui, « à un certain moment, cette fièvre va se calmer, mais on ne sait pas quand exactement. En attendant, il faut voir s’il y a la possibilité de suspendre les transactions au niveau du marché marocain. Si non, les investisseurs institutionnels marocains doivent se placer en position acheteuse pour soutenir le marché ».

Et d’ajouter : « Une bonne nouvelle à l’échelle internationale, comme une éventuelle découverte d’un vaccin contre le coronavirus, pourrait également calmer cette panique ».

L'opérateur sondé trouve que cette chute n'est pas plus mal car le marché est cher, et estime qu'il va remonter car il n'y a aucune raison fondamentale de paniquer. "Au contraire, la baisse des cours du pétrole, très forte, aurait du inciter à davantage d'optimisme", conclut-il.

[ENTRETIEN] FRÉDÉRIC LOUAT POINTE LES MENACES QUI PLANENT SUR L’ÉCONOMIE MAROCAINE EN 2020Frédéric Louat, Directeur du c...
03/02/2020

[ENTRETIEN] FRÉDÉRIC LOUAT POINTE LES MENACES QUI PLANENT SUR L’ÉCONOMIE MAROCAINE EN 2020

Frédéric Louat, Directeur du cabinet Riser Maghreb analyse et diagnostique profondément les faits marquants qui caractérisent la scène internationale en 2020. Sur le plan national, il revient sur comment le Maroc pourra-t-il emprunter la voie de l’émergence dans un contexte en perpétuelle mutation.
EcoActu : L’année 2020 s’annonce riche en événements pour ne citer que les élections présidentielles américaines, le Brexit, le conflit irano-américain… dans un contexte pareil est-il possible de faire de réelles prévisions économiques ?

Frédéric Louat : Au risque de choquer, je rappellerai que l’objectif des prévisions économiques n’est pas d’avoir raison !

L’objectif des prévisions économiques est d’abord d’établir un « scenario économique central » sur lequel peuvent s’appuyer les décisions économiques, puis d’analyser les risques de déviation par rapport à ce scenario central et enfin d’anticiper les impacts qu’auraient ces déviations. C’est pour cela que tout prévisionniste accompagne ses prévisions conjoncturelles d’une analyse des facteurs de risque – qu’il s’agisse de facteurs de risques de déviation favorables ou défavorables.

Aujourd’hui, on pourrait penser que les incertitudes que vous mentionnez compliquent les chances d’anticiper correctement les évolutions économiques à venir pour 2020.

Je voudrais néanmoins remettre les choses en perspective. Il y a un an, nous avions beaucoup plus d’incertitudes concernant de nombreux facteurs-clés impactant l’économie mondiale. Je mentionnerai simplement les inconnues qui existaient concernant les modalités du Brexit, la montée des populismes, la généralisation du protectionnisme, les craintes d’une flambée du prix du pétrole en raison des tensions au Moyen-Orient, l’explosion de la bulle financière, etc.

Est-ce que nous sommes en ce début 2020 devant une économie moins incertaine ?

Il est clair que plusieurs facteurs d’inquiétudes se sont fortement atténués ces douze derniers mois. Le premier d’entre eux est le Brexit. Les agents économiques n’aiment pas les incertitudes. Même si les modalités de la sortie du Royaume Uni de l’UE ne sont pas optimales d’un point de vue économique, et même si des inconnues demeurent, au moins certaines incertitudes ont été levées, ce qui est un facteur de regain d’optimisme.

Les tensions au Moyen Orient se sont également apaisées : la rivalité ouverte entre l’Arabie Saoudite et l’Iran est devenue plus feutrée ; surtout, les tensions entre les États-Unis et l’Iran ont escaladé de façon spectaculaire sans conduire aux deux scenarios redoutés que sont le conflit armé ouvert entre les deux pays et l’explosion des prix du brut.

Après plusieurs années de gains d’influence généralisés et de victoires électorales, les idéologies populistes sont également apparues quelque peu en retrait ces douze derniers mois.

La levée de ces incertitudes ne veut pas dire que tous les facteurs de fragilité de l’économie mondiale se sont envolés. La stabilité économique des prochaines années (ou même des prochains mois) reste hypothéquée par des facteurs de risques majeurs, qui existaient il y a un an et qui persistent. On mentionnera ainsi la montée du surendettement (notamment dans les pays émergents), le risque d’explosion de la bulle financière (du fait de la survalorisation des actifs financiers sur les marchés internationaux) ou la faible marge de manoeuvre des politiques publiques, que ce soit en matière monétaire ou budgétaire.

Enfin, de nouveaux facteurs de risques sont apparus : si les tensions sociales ne sont pas nouvelles, l’année passée a vu apparaître deux tendances importantes : d’une part des mouvements de contestation socio-politiques particulièrement déterminés dans des pays où on ne les attendait guère (Hong Kong, ou Chili, par exemple) ; par ailleurs, une multiplication de mouvements de ce type dans de nombreux pays ayant peu de choses en commun (Liban, Colombie, Algérie, Indonésie, Iraq, …). Ces mouvements de contestation socio-politiques n’ont pas forcément un impact majeur à l’échelle de l’économie mondiale, mais ils impactent naturellement et directement les pays où ils apparaissent. La contraction-surprise du PIB en France au 4ème trimestre 2019 en est une illustration.

Tout dernier point : l’épidémie du coronavirus constitue une inconnue qui pourrait avoir un impact économique. Il est difficile d’anticiper aujourd’hui quelles pourraient en être les conséquences économiques. Les flux de personnes vont se trouver ralentis, c’est certain, avec un impact sur le tourisme. Mais est-ce que l’impact ira bien au-delà ? Si l’on se base sur l’exemple de la pandémie de SRAS en 2002-2003, il semble que cette pandémie n’ait pas eu un impact économique majeur sur les échanges économiques internationaux et sur la croissance mondiale, malgré les limitations de circulation qui avaient déjà été mises en place à l’époque.

Autre fait marquant du contexte international en ce début d’année 2020 est le début de la fin de la guerre commerciale sino-américaine. L’accord signé entre Pékin et Washington le 15 janvier 2020 pourrait-il être un tremplin pour que la croissance du commerce international puisse atteindre progressivement les niveaux affichés auparavant allant de 6 à 7% ?

La signature de cet accord commercial est clairement un signe positif. Néanmoins, il ne faut pas en surestimer la portée, pour trois raisons :

En premier lieu, le texte signé le 15 janvier s’apparente davantage à un « armistice » qu’à un « traité de paix ». En effet, il ne prévoit pas de levée des droits de douane prohibitifs imposés par les États-Unis sur 370 milliards de dollars d’importations chinoises. Il prévoit essentiellement un engagement de la Chine d’augmenter ses achats aux États-Unis de 200 milliards de dollars sur les deux prochaines années.

Par ailleurs, les négociations de la phase 2 de l’accord commercial s’annoncent particulièrement ardues, puisqu’elles porteront sur les aides publiques chinoises aux entreprises d’État, mécanisme qui est au coeur de la politique économique de la Chine. Ces négociations devraient durer deux ans ; ce n’est qu’à la conclusion de la phase 2 que les droits de douane américains pourraient être réduits.

Enfin, il ne faut pas oublier que, sous l’administration Trump, la politique étrangère et la politique commerciale américaines sont dictées avant tout par des considérations de politique intérieure. A l’’approche des échéances électorales de novembre prochain, on ne peut pas exclure des gesticulations, des revirements, ou des prises de position semblant aller à l’encontre des signaux positifs envoyés par l’accord du 15 janvier.

L’impact de l’accord sino-américain sur le commerce mondial est encore davantage sujet à caution. En effet, aujourd’hui, les États-Unis exportent annuellement moins de 200 milliards de dollars vers la Chine. A elle seule, la croissance économique chinoise ne permettra en aucun cas d’augmenter ces flux de 200 milliards supplémentaires sur deux ans. La seule façon d’y parvenir sera pour la Chine d’acheter aux États-Unis des produits agricoles qu’elle achète aujourd’hui en Amérique latine (notamment au Brésil) et en Europe. Autrement dit, l’accord commercial entre la Chine et les États-Unis pourrait modifier les flux commerciaux mondiaux mais ne devrait pas avoir d’impact significatif sur le volume du commerce mondial, au moins dans les deux prochaines années.

A plus long terme, la suspension de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine envoie un signal positif : elle constitue la reconnaissance explicite de la part des deux plus grandes puissances économiques mondiales que le protectionnisme est un obstacle à la croissance économique. C’est un message qui reste symbolique tant que chaque pays n’est pas disposé à ouvrir son économie, mais c’est un message important qui va dans le bon sens, notamment pour les pays émergents qui ont besoin d’un commerce mondial dynamique.

Dans cette nouvelle configuration qui se dessine, comment pourrait se positionner le Maroc, un pays toujours en quête d’émergence ?

L’économie marocaine reste encore faiblement positionnée pour tirer parti pleinement d’un éventuel rebond du commerce mondial.

Des progrès remarquables ont été observés au cours de la dernière décennie, notamment autour des écosystèmes automobiles et aéronautiques. Dans ces deux secteurs, la compétitivité de l’industrie marocaine s’est considérablement renforcée, notamment grâce au développement de filières intégrées, à l’amélioration des infrastructures logistiques, au développement du capital humain, à la compétitivité du coût du travail, et à la stabilité macro-économique, politique et sociale du pays.

Néanmoins, dans l’optique d’une émergence au premier plan économique, l’économie marocaine demeure encore trop dépendante (i) des exportations de l’industrie primaire (phosphate et produits agricoles), (ii) des recettes de balance des paiements (tourisme et transferts de MREs).

On pourrait imaginer que, dans sa quête d’émergence, le Maroc puisse utiliser les atouts de compétitivité qu’il a démontrés dans les secteurs automobiles et aéronautiques. On pense en particulier à deux domaines à privilégier : adapter l’offre industrielle marocaine aux besoins des marchés européens dans les 20 ans qui viennent, notamment en matière de transport, de mobilité et de communication. Par exemple, ceci implique une évolution de l’offre marocaine vers des véhicules plus légers, plus propres et plus efficaces d’un point de vue énergétique. Ceci peut aussi impliquer le développement de filières industrielles entièrement nouvelles. Le deuxième domaine à privilégier consiste à développer une offre marocaine spécifique s’adressant à la classe moyenne urbaine africaine dont l’émergence sera l’un des grands moteurs de la croissance du continent dans les deux prochaines décennies.

Dans le même sillage, en 2020, quelles sont les menaces qui pourraient planer sur l’économie marocaine qui souffre d’un déficit structurel de sa balance commerciale et d’une détérioration de sa position extérieure globale ?

Aujourd’hui, la relativement faible intégration de l’industrie marocaine dans les échanges internationaux a un avantage : par rapport à d’autres pays, l’économie marocaine est moins impactée par les chocs conjoncturels que peut connaître l’économie mondiale. Ceci explique en partie la fameuse « résilience » de l’économie marocaine.

Les principales menaces qui pèsent sur l’économie marocaine en 2020 sont en partie des risques internes : en premier lieu, on citera évidemment la pluviométrie, dont l’impact sur les performances agricoles reste incertain à la date d’aujourd’hui ; par ailleurs, une poursuite de la croissance qui serait tirée avant tout par la demande intérieure ne manquerait pas d’aggraver le déficit commercial du pays, évolution qui n’est pas tenable à long-terme.

Parmi les risques externes, deux menaces pourraient impacter significativement la conjoncture marocaine : la conjoncture automobile internationale, notamment en Europe, est particulièrement morose, et la production automobile au Maroc pourrait en subir les conséquences négatives, avec un effet de ruissellement sur l’ensemble de l’écosystème. Par ailleurs, l’économie marocaine reste très vulnérable à un choc pétrolier. Une forte augmentation des prix du pétrole affecterait à la fois les équilibres extérieurs du pays (balance commerciale), les finances publiques (via les dépenses de compensation sur le

butane) et la demande interne (réduction du pouvoir d’achat des ménages à cause de l’augmentation des prix de l’énergie). Heureusement, un choc pétrolier n’est pas le scenario le plus probable en 2020, puisque la demande énergétique mondiale devrait continuer à croître à un niveau modéré. Seule une très forte détérioration de la situation géopolitique au Moyen-Orient pourrait conduire à de fortes hausses de prix du brut.

Aussi, le moment est-il propice pour le passage vers la deuxième phase de la flexibilité du DH devant se traduire par un élargissement plus important de la bande de fluctuation ?

Concernant les modifications de régime des changes, le moment opportun est toujours un moment où les acteurs économiques ne s’y attendent pas … En effet, si les acteurs économiques anticipent des modifications, ils ont tendance à spéculer sur un affaiblissement de la devise, ce qui complique l’adoption effective de la modification.

Donc le moment propice pour le passage vers la deuxième phase de la flexibilité du dirham sera quand il prendra les acteurs économiques par surprise.

Ceci dit, il est certain que les fondamentaux sont aujourd’hui favorables pour permettre à Bank Al-Maghrib de choisir son moment pour élargir la bande de fluctuation du dirham.

En premier lieu, les réserves de change sont à un niveau relativement confortable, à plus de 5 mois d’importations, notamment après la sortie réussie du Trésor marocain sur les marchés internationaux en novembre dernier pour 1 milliard d’euros.

Par ailleurs, le dirham est ancré sur un panier de devises (l’euro et le dollar) dont les pondérations respectives reflètent assez bien la proportion relative de ces devises dans les échanges extérieurs du Maroc.

En outre, l’introduction de la flexibilité du taux de change va nécessairement de pair avec une libéralisation progressive du contrôle des changes. Or celle-ci continue de progresser de façon satisfaisante, étape par étape.

Enfin, la stabilité politique, économique et sociale sont des conditions nécessaires pour la poursuite de la réforme monétaire. L’absence d’échéance électorale au Maroc en 2020 peut faire de cette année une période particulièrement propice pour entamer la phase suivante de la flexibilité du dirham.

Pour conclure, depuis plus d’un an, le taux d’inflation au Maroc s’approche de zéro. Quelle appréciation en faites-vous et quels sont les risques que pourraient générer des taux d’inflation trop bas ?

En premier lieu, une faible inflation est avant tout un symptôme. C’est avant tout le symptôme d’un manque de dynamisme de l’économie. Au Maroc, c’est aussi le symptôme de l’atonie du crédit bancaire. Mécaniquement, le crédit bancaire crée de la masse monétaire qui, toutes choses étant égales par ailleurs, alimente l’inflation. La faible inflation que nous connaissons est un des symptômes de l’insuffisance du crédit bancaire dans le pays. De ce point de vue, on peut espérer que le tout nouveau « Programme intégré d’appui et de financement des entreprises » change quelque peu la donne, notamment en permettant aux TPE/PMEs d’accéder au crédit bancaire dans des conditions beaucoup plus avantageuses.

Par ailleurs, le risque d’une inflation très faible est d’éroder la compétitivité des entreprises, surtout dans un contexte où les ménages ont la perception, au contraire que les prix continuent à augmenter. Cela signifie que les pressions sur les hausses de salaire vont continuer, alors même que les prix de vente des produits vendus au Maroc n’augmentent plus. Mécaniquement, les marges des entreprises vont s’éroder encore davantage.

Enfin, un peu d’inflation constitue aussi une petite incitation pour les entreprises à s’endetter pour investir (puisque l’inflation allège le poids du remboursement de la dette). Une inflation trop basse peut être un frein supplémentaire à l’investissement.

On peut espérer que les faibles niveaux actuels de l’inflation permettent une baisse des taux d’intérêt, puisque les taux d’intérêt réels (taux directeurs de la banque centrale, moins taux d’inflation) restent de l’ordre de +2,00% au Maroc, alors qu’ils sont aujourd’hui de zéro, voire négatifs, dans de nombreux autres pays.

Écrit par : Soubha Es-Siari

Le Royaume-Uni entame sa nouvelle vie hors de l’Union européenneDepuis cette nuit, le Brexit est désormais réalité. Le R...
01/02/2020

Le Royaume-Uni entame sa nouvelle vie hors de l’Union européenne

Depuis cette nuit, le Brexit est désormais réalité. Le Royaume-Uni se lance samedi dans sa nouvelle vie hors de l’Union européenne.

Pour que la séparation se fasse en douceur, le Royaume-Uni continuera d'appliquer les règles européennes jusqu'au 31 décembre.

Maintenant, reconstruire. Le Royaume-Uni se lance samedi dans sa nouvelle vie hors de l’Union européenne, avec comme défi de tisser de nouveaux liens avec le bloc des 27 et de définir sa nouvelle place dans le monde.

Devant le Parlement à Londres, on s’est embrassé et on a chanté « God Save the Queen » pour savourer l’indépendance retrouvée. Dans le nord eurosceptique de l’Angleterre, le mousseux anglais a coulé à flots et des feux d’artifice ont été tirés. À Edimbourg, on a veillé au contraire à la lumière des bougies pour pleurer la séparation, avec le rêve de retrouver un jour le giron européen dans une Écosse indépendante.

Trois ans et demi de déchirements
Après trois ans et demi de déchirements, le Brexit voté par 52 % des Britanniques en 2016 est désormais réalité. Les amarres sont larguées, après 47 ans au quai européen. L’UE a perdu pour la première fois un État membre – et 66 millions d’habitants.

Mais si le Premier ministre Boris Johnson a promis ces derniers mois un nouvel âge d’or pour son pays, et même un baby-boom, tout reste à faire pour donner une existence concrète à son slogan de « Global Britain » censé symboliser un pays prêt à affronter la mondialisation.

Tournant vers des États-Unis qui lui tendent les bras ? Nouveau concurrent dérégulé aux portes de l’UE ? Ou au contraire proximité forte avec des Européens qui restent des partenaires incontournables ? Dès lundi, l’ex-maire de Londres doit présenter sa vision dans un discours, tandis que le négociateur européen Michel Barnier détaillera ses priorités pour la nouvelle phase de discussions qui s’ouvre avec Londres.

« Un peu triste »
S’exprimant dans une adresse diffusée une heure avant le grand saut, le frétillant dirigeant conservateur de 55 ans, qui a tout misé sur le Brexit, a promis un « succès retentissant », « quels que soient les obstacles ».

« La chose la plus importante à dire ce soir, c’est que ce n’est pas la fin, mais le début, le moment où l’aube pointe et le rideau se lève sur un nouvel acte », a-t-il ajouté, lyrique. Il a promis « le début d’une nouvelle ère de coopération amicale » avec l’Union européenne.

Historique, l’événement marque un nouvel épisode où tout reste à écrire, mais pas la fin des divisions qui ont fracturé le Royaume-Uni. Les Remainers gardent un goût amer, notamment dans les provinces britanniques qui ont voté majoritairement pour rester dans l’UE, en Écosse et Irlande du Nord.

« Nouveau Royaume-Uni glorieux »
« Je suis simplement content que ce soit fait », a résumé Cory, un Londonien de 29 ans venu devant le Parlement britannique marquer le coup avec les « Brexiters » les plus durs, venus faire la fête à l’appel de l’europhobe Nigel Farage. « C’est aussi un petit peu triste parce que l’UE aurait pu mieux faire s’ils avaient prêté plus d’attention aux pays membres ».

Enthousiastes ou affligés, les journaux britanniques ont réservé au Brexit un accueil à l’image du pays sur la question : divisé. « Point de départ : le Royaume-Uni quitte l’UE », résume le Times. Le tabloïd Daily Express salue un « nouveau Royaume-Uni glorieux », tandis que le Daily Telegraph, proche du gouvernement conservateur, détaille les plans du Premier ministre pour imposer des contrôles douaniers aux produits européens et salue dans un éditorial : « Bien joué peuple britannique, enfin dehors ».

Le moment est certes historique mais n’entraîne pas de grand changement concret dans l’immédiat. Pour que la séparation se fasse en douceur, le Royaume-Uni continuera d’appliquer les règles européennes jusqu’au 31 décembre. Sans avoir son mot à dire : l’Union Jack britannique a déjà disparu des institutions de l’UE.

« Compétition néfaste »
Commerce, sécurité, pêche… Avec Bruxelles, les termes de la coopération doivent être définis d’ici à la fin de l’année. Dans les semaines à venir, des négociations qui s’annoncent âpres vont s’ouvrir et leur issue reste très incertaine.

« Nous ne pourrons pas laisser une compétition néfaste s’établir entre nous », a prévenu le président français dans une lettre aux Britanniques dans le Times. « Vous quittez l’Union européenne mais vous ne quittez pas l’Europe. Vous ne vous séparez ni de la France, ni de l’amitié de son peuple. La Manche n’a jamais réussi à éloigner nos destins, le Brexit n’y parviendra pas davantage », a-t-il insisté.

Londres souhaite aboutir en un temps record, avant la fin de l’année, et exclut toute prolongation de la transition au-delà de 2020. Un calendrier jugé très serré à Bruxelles.

Une nouvelle consécration pour le Marocain Youssef Squali : Une carrière parmi les étoiles de Wall street .💹💵💴💶💹"Une con...
30/01/2020

Une nouvelle consécration pour le Marocain Youssef Squali : Une carrière parmi les étoiles de Wall street .💹💵💴💶💹

"Une consécration de plus pour Youssef Squali. Le célèbre analyste marocain à Wall Street figure dans le top 25 des meilleurs analystes financiers “Internet et Media” des réseaux sociaux Google, Facebook et Amazon par le «In TipRanks» dans son dernier classement publié la semaine dernière et concernant les dix dernières années. (2010-2020)."

Directeur général pour la Recherche Action (Equity Research) à la SunTrust, Youssef Squali a été classé récemment au Top 25 des meilleurs analystes financiers de la décennie par TipRanks, leader mondial de la technologie financière (Fintech).

Wall Street en forte baisse avec les inquiétudes sur le virus chinoisLe nouveau virus venu de Chine avait déjà affecté l...
27/01/2020

Wall Street en forte baisse avec les inquiétudes sur le virus chinois

Le nouveau virus venu de Chine avait déjà affecté la place new-yorkaise la semaine dernière, mais les craintes d’une propagation à grande échelle ont fait reculer Wall Street plus lourdement lundi.

(New York) La Bourse de New York a fini nettement dans le rouge lundi, les investisseurs manifestant leur préoccupation grandissante face à la propagation du coronavirus et ses éventuelles conséquences sur la croissance mondiale.

Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, a cédé 1,57 % pour finir à 28 535,80 points. Le S&P 500, qui représente les 500 plus grandes entreprises de Wall Street, a lui aussi perdu 1,57 % à 3243,63 points.

Il s’agit de la plus lourde perte à la clôture pour les deux indices depuis octobre.

Le NASDAQ, à forte coloration technologique, a également reculé de 1,89 % à 9139,31 points, enregistrant sa plus forte baisse depuis août.

Le nouveau virus venu de Chine avait déjà affecté la place new-yorkaise la semaine dernière, mais les craintes d’une propagation à grande échelle ont fait reculer Wall Street plus lourdement lundi.

Au moins 80 personnes sont mortes en Chine après avoir été infectées par le nouveau coronavirus, selon un dernier bilan des autorités locales qui multiplient les mesures drastiques pour freiner la contagion tant à l’intérieur qu’en dehors du pays.

« L’intensification du phénomène cause plus d’incertitudes », explique Art Hogan de National.

« Cela me paraît logique, surtout parce que les secteurs qui pourraient être affectés par un ralentissement de l’économie mondiale sont ceux qui ont le plus souffert », poursuit l’expert.

Les compagnies aériennes ont en effet accusé des pertes notables à Wall Street : American Airlines a chuté de 5,54 %, Delta de 3,37 % et United Airlines de 5,21 %.

Les agences de voyage ont également pâti du renforcement du climat d’anxiété : Expedia a baissé de 2,73 %, Booking de 2,75 % et le spécialiste des croisières Carnival de 4,73 %.

D’autres grands noms de la Bourse new-yorkaise, dont une partie importante de la production est basée en Chine, ont également vu leur action perdre du terrain, comme Apple (-2,94 %) et Nike (-1,75 %).

Signe de l’intérêt des investisseurs pour les actifs jugés moins risqués, le taux à 10 ans sur la dette américaine, qui avait déjà beaucoup baissé la semaine dernière, reculait encore, évoluant à 1,606 % vers 21 h 40 GMT contre 1,684 % à la clôture vendredi.

Réunion de la Fed
Toutefois, selon M. Hogan, les acteurs du marché pourraient vite reporter leur attention sur la saison des résultats, alors que plusieurs grands noms de Wall Street, dont Apple, Amazon, Microsoft et Boeing, doivent faire état de leur bulletin de santé trimestriel cette semaine.

Se livrant à cet exercice lundi, Arconic, le groupe américain né de la scission du géant de l’aluminium Alcoa, a grimpé de 5,36 % après avoir annoncé une bénéfice net de 309 millions de dollars, en hausse de 42 %, au dernier trimestre 2019. Ces chiffres sont toutefois en dessous des prévisions des analystes.

Près de 18 % des entreprises du S&P 500 ont déjà publié leurs résultats trimestriels. Selon les estimations du cabinet Factset, les entreprises de l’indice élargi de Wall Street devraient afficher en moyenne un recul global de leur bénéfice par action de 1,96 % au quatrième trimestre.

La semaine économique sera également marquée par la première réunion monétaire de l’année de la Réserve fédérale, qui doit s’achever mercredi et à l’issue de laquelle la Fed devrait laisser ses taux en l’état.

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