14/04/2026
"Ecologie du regard au cinéma"
Ce mercredi 15 avril de 9h15 à 12h30, l'équipe du Master de spécialisation en cultures et pensées cinématographiques vous convie à son séminaire consacré aux "Nouveaux regards au cinéma" avec une séance sur le thème de l'"Écologie du regard".
Nous aurons le plaisir d'y entendre les interventions de :
-Sophie Lecole-Solnychkine (Université de Toulouse) : « Voir la terre. Vers une matériaulogie des images cinématographiques ».
-Benjamin Thomas (Université de Strasbourg) : « Propositions pour une écologie du regard ».
Les deux interventions seront suivies d’une discussion.
Lieu : Université de Namur, Faculté de Philosophie et Lettres, 1, rue Joseph Grafé, 5000 Namur, Local L22 (2e étage).
Inscriptions : [email protected]
Entrée libre (les inscriptions ne sont pas indispensables)
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Présentation du séminaire :
Les nouveaux regards au cinéma
Depuis une dizaine d’années, les études cinématographiques connaissent une reconfiguration importante des régimes de visibilité. Cette transformation ne concerne pas uniquement l’apparition de nouveaux styles ou de nouveaux contenus. Elle touche plus profondément aux structures mêmes du regard, à ses ancrages idéologiques, technologiques et épistémologiques. Les regards considérés comme dominants sont aujourd’hui contestés, démultipliés, déplacés. Cette mutation des formes perceptives s’inscrit dans un tournant théorique qui croise les humanités environnementales, les études de genre, les perspectives décoloniales et le post-humanisme. Le séminaire doctoral portera sur deux de ces transformations du regard liées respectivement aux questions de décolonisation, dans un premier temps, et à celles d’écologie du regard, dans un second.
La première demi-journée de séminaire (4 mars 2026) , intitulée « décoloniser le regard », porte sur la mutation des regards liée à l’histoire et aux formes de sa représentation. La critique du regard colonial a été puissamment relayée par les cinémas autochtones et diasporiques. Loin d’un simple ajout de perspectives, ces cinémas ont également proposé des cosmologies alternatives, des régimes d’attention multiples, des formes de présence au monde non anthropocentrées. Remettant en cause les récits officiels, certains films mettent en scène des temporalités non linéaires, des narrations faibles, où les humains ne sont plus les seuls porteurs d’histoires. Ce déplacement affecte directement la manière de filmer les corps et les territoires.
La seconde demi-journée (15 avril), intitulée « Écologie du regard », aborde la transformation des regards émergeant du croisement entre écologie, esthétique et pensée du vivant. L’irruption du paradigme de l’Anthropocène dans les sciences humaines a profondément affecté les études cinématographiques. Les travaux de Benjamin Thomas, Teresa Castro ou Jennifer Fay ont montré comment l’environnement, longtemps relégué au statut de décor ou de toile de fond, devient acteur du récit. Le paysage filmique, dans cette perspective, ne se contente plus d’accompagner l’action : il participe de la narration, il l’oriente ou la hante parfois.