10/27/2025
En 1938, à Berlin, les chimistes Otto Hahn et Fritz Strassmann entreprennent des expériences de bombardement de noyaux d’uranium par des neutrons. Ils observent alors la formation inattendue d’éléments beaucoup plus légers, notamment du baryum, phénomène qu’ils ne parviennent pas à interpréter à l’époque. À la recherche d’une explication théorique, ils sollicitent leur ancienne collaboratrice, la physicienne Lise Meitner, récemment contrainte à l’exil en Suède en raison des persécutions antisémites imposées par le régime n**i.
Au cours de l’hiver 1938-1939, Meitner, en collaboration avec son neveu Otto Robert Frisch, élabore l’interprétation correcte du phénomène. Elle démontre que le noyau d’uranium, sous l’impact d’un neutron, peut se scinder en deux fragments de masse comparable - du baryum et du krypton - tout en libérant une énergie considérable conforme à la relation relativiste (E = mc^2). Meitner et Frisch introduisent alors le terme de "fission nucléaire" pour désigner ce processus.
Malgré le rôle déterminant de son analyse théorique, le prix Nobel de chimie de 1944 est attribué uniquement à Otto Hahn, Meitner étant écartée de la reconnaissance officielle. Après la guerre, elle rejette toute participation aux travaux relatifs à la conception de l’arme atomique, fidèle à sa conception éthique du rôle du savant.
Décédée en 1968, il y a 57 ans, jour pour jour, Lise Meitner demeure une figure majeure de la physique nucléaire. Son épitaphe, gravée sur sa tombe en Angleterre, résume l’équilibre entre rigueur scientifique et intégrité morale qui caractérisa toute son existence : « Lise Meitner, une physicienne qui ne perdit jamais son humanité. »
Pour en savoir plus:
Disciplinary bias and a stew of other prejudices helped deny the physicist Lise Meitner a share of the 1944 Nobel Prize for Chemistry