06/03/2026
Il y a plusieurs années, j’ai exploré avec mes collègues l’usage de la mythologie chamanique en soins palliatifs.
Ce travail m’a profondément marqué, car il montre que la souffrance n’atteint pas seulement le corps : elle peut aussi rétrécir notre histoire.
Lorsqu’une personne traverse une maladie grave, un deuil, une séparation ou une crise existentielle, elle risque parfois de se définir uniquement à travers sa blessure.
La poétique chamanique propose alors une autre voie.
Elle ne cherche pas à nier la douleur, mais à l’inscrire dans un récit plus vaste.
Dans certaines traditions chamaniques, la maladie peut être comprise comme une « perte d’âme » : non pas au sens littéral, mais comme une perte de vitalité, de sens ou de lien avec soi-même, avec les autres et avec le monde.
La guérison ne consiste alors pas seulement à faire disparaître un symptôme.
Elle devient la possibilité de retrouver un sentiment d’appartenance.
Peut-être que l’âme commence à guérir lorsque nous cessons de nous vivre comme des êtres séparés et que nous retrouvons notre place dans une histoire plus grande que nous-mêmes.
C’est peut-être là que réside l’une des fonctions les plus profondes des mythes, des récits, de l’art et de la spiritualité : nous rappeler que, même au cœur de la souffrance, nous continuons d’appartenir à la vie.
Référence :
Santarpia, A., Ricci, T., Meuche, G., Gamberini, N., & Destandau, M. (2021). The Narrative Effects of Shamanic Mythology in Palliative Care. Journal of Humanistic Psychology, 61(1), 73–103. https://doi.org/10.1177/0022167818777055