11/06/2015
Texte inspirant rédigé par Vincent-Thomas Maher, membre de l'édition 2015 du Club de baseball de l'Université de Montréal. Félicitation les gars pour cette belle saison!
QUATRE JOURS EN OCTOBRE
La nouvelle est tombée à 20h30 le mercredi soir ; le club sportif de baseball de l’Université de Montréal était invité aux championnats nationaux de la CCBA (Canadian Collegiate Baseball Association) se tenant cette année à Frédéricton au Nouveau-Brunswick.
Cette invitation, plusieurs ne l’attendaient plus. La première partie étant prévue pour vendredi midi heure des maritimes, ils ont dû s’organiser à la hâte. Pendant que Félix Veilleux, joueur de champ droit et membre fondateur du club s’occupait des formalités du voyage, les troupes se sont mobilisées. Ils sont partis de Montréal à 21h30 dans la nuit du mercredi. Onze joueurs et deux entraîneurs partageant l’excitation du départ, mais partageant aussi le pincement au cœur de se lancer dans cette aventure en laissant derrière quatre soldats n’ayant pu, faute de temps, se libérer de leurs obligations. Ils ont roulé neuf heures, ne se permettant qu’une maigre sieste de trois heures à Dégelis au cœur de la vallée témiscouataine.
L’équipe est arrivée à 11h00 à Marysville, sur la rive nord du fleuve Saint-Jean. Marysville est un lieu historique national du Canada situé en banlieue de Frédéricton. La multitude de vieux logements en briques rouges, l’ancienne filature de coton ainsi que les couleurs vives des arbres donnaient à l’endroit des airs à la fois magnifiques et inquiétants.
Sur le haut d’une colline, surplombant la ville, se trouve le Royal Field, un véritable petit bijou de stade. Les joueurs de l’Université Saint Mary’s s’y trouvaient déjà, énergiques, enthousiastes, confiants. Ceux de l’UdeM sont sortis des VUS engourdis et éreintés par la longue route et le peu de sommeil. On ne donnait pas cher de leur peau. À peine ont-ils eu le temps d’enfiler les uniformes que la partie commençait. En début de match, le joueur de deuxième but Christian Gendron Garcia se présente à la plaque et frappe une bombe latine de trois points loin, loin, loin dans la droite. Cela prit tout le monde par surprise. En fin de troisième c’était 8-0 Montréal qui finit par gagner, contre toutes attentes, ce premier duel 10-5.Les gars ont commencé à y croire.
Le temps d’une do**he, d’une courte sieste, et l’équipe a mis le cap sur les cérémonies d’ouvertures. Le contraste était saisissant. L’UdeM s’était présentée avec la moitié sinon le tiers des effectifs des cinq universités anglophones présentes au tournoi. Lorsque l’annonceur maison, soulignant l’invitation tardive, a remercié les Montréalais de leur présence, les équipes et les spectateurs réunis ont chaudement applaudi. Le baseball est un sport de gentlemen.
La fatigue les a rattrapés le lendemain matin contre McGill, les champions en titre, dans une cuisante défaite de 10-1. Ce revers, ils n’eurent pas le temps de le ruminer bien longtemps puisqu’ils avaient un rendez-vous le soir même avec l'équipe hôte, les Couguars de l’Université du Nouveau-Brunswick.
Ce qui s’est passé en ce froid vendredi soir du 23 octobre 2015 restera longtemps gravé dans la mémoire des athlètes et partisans présents. Si le baseball est un sport romantique, il ne l’est jamais autant que dans la performance hors de l’ordinaire d’un as lanceur. Ce soir-là, les deux universités se sont livré un duel épique. Le lanceur Simon Brisebois a œuvré durant onze manches, retirant cinq frappeurs sur des prises et n’accordant que deux coups sûrs. Le plus impressionnant est que plus le match avançait et plus Breezer était dominant, intimidant et incisif sur le monticule. Quelque chose se passait. Tout le monde le savait, mais personne ne voulait le nommer de peur de briser la magie. Ils ont remporté le match 3-0. C’était le talk of the town.
Ils se sont rassemblés dans une chambre à leur hôtel. L’équipe cendrillon savourait son moment. Lorsqu’ils sont sortis en ville, l’entraîneur Derek Duchesneau est sagement resté dans ses quartiers, pour prendre soin de ses petits gars. Ils avaient fait face à beaucoup d’adversité depuis leur départ de Montréal. La sensation était sublime. All the way! All the way! All the way! Ils le chantèrent tous en cœur.
Ils se sont inclinés le lendemain par la marque de 3-1 en demi-finale contre le Collège Holland. Bien que frustrant, ce fut un beau match. Lorsque coach Duchesneau s’est adresséà ses joueurs pour quelques mots de réconfort, plusieurs de ses petits gars avaient la larme à l’œil. La défaite a été dure à avaler. Ils ont mis du temps, beaucoup de temps à quitter le terrain. Dans le stationnement, donnant sur la rivière Nashwaak, ils se sont réunis pour vivre la fin d’un beau parcours. Une ronde d’applaudissement pour les finissants et la bonne humeur était de retour. Ils étaient treize et ils venaient de vivre ensemble quatre jours en octobre.
Le club sportif de baseball l’Université de Montréal est actuellement à la recherche de joueurs et entraîneurs pour son édition 2016. Les intéressés peuvent contacter Françis Desnoyers ([email protected]) ou Pier-Yves Lavergne ([email protected]).