20/10/2025
Toujours aux côtés des élèves et étudiants du Burkina Faso 🇧🇫
COMMUNIQUÉ DE LA FESCIBF 002-BEN-25/26
REGIME D'ÉTUDE EN LICENCE ET MASTER
Le 19 septembre 2025 à 09 heures s'est tenue une rencontre en ligne entre le Secrétariat général du Ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation (MESRI) en collaboration avec la Direction générale de l'Enseignement supérieur (DGSUP) et l'ensemble des étudiants des différentes universités publiques ou et privées du Burkina Faso.
Cette séance d'échanges avait pour objectif d'expliquer les dispositions réglementaires encadrant les régimes d'études en Licence et en Master, ainsi que les innovations introduites par les nouveaux arrêtés ministériels. Aussi, le but est d'améliorer les conditions d'apprentissage dans les établissements publics et privés d'enseignement supérieur et de recherche. Cette initiative, première du genre, a été largement saluée pour sa pertinence et pour le cadre de dialogue qu'elle offre entre les acteurs du système universitaire et les autorités de tutelle. Il a toutefois été souhaité que de futures éditions soient organisées en présentiel, afin de permettre une participation plus large et plus inclusive.
Les échanges ont permis de revenir sur les dispositions de l'arrêté n°2019-073/MERSI/SG/DGSUP, qui définissait les conditions de validation des parcours de formation en Licence. Cet arrêté, bien qu'ayant clarifié plusieurs aspects, avait suscité des inquiétudes chez de nombreux étudiants en raison de la rigueur des modalités de validation et des retards académiques provoqués par la pandémie de COVID-19, qui avaient considérablement pesé sur les parcours universitaires. Le nouvel arrêté n°2025-245/MESRI/DGSUP a introduit à cet effet plusieurs innovations notables, notamment à ses articles 16, 21, 27 et 35. Parmi ceux-ci, figure la compensation entre semestres, désormais consacrée à l'article 33, répondant ainsi à une revendication de longue date de la FESCIBF et visant à offrir davantage d'équité dans l'évaluation des parcours, surtout pour les apprenants confrontés à des conditions de vie difficiles. Toutefois, la question du maintien de la meilleure note entre la session normale et la session de rattrapage demeure sans suite. ll a été souhaité que les autorités compétentes poursuivent la réflexion sur ce point, qui pourrait contribuer à réduire le stress académique et à valoriser les efforts constants des étudiants.
Pour ce qui concerne les formations de niveau Master, le précédent arrêté n°2019-073/MERSI/DGSUP ne définissait pas de manière explicite le régime applicable aux inscriptions. Dans la pratique, deux régimes coexistaient : un régime étudiant, accessible sous certaines conditions avec des frais d'inscription fixés à 16 500 F CFA, et un régime particulier pour les étudiants ne remplissant pas ces conditions, avec des frais fixés à 51 500 F CFA. Cette distinction avait permis à de nombreux étudiants de poursuivre leurs études malgré les contraintes économiques. Cependant, le nouvel arrêté n°2025-245/MESRI/DGSUP, en son article 7, stipule désormais qu'il n'existe plus de régime étudiant, le régime particulier devenant la norme. Selon la DGSUP, cette disposition prend effet dès l'année académique 2025-2026, ce qui signifie que les étudiants inscrits précédemment en Master 1 sous le régime étudiant seront désormais soumis au régime particulier.
La décision d’instaurer un régime particulier pour le cycle de Master suscite des inquiétudes sociales et académiques légitimes, dans un contexte national marqué par des profondes crises sécuritaires et économiques. Ces difficultés affectent énormément la population estudiantine, dont le parcours académique de la plupart pourrait être compromis, si toutefois cette mesure anti-estudiantine venait à être effective.
Dans les circonstances actuelles, il est paradoxal que les autorités, à travers le MESRI et le DGEUP, aient choisi d’alourdir les charges des étudiants, au lieu de les alléger. Cette orientation risque d’aggraver les conditions de vie et d’étude des étudiants, déjà fragilisés. Il apparaît donc essentiel que le Ministère de l’Enseignement supérieur et la Direction générale de l’Enseignement supérieur réévaluent les conséquences de cette réforme afin de garantir un système académique plus inclusif et durable.
Cette rencontre marque une étape importante dans la modernisation du cadre réglementaire de I'Enseignement supérieur au Burkina Faso. Les efforts entrepris par le MESRI et la DGSUP pour harmoniser les régimes d'études et améliorer la qualité académique sont à saluer. Toutefois, la réussite de ces réformes repose sur la prise en compte effective des réalités sociales des étudiants et sur la pérennisation du dialogue institutionnel engagé à travers ces consultations.
Vive l’école !
Vive la FESCIBF !
FESCIBF, espoir d’un combat souverain !
Fait à Ouagadougou le 20 Octobre 2025.
Pour le Bureau Exécutif National, le Secrétariat National à La Communication, Nl Medellin.