Notre monde contemporain est marqué par une désaffection politique soutenue par une certaine forme de cynisme face à la politique. Difficile d’échapper à ce cynisme quand les citoyens se transforment en spectateurs impuissants des scandales politiques et des manquements à l’éthique de leurs représentants, en victimes des différentes crises – politiques, économiques, financières et environnementale
s. Comment gouverner dans un monde dominé par l’incertitude et l’urgence? Comment établir des principes éthiques dans un monde marqué par le pluralisme des valeurs et des conceptions du monde? Nos sociétés complexes appellent un renouvellement de la pensée politique et de l’éthique. Le Centre de recherche en éthique publique et gouvernance se veut un lieu de réflexion sur ces différents enjeux contemporains qui s’établissent à la jonction entre l’éthique et la politique. Il requière une attention particulière à une double problématique :
1) Existe-t-il une éthique propre au domaine politique? Ou pour le dire autrement, doit-on et peut-on moraliser la politique? L’État moderne a été conçu à même le processus de sécularisation, entendu comme séparation entre l’État et la religion. Machiavel, penseur de cette modernité politique, ne conseillait-il pas justement au prince de ne pas chercher à être bon? Comment donc élaborer une éthique publique, une éthique qui s’adresse au domaine politique, dans ce contexte séculier et pluraliste? Comment distinguer et juger la bonne pratique de la mauvaise dans le contexte d’un État libéral qui se dit neutre au niveau des valeurs et du bien?
2) Notre monde contemporain est le théâtre de changements sociaux profonds qui affectent le domaine politique. Face à ces transformations du monde, dont la globalisation est le signe marquant, il importe de prendre un nouveau point de vue sur la politique. Le terme de «gouvernance» vient marquer cette tentative de repenser le domaine politique, de repenser sa fonction. Comment faire de la politique «une sphère d’innovation» (Innerarity) qui pourra répondre aux nouveaux enjeux et problèmes? Cette deuxième problématique, reliée à la première, doit aussi prendre en compte la question éthique, c’est-à-dire la question de la bonne gouvernance – ou est-ce que le concept même de gouvernance n’implique pas déjà une certaine éthique implicite? Le terme de gouvernance n’est pas limité au domaine politique, il s’agira donc de réfléchir ce concept dans ces différents champs d’application – société civile, domaine privé, domaine de la santé…
Afin de mener à bien ce travail de réflexion, le Centre de recherche en éthique publique et gouvernance privilégie l’interdisciplinarité et les réseaux de recherche. Le Centre compte sur des membres de différentes institutions canadiennes. Il est un lieu de visibilité et de diffusion de la recherche, favorisant la collaboration entre chercheurs de l’USP et ceux de d’autres institutions et centres de recherche. Il permet la formation à la recherche des étudiant(e)s tout en contribuant à leur sentiment d’appartenance. Les activités du centre sont axées sur la réflexion en commun et les échanges intellectuels de haut niveau afin de promouvoir l’avancement des connaissances en éthique et le rayonnement de notre université, confirmant ainsi l’éthique publique comme créneau d’excellence à l’USP.