15/09/2026
🎉Grande nouvelle : Nicolas Baptiste soutiendra sa thèse intitulée "De la désirabilité sociale à la responsabilité environnementale. Enquête sociologique sur la valorisation du trail dans les Hautes-Alpes" le jeudi 24 septembre 2026 à 14h30 à Marseille
Rdv amphithéâtre Massiani (Chimie), campus Saint-Charles, au 3 pl. Victor Hugo 13003 Marseille.
Pour celles et ceux qui souhaiteraient y assister en présence ou en visio, voici le formulaire (autorisation d'accès au campus, lien visio, pot de thèse) à remplir : https://framaforms.org/soutenance-de-these-n-baptiste-1788784161
Le jury est composé de :
- Aurélie ARNAUD, maitresse de conférences, Aix Marseille Université, co-directrice de thèse
- Carole BARTHELEMY, maitresse de conférences HDR, Aix Marseille Université, examinatrice
- Cécilia CLAEYS, professeure des universités, Université de Perpignan, directrice de thèse
- Sylvie CLARIMONT, professeure des université, Université de Pau et des Pays de l'Adour, examinatrice
- Sébastien FLEURIEL, professeur des universités, Nantes Université, président
- Ludovic GINELLI, ingénieur de recherches, INRAE, examinateur
- Nathalie LEWIS, professeure, Université du Québec à Rimouski, rapporteure
- Clémence PERRIN-MALTERRE, professeure des université, Université Grenoble Alpes, rapporteure
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Résumé de la thèse :
En 2025, plus de 13 000 événements de course à pied, dont presque la moitié de trails, ont été organisés en France d’après la fédération française d’athlétisme, soit une hausse de 25 % depuis 2015. Les territoires ruraux concentrent une part importante de cette offre en événements de course à pied (Madoré et Loret, 2021). Dans les parties montagnardes de ces territoires, le réchauffement climatique accentue les vulnérabilités du modèle touristique sur lequel elles sont largement basées, enjoignant leurs acteurs à développer des alternatives. L’objectif de cette thèse est d’analyser en quoi les événements de course à pied, dont ceux de trail, sont révélateurs de paradoxes environnementaux et socio-économiques dans les territoires montagnards touristiques. Cette thèse de sociologie s’appuie sur un cadre théorique interactionniste et structuraliste (chapitre 1). Menée dans le département des Hautes-Alpes, l’enquête mobilise des matériaux composés d’entretiens semi-directifs, d’observations directes (événements de course à pied) et participantes (club d’athlétisme), d’un questionnaire aux participant.es des événements, de données cartographiques, de documents d’archives et de documents institutionnels (chapitre 2). L’émergence du marché haut-alpin des événements de course à pied est d’abord retracée entre le début du XXème siècle et 2023. Durant cette période, un lien étroit est construit entre des acteurs (ex : organisateurs d’événements, acteurs du tourisme, militaires), la nature et des activités récréatives comme les événements de course à pied (chapitre 3). Ce lien forme les conditions locales de la désirabilité sociale d’une forme de course à pied, le trail. Un premier paradoxe est mis en évidence : la désirabilité individuelle et collective du trail se réalise par la justification de ses retombées économiques et sociales sur le territoire, au-travers de représentations d’une nature sauvage, tout en favorisant des mécanismes de sélection sociale et spatiale (chapitre 4). Un deuxième paradoxe en découle : la haute désirabilité du trail conduit à la formulation d’une critique à partir des impacts environnementaux attribués aux événements de trail, qui dévalorise cette activité et ses promoteurs (chapitre 5). Un ensemble de bonnes volontés sont alors mises en oeuvre pour revaloriser les événements de trail et fournir à leurs acteurs une responsabilité environnementale, aboutissant à un troisième paradoxe : l’individualisation de la responsabilité environnementale révèle une distribution inégale des gains et des coûts des bonnes volontés, qui limite l’efficacité de la prise en charge politique de l’écologisation de ce loisir sportif de nature (chapitre 6). Le cas des Hautes-Alpes montre ainsi la reproduction d’une logique de valorisation touristique du territoire qui reformule les enjeux socio-économiques et environnementaux en montagne plus qu’elle n’y répond. Il réactualise également des questions sur les interactions nature-sociétés et fournit des pistes théoriques et méthodologiques à-travers le concept de valeur appliqué aux activités, à la nature et aux individus.
Mots clés : territoires montagnards touristiques – trail – écologie – rapports à la nature – rapports sociaux – champ sportif