09/11/2023
Mon cher ami Abdoul Karim SANGO, je crois bien que vous m'avez répondu.
Mais, vous devez aussi répondre à votre mentor, le Professeur Laurent BADO,😃😀😀 lui, il a été plus catégorique et plus véhément que moi. Il a dit lors d'une interview :" L'école rend bête". C'est rentré dans l'histoire et pourtant, il a un doctorat en droit.
Vous voyez, cher ami SANGO, moi, je n'écris pas pour insulter les gens. Ce n'est pas mon travail. Je ne suis pas un activiste. De nature, je ne suis pas violent et j'ai horreur de la violence. Je suis un écrivain professionnel. J'ai abandonné des avantages très tôt et très jeune pour me consacrer à ce métier d'écrivain depuis 2010. Je ne suis ni un aventurier, ni un amateur, encore moins un opportuniste. J'écris d'abord pour exister, pour m'affirmer, ensuite pour rentrer dans l'histoire, pour qu'on parle de moi Adama SIGUIRE ici au Burkina même dans cent ans, enfin, j'écris pour vivre. Et tous les trois objectifs sont pratiquement atteints. La preuve: toutes mes sorties dérangent, fâchent, bouleversent de nombreuses personnes. Même les grands universitaires de ce pays montent sur leurs grands chevaux quand Adama SIGUIRE parle. Dans le groupe wathsapp des chercheurs du Burkina qui réunit des docteurs, chaque sortie de SIGUIRE est relayée et soulève le courroux de certains docteurs. C'est bien. Je suis utile. J'ai atteint mon objectif. Mais, je ne veux pas mourir. Les défis sont énormes.
J'emprunte la voie de Marguerite DURAS qui disait:" Toute littérature, de nos jours, doit être scandaleuse". Sans être un athée parce que j'ai horreur de l'athéisme, j'écris comme Sartre qui soutenait que "L'écrivain est en situation dans son époque. Chaque parole a ses retentissements, chaque silence aussi.' Aujourd'hui, même quand je veux bien me taire, les gens m'écrivent pour me demander de parler. Et ils ont raison. Je ne dois pas me taire, car j'ai choisi la parole par la plume, par les mots et non pas le silence.
Les intellectuels et autres diplômés qui s'agitent et tirent à boulets rouges sur l'écrivain professionnel Adama SIGUIRE manquent d'humilité. Ils ne comprennent rien à l'histoire. Les intellectuels et autres diplômés qui s'agitent, s'ils étaient humbles doivent se remettre en cause, ils doivent s'interroger. Abdoul Karim SANGO est un juriste et les juristes ont longtemps régné dans ce pays. Ils ont imposé leur volonté, leurs connaissances. Pourquoi aujourd'hui les gens remettent en cause le pouvoir et les connaissances des juristes? Pourquoi? Comme les juristes, les autres diplômés et intellectuels ont fait la pluie et le beau temps dans ce pays. Pourquoi aujourd'hui dans les groupes wathsapp et sur les réseaux sociaux, les messages de ces intellectuels et autres diplômés ne passent pas? Pourquoi les gens refusent d'accepter ce que les diplômés et autres intellectuels veulent? C'est un tournant de l'histoire qui mérite une prise de conscience et une profonde analyse.
Je vois des intellectuels et des diplômés en colère, qui se moquent , qui méprisent, qui vilipendent, c'est un manque de sagesse. Et c'est encore la preuve que l 'école ne rend pas intelligent. Le diplomé intelligent en cette période de guerre se pose des questions..Il s'interroge..Pourquoi, par exemple, le Balai Citoyen a pu mobiliser des milliers de Burkinabè en 2014 pour faire partir Blaise COMPAORÉ ?Et pourquoi aujourd'hui, les gens en veulent au Balai Citoyen ? Pourquoi le Balai Citoyen ne peut plus mobiliser les Burkinabè ? Si le Balai Citoyen lance aujourd'hui une marche contre le pouvoir du Capitaine Ibrahim TRAORE, ces leaders risquent de quitter ce pays. Pourquoi ils ne peuvent pas le faire? S'ils étaient intelligents, ils allaient s'interroger et non pas croire qu'en menaçant physiquement ceux qui soutiennent la Transition, ils vont restaurer leur légitimité.
Pour finir, j'arrive à cette conclusion: l'école ne rend point intelligent. L'intelligence,c'est la capacité pratique à se conformer à des exigences sociales et à trouver des solutions aux problèmes de sa société. De nombreux diplômés n'ont pas cette capacité pratique pour se conformer aux exigences de la société burkinabè et ils sont incapables de trouver des solutions aux problèmes de la société..L'école , par contre, donne des connaissances. Les connaissances sont bonnes. Voilà pourquoi je refuse que l'école se limite au CM1..Il nous faut des médecins, des ingénieurs et des professeurs. J'enseigne, moi, la philosophie. Hier, j'ai terminé un chapitre sur l'inconscient de Freud. Mais, ce sont des connaissances philosophiques. Connaître l'inconscient de Freud, l'idéalisme de Niestche, le rationalisme de Descartes, l'existentialisme de Sartre ne rend pas un Burkinabè intelligent. L'intelligence demande plus que cela. L'intelligence est pratique, pragmatique et réelle. Elle est différente des connaissances. L'intelligence sauve la Nation, elle apporte la paix. Elle donne à boire et à manger. Elle rend les gens moins pauvres. Elle fait le développement socio- économique.
Il faut qu'on se comprenne. Je ne suis pas contre l'école. Je ne suis pas contre les diplômés. J'ai d'ailleurs décidé de faire un doctorat dans une université étrangère. J'attends d'économiser beaucoup d'argent. Il n'y a pas d'urgence. C'est juste pour montrer que moi aussi je peux avoir tous les diplômes que délivrent les universités. Je ne changerai pas de profession. Les connaissances sont d'ailleurs nécessaires dans de nombreux domaines. Mais, les connaissances peuvent être exogènes et elles ne rendent pas le diplômé intelligent. Connaître le droit et être titulaire d'un diplôme en droit, connaître la philosophie de Niestche, de Descartes et être titulaire d'un diplôme en philosophie, ce sont des connaissances exogènes venues d'Europe. Ça ne rend pas forcément intelligent.Nous sommes en guerre. Vous voyez que la grande majorité de ceux qui n'ont pas le baccalauréat ne souhaite que le retour de la paix au Burkina. Les masses veulent ce qui est pratique et pragmatique. Et aujourd'hui, c'est le retour de la paix. Elle va permettre aux gens de repartir dans leurs villages, de cultiver et d'avoir à manger. Mais, vous voyez aussi que de nombreux bacheliers, des étudiants dont les parents ont fui leurs villages, des licenciés et des docteurs sont à Ouagadougou, et ils se battent pour la démocratie, pour la liberté et pour les droits. La démocratie, la liberté et les droits, en cette période de guerre, ne sont pas pratiques et pragmatiques. Ça ne peut pas réinstaller mon village. Ça ne donne pas à manger à mon oncle qui a fui mon village.
Moi, je dépense chaque jour de l'argent pour aider mes parents qui souffrent à Ouahigouya. Si la paix revient, ils repartent au village et moi, ma souffrance diminue. Mais, la démocratie, la liberté et les droits revendiqués ici à Ouagadougou ne vont pas réinstaller mon village et diminuer ma souffrance. Au vu de tout cela, on arrive à la conclusion que l'école ne rend pas intelligent..De nombreux diplômés s'occupent de futilités en cette période de guerre alors que les masses veulent la paix.
Il ne sert à rien de se mettre en colère et de fustiger un écrivain qui ne fait que son travail. Les intellectuels et autres diplômés doivent se remettre en cause et se poser de nombreuses questions: pourquoi ont- ils perdu leur pouvoir sur les masses? Pourquoi leurs discours sont combattus.? Être intelligent, ce n'est pas contester chaque jour, même les enfants de deux ans contestent leurs parents. Être intelligent, c'est se poser des questions: Pourquoi, avant, la méthode marchait, et pourquoi, aujourd'hui, elle ne marche plus?
Adama Amadé SIGUIRE
Écrivain Professionnel
Consultant en leadership et management des cellules sociales
Enseignant de philosophie.