10/12/2025
Cette année, le ministère de l'Enseignement supérieur a décidé de couper son habituelle subvention, qui aurait permis la 49e édition du concours. Nous lançons aujourd'hui une pétition qui deviendra une lettre ouverte (dans Le Devoir sans doute). Merci d'en prendre connaissance et de signer si le coeur vous dit d'encourager la création littéraire en français chez nos jeunes.
TEXTE INTÉGRAL :
Sauvons Critère
Peu connu du grand public, le concours littéraire Critère encourage pourtant la création littéraire depuis 1976, ce qui en fait la plus ancienne activité parascolaire dans le réseau collégial québécois. Sur un thème différent chaque année, les cégépien·nes se lancent librement dans la rédaction d'un texte narratif, théâtral, poétique ou essayistique de longue haleine. Les textes sont soumis à un jury composé d'écrivain·es et de professeur·es de lettres, qui en distinguent huit, ensuite réunis en volume. Les lauréat·es se partagent 5 000 $ en prix et, surtout, chaque participant·e, gagnant·e ou non, reçoit une évaluation écrite de son texte par le jury. Bon an mal an, une centaine de participant·es jouent le jeu.
Parmi les lauréat·es, plusieurs font ensuite carrière dans le monde de la culture et des lettres : Sylvain Trudel, Nicolas Dickner, F***y Britt, Simon Boulerice, Christiane Vadnais, Catherine Lalonde, Biz, Catherine Dorion, Christian Guay-Poliquin, Geneviève Boudreau, Astrid Aprahamian, Emmanuelle Pierrot, Caroline Louisseize, Renaud Jean… pour n'en dresser qu'une courte liste.
Cette riche tradition, pourtant bien ancrée, est aujourd’hui menacée, alors que se préparait déjà la 49e édition du concours.
Le ministère de l'Enseignement supérieur (MES) a suspendu pour l'année en cours – ou aboli ? – son Programme de promotion de l'enseignement collégial – productions étudiantes, qui permet au concours Critère de maintenir depuis près d'un demi-siècle une activité peu coûteuse (une subvention de 12 500 $) révélant des talents, stimulant l'imagination, donnant goût à l'écriture en français et récompensant des jeunes de 17 à 20 ans qui s'engagent dans ce défi artistique avec enthousiasme et y trouvent souvent plaisir, gratification, fierté et matière à réflexion sur soi et sur le monde. L'énergie déployée par divers intervenants du milieu se charge du reste : une équipe de professeurs de lettres du cégep Garneau coordonne l'activité avec le soutien du RIASQ (Réseau intercollégial des activités socioculturelles du Québec), des délégués de la Vie étudiante de la trentaine de cégeps et collèges privés participants annuellement et des étudiant·es bénévoles.
Sans l’aide financière du ministère, il est impossible d’assurer la pérennité du concours. Il est bien sûr hors de question de demander une plus grande contribution des cégeps, qui sont déjà aux prises avec des compressions budgétaires les contraignant à la plus grande austérité. La décision du gouvernement soulève des questions : est-on conscient de l’effet dramatique qu’elle a sur la vie étudiante dans les cégeps ? Et surtout, est-elle vraiment nécessaire ? Cette gestion rigide des fonds habituellement consacrés aux productions étudiantes est d’autant plus difficile à comprendre qu’elle vient d’un gouvernement s’étant souvent présenté comme défenseur de l’éducation et de la culture. Il faut croire que ces valeurs sont, elles aussi, soumises à des coupures périodiques.
Les signataires de cette lettre demandent donc au gouvernement de revenir sur sa décision et de permettre ainsi à Critère de poursuivre sa mission. Les activités parascolaires – c’est une évidence qu’il est, semble-t-il, important de rappeler – incarnent l'esprit même des cégeps, qui cherchent à former des citoyen·nes capables de prendre part à leur société. À une époque où l'on s’inquiète de l’intérêt des jeunes pour la culture québécoise et pour la langue française, il serait pour le moins ironique de laisser tomber Critère. Et pourtant, on s’apprête à le faire pour 12 500 $, une somme dérisoire, surtout en regard des millions versés sans hésitation à l'industrie privée ces dernières années.
Sauvons Critère *** Signataires, merci de ne pas modifier le texte. Peu connu du grand public, le concours littéraire Critère encourage pourtant la création littéraire depuis 1976, ce qui en fait la plus ancienne activité parascolaire dans le réseau collégial québécois. Sur un thème diff....