03/24/2026
Avez-vous écouté ce segment de l’émission Découverte? Qu’en avez-vous pensé?
🗣Le 22 mars, Découverte a diffusé un reportage sur le diagnostic de l’autisme chez les femmes adultes. Le journaliste a présenté les points de vue de plusieurs spécialistes : certaines militent pour la reconnaissance de l’autisme chez les femmes ayant un profil de soutien léger et d’autres dénoncent l’élargissement des critères diagnostiques.
✅À la FQA, nous militons pour que chaque personne puisse avoir accès à une évaluation diagnostique dès lors que sa situation le justifie. Présentement, dans certaines régions au Québec, dès l’âge de 7 ans, il est impossible d’avoir une évaluation au public. Cette situation brime le droit d’avoir accès aux services dont les personnes ont besoin et les pousse ensuite vers une errance diagnostique.
Nous combattons les préjugés et la discrimination faite par les différents milieux envers les personnes autistes, peu importe le profil de la personne. Un diagnostic posé après une évaluation rigoureuse selon les standards de pratique est valide, peu importe l’opinion de la population, des intervenantes et intervenants du milieu de la santé, du travail ou scolaire. Le remettre en question touche directement à l’intégrité clinique, à la crédibilité professionnelle et surtout à la dignité de la personne concernée.
En affirmant que ces évaluations seraient arbitraires ou influencées par un « effet de mode », on fragilise la confiance envers les spécialistes qualifiés et les cadres cliniques établis. Cela ouvre la porte à une forme de relativisme où chacun se sent légitime de valider ou d’invalider un diagnostic sans en posséder les compétences. Plusieurs femmes dénoncent déjà cette réalité.
Cette remise en doute augmente le risque de conséquences directes sur les femmes autistes qui ont souvent traversé des années d’incompréhension, d’errance diagnostique et de souffrance invisible. Obtenir un diagnostic représente fréquemment un point de bascule à partir duquel elles donnent un sens à leur parcours et une reconnaissance de leur réalité. Venir invalider ce diagnostic, c’est risquer de réactiver des blessures profondes, de raviver le doute et de compromettre leur sentiment de légitimité.
Remettre en doute un diagnostic dans l’espace public peut faire plus de tort que de bien. Respecter un diagnostic et sa trajectoire rigoureuse, c’est aussi respecter le processus, les professionnelles et professionnels impliqués et surtout, la personne elle-même.