12/06/2026
🇨🇲 12 JUIN 2006 – 12 JUIN 2026, VINGT ANS D’HISTOIRE AUTOUR DE L’ACCORD DE GREENTREE ET LA SOUVERAINETÉ DE BAKASSI
Ce vendredi 12 juin 2026 marque le vingtième anniversaire de la signature de l’Accord de Greentree, le traité bilatéral historique qui a définitivement mis fin au différend frontalier terrestre et maritime entre le Cameroun et la République Fédérale du Nigeria concernant la péninsule de Bakassi. Paraphé le 12 juin 2006 à New York aux États-Unis, ce document fondamental organisait les modalités de retrait des forces nigérianes et le transfert d'autorité de cette presqu’île hautement stratégique, regorgeant de riches gisements de pétrole et de gaz naturel.
L’accord, signé conjointement par le Président camerounais Paul Biya et son homologue nigérian d’alors, Olusegun Obasanjo, s’est conclu sous l’égide de l’Organisation des Nations Unies (ONU) par l’entremise de son ancien Secrétaire général, Kofi Annan. Pour garantir la transparence et la bonne exécution de ce processus d’évacuation, quatre grandes puissances mondiales ont apposé leur signature en qualité d'États témoins : les États-Unis, la France, la République Fédérale d’Allemagne et le Royaume-Uni.
Ce compromis de Greentree constituait le bras séculier de l'application de l'arrêt contraignant rendu le 10 octobre 2002 par la Cour internationale de justice (CIJ) de La Haye, saisie en urgence par le Cameroun le 29 mars 1994 à la suite de l'annexion militaire du territoire par les troupes nigérianes en décembre 1993. Pour infléchir la position d'Abuja — freinée à l'époque par les fortes réticences du Sénat nigérian face au verdict — un intense cycle de quatre sommets tripartites de haut niveau avait été indispensable sous la médiation de l'ONU : le 15 septembre 2002 à Saint-Cloud (Paris) juste avant le délibéré, puis les 15 novembre 2002 et 31 janvier 2004 à Genève.
Sur le plan technique, la convention obligeait le Nigeria à évacuer ses contingents dans un délai initial de 60 jours, extensible à 90 jours en cas de force majeure, tout en instaurant un régime transitoire d'exception de cinq ans destiné à préserver les droits civiques et économiques des nombreux ressortissants nigérians établis sur la presqu’île. À l'échéance de ces mécanismes de transition, le Cameroun a officiellement et pleinement recouvré l’entièreté de sa souveraineté territoriale sur Bakassi le 14 août 2013, scellant la résolution pacifique d'un conflit frontalier dont les racines remontaient aux accords coloniaux germano-britanniques du 11 mars 1913 et à la déclaration franco-britannique du 10 juillet 1919.