05/10/2015
Incompréhension
En début d'année académique 2014-2015, le Conseil des Professeurs de l'Institut a adressé la lettre ci-dessous au Métropolite Athénagoras de Belgique.
Sans réponse de sa part au bout de plusieurs semaines, le Conseil des Professeurs a renvoyé la lettre au Métropolite.
Pendant de longs mois, avec respect et patience, le Conseil des Professeurs a renvoyé sa lettre, mais n'a jamais reçu d'autre réponse du Métropolite Athénagoras qu'un silence assourdissant.
Deux professeurs ont eu l'occasion de rencontrer le Métropolite Athénagoras dans d'autres circonstances, il leur a confirmé avoir bien reçu la lettre ci-dessous, mais a déclaré qu'il refuse d'y répondre, même s'il reconnaît qu'aucune critique ne peut être apportée au contenu de l'enseignement dispensé dans notre institut qui a été le seul établissement supérieur d'enseignement théologique en Belgique francophone pendant quinze ans.
Y ont été formés des dizaines de personnes qui sont aujourd'hui prêtres, diacres, enseignants de religion ou catéchètes.
Nier jusqu'à l'existence de notre institut et refuser toute communication demandée par ses responsables est interpellant au plus haut point, de la part de celui qui porte la responsabilité de représenter tous les orthodoxes en Belgique.
Désormais, en ce début d'année académique 2015-2016, l'Institut Orthodoxe Saint-Jean-le-Théologien n'a donc d'autre alternative que de rendre publique cette lettre et de se dire disposé à exposer par le détail les raisons pour lesquelles il y a lieu de reconsidérer le fait que le Métropolite Athénagoras assume, seul et de manière arbitraire, la représentation exclusive de tous les chrétiens orthodoxes en Belgique.
L'Orthodoxie, dont notre institut enseigne qu'elle est, par excellence, l'Église de la conciliarité, ne peut être une chose dans la théorie et autre chose dans la pratique.
Bruxelles, le 10 septembre 2014
Son Éminence
le Métropolite Athénagoras de Belgique
avenue Charbo 71
1030 Bruxelles
et par e-mail :
[email protected]
Éminence,
Au nom du Conseil des Professeurs, nous vous prions de recevoir nos félicitations pour votre élection au siège métropolitain du BeNeLux par le Saint-Synode du Patriarcat œcuménique. Puisse le Seigneur vous accorder un fécond épiscopat, au service de son Évangile.
Nous savons que vous êtes conscient des défis particuliers de la présence chrétienne orthodoxe dans la société belge, dans laquelle la théologie de notre Église est souvent mal connue. Notre institut, fondé il y a plus de quinze ans par la Métropole grecque-orthodoxe de Belgique, en collaboration avec l’Institut Saint-Serge de Paris, n’a jamais cessé de servir le témoignage de l’Orthodoxie, par la promotion de l’enseignement et par la recherche théologique. Notre disposition à être au service demeure intacte, à ce jour, malgré de malencontreuses vicissitudes récentes.
L’Institut vient de conclure l’année académique 2013-2014, année qui a été marquée par une crise de confiance entre les autorités de la Métropole et nous. Cette crise nous a d’autant plus étonnés que nous n’étions nullement conscients d’un quelconque malaise ; et nous n’avons reçu, de la part de votre prédécesseur, Son Éminence le Métropolite Panteleimon, aucun élément nous permettant de comprendre les motifs de sa décision de rompre le lien avec l’Institut. Cet événement s’est passé quelques mois à peine avant son départ et votre élection. Jusqu’au départ du Métropolite Panteleimon, aucun de nos appels à le rencontrer n’a reçu de réponse favorable.
Comme il nous en a intimé l’ordre, nous avons dûment quitté les locaux que votre prédécesseur mettait à notre disposition et avons pris les mesures nécessaires pour accéder à sa de-mande que son nom ne soit plus attaché à l’Institut. De même, nous avons pris acte de la fondation d’un nouvel institut de théologie orthodoxe en Belgique, l’Institut Apôtre Paul.
Le 22 février dernier, lors de votre rencontre avec les deux enseignants de notre institut, le Révérend Père Christos Filiotis, de Thessalonique, et le Révérend Père Grégoire Papathomas, d’Athènes, vous leur avez interdit de continuer toute activité d’enseignement sur le territoire couvert par votre diocèse. Votre décision a surpris non seulement nos deux collègues et tout le Conseil des Professeurs, mais surtout les étudiants et les partenaires immédiats de l’Institut : l’Université catholique de Louvain, avec laquelle nous sommes en convention, et les Universités d’Athènes et de Thessalonique.
Toutefois, malgré le désarroi général, nos deux collègues que vous avez rencontrés ne sont plus venus à Bruxelles assurer d’enseignement pour la fin de l’année académique, ce qui a provoqué un dysfonctionnement de l’Institut. Nous espérons que vous pourrez revenir sur votre décision que nos étudiants et nous-mêmes avons beaucoup de mal à comprendre, afin qu’ils puissent acquérir le diplôme qui leur revient.
Cette rencontre du 22 février 2014 a fait apparaître que de regrettables malentendus se sont installés entre vos Services diocésains et notre Conseil des Professeurs, ce qui ne peut manquer de ternir l’image de l’Église que, tous et chacun selon nos charismes, nous servons.
Nous croyons que nul conflit n’est insurmontable, surtout entre chrétiens. Dès lors, nous vous prions respectueusement de considérer notre requête de nous accorder un entretien. Nous vous saurions infiniment gré de nous proposer une date à cette fin.
Si vous avez des griefs à formuler à l’encontre de l’Institut, nous serons prêts à les entendre et à y répondre. De notre côté, nous sommes tout disposés à rendre compte du caractère orthodoxe de l’enseignement que nous dispensons et de la gestion matérielle de l’institut que tous nous servons.
Convaincus que vous saurez apprécier le respect inconditionnel que nous avons toujours montré envers les autorités ecclésiastiques, indépendamment de toute vicissitude, nous vous confions nos espoirs et vous assurons de nos religieux sentiments en Christ,
pour le Conseil des Professeurs,
[suivent les signatures de tous les professeurs]