20/03/2017
Le Comité Inter-Universitaire des étudiants en Médecine réagit à l’annonce de proposition de changement de la clé de répartition NL/FR des numéros INAMI par un nouveau communiqué de presse à découvrir ci-dessous:
Clé de répartition INAMI : surdité chronique du monde politique
Aujourd’hui, les étudiants en médecine apprenaient dans la presse que la commission de planification a plaidé, encore une fois, en faveur d’une modification de la clé de répartition fédérale des numéros INAMI. Ces derniers recommandent un changement de la clé 60/40 vers une répartition 58/42 pour la période 2023-2026, où 42% des numéros INAMI totaux (607 INAMI) seraient donc assignés aux étudiants de la Fédération Wallonie Bruxelles. La ministre De Block ne s’est pas encore exprimé en rapport à l’avis de la commission de planification.
Pour rappel, la commission avait fourni un avis similaire il y a quelque mois, voulant modifier la clé à 56,5/43,5. La ministre avait refusé cette répartition sous pression de la N-VA et CDV. Des députés des deux partis politiques s’étaient en effet exprimés dans la presse en disant que la FWB avait formé trop de surnuméraires pendant trop longtemps, et qu’ils « ne feront plus de cadeaux aux francophones ». Entre temps, le Conseil d’Etat invalidait les quotas 2015-2016 régissant le concours en fin de BA1 car « non représentatifs des besoins de la population ».
Suite à cette annonce, le CIUM, Comité Inter-Universitaire des étudiants en Médecine, seul syndicat de la FWB des étudiants en médecine, se réjouit de l’avis fourni par la commission et souhaite s’indigner face à la surdité chronique du monde politique en matière des numéros INAMI. En effet, la modification de la clé de répartition en faveur de la Fédération Wallonie Bruxelles est nécessaire pour le maintien d’un système de soins de santé de qualité :
1. La Fédération Wallonie Bruxelles fait face à une pénurie grave de médecins, contrairement à ce que pensent les politiques flamands, temporairement tamponnée par la loi de février 2011, faisant travailler le candidat spécialiste (médecin assistant) jusqu’à 76h/semaine, ainsi que par le dumping social, l’importation massive de médecins étrangers sous-payés venant de Roumanie, d’Italie et d’autres pays européens. D’ici 10 ans, seulement 43% des médecins partant à la pension seront remplacés en Wallonie contre 150% en Flandre (étude Deliège 2015).
2. Les arguments défendant la limitation des médecins (numerus clausus) car « une pléthore de médecins entraîne une surconsommation des soins de santé », est dogmatique et non scientifique : une étude du KCE, organisme belge évaluant les soins de santé, pointe du doigt le fait que les deux ne sont pas corrélés. Par contre, plusieurs études d’épidémiologie clinique montrent qu’une prise en charge précoce des patients (déterminée par la présence et répartition suffisante des médecins sur le territoire) améliore leur pronostic.
3. Les besoins de la Fédération Wallonie Bruxelles ne peuvent pas être mesurés par le nombre brute de médecins présents sur le territoire : une étude plus extensive sur les équivalents temps plein (ETP) doit être effectuée, ainsi que la détermination épidémiologique des responsabilités et de la répartition des médecins généralistes et spécialistes. Celle-ci mettrait davantage en évidence le manque cruel de médecin généralistes. En attendant, le monde politique s’entête depuis 20 ans à sélectionner aveuglement des futurs médecins sans savoir exactement de combien de médecins a-t-on besoin.
Le CIUM espère que, cette fois, la Ministre De Block écoutera la voix de la raison de la commission de planification, qui souhaite empêcher la destruction programmée d’un des meilleurs systèmes de soins de santé du monde entier.
Pour le CIUM,
Quentin Lamelyn
Président
0471 30 39 35
Giovanni Briganti
Secrétaire Général et Directeur de l’Institut de Recherche
0491 87 15 69