02/09/2026
Thèse intéressante, à méditer 🕊
Note : Pour celles et ceux qui ne liraient pas plus loin que le titre du livre, je précise que ce dernier ne revendique pas le droit à des passages à l'acte délictueux. Il s agit, comme Aristote (entre autres) l avait aussi réfléchi, de rendre ce qui a été perdu, volé, enlevé, violenté (la dignité, par exemple), de dire non aux injustices, aux soumissions liées aux abus de pouvoirs, aux mémoires d existences et blessures effacées par le temps, la "bonne" moralité (celle, d ailleurs, souvent invoquée et demandée par ceux qui agressent à ceux qui devraient pardonner) et la "paix sociale" (à court terme, les problèmes n'étant pas réellement réglés mais déportés, différés, relégués, enfouis, détournés, etc... et de quelle "paix" s'agit-il vraiment ?) condamnant parfois triplement certaines victimes : la première fois lors de l acte, la deuxième lorsqu'elles (s) affirment en ne choisissant pas la voix du "pardon" (mais celle de l'indignation) et la troisième face à l indifférence, l hypocrisie et la dureté sociale. Être triplement indigné.e peut aussi (et souvent) être un message d'humilité, d'espoir, de changements nécessaires, de lumière et de libération. Le chemin se trace en marchant...
Question de volontés ?
Résumé
« Je ne pardonne pas. Ce n’est pas une incapacité, mais une volonté. »
Certaines injustices sont irréparables, leur violence impardonnable. Elles suscitent la colère, jusqu’au désir de se venger.
Mais personne n’ose l’avouer, car la vengeance n’a pas droit de cité : la sagesse la rejette, l’État la punit, la morale la condamne.
Il se pourrait pourtant qu’un tel désir soit l’unique moyen de retrouver l’honneur d’être soi quand on a été humilié. Cette aspiration n’at- elle pas le pouvoir de dénoncer l’impunité, de retourner la honte contre l’offenseur ?
Ni haine, ni pardon, ni loi du talion, vouloir se venger d’une injustice est un acte de libération.
Dans cet essai aussi radical que rigoureux, Laurence Devillairs explore le désir de vengeance, à l’appui de témoignages, d’oeuvres classiques et contemporaines, d’affaires et de procès récents. Elle s’attaque ainsi aux discours dominants qui valorisent le pardon et la réparation au détriment de la juste colère et de la lutte contre les abus de pouvoir.
Mettre enfin les victimes au centre de nos préoccupations demande peut-être de ne pas taire leur refus de pardonner.
Paru en mars 2026, Essai (broché)