16/07/2024
Je déroule les mots sur le papier, espérant régurgiter une prose sans emphase mais de simple phrases : concise et précise. Tout cela sans incise. Je garde mon assise ancrée dans le sol, mes mains agrippées à la plume, je griffe le sol de mes pieds. Enchevêtrés dans les méandres de mes réflexions, celle-ci sont poussées à l’extrême onction ; sempiternelle ritournelle du poète damné à l’oraison funèbre de la célébrité : espérance de la postérité.
Damnation de la réussite de son vivant, épitaphe de l’autographe, l’épigraphe de l’orthographe. Solennité de l’homélie du scribe qui par sa graphie génère l’envie peut-être de le lire. Lire et être lu. Rien de plus, rien de moins.
C’est lors d’une conversation tumultueuse avec un réverbère, arguant une cuite mémorable je snobais la lumière blafarde qui guidait mes pas. Ceux-ci n’étaient pas droits, bancales à l’image de mon âme. Mon corps tanguait, vacillait, ma tête divaguait, mon esprit errait. Boisson à foison et jus aviné, m’ont rendu un peu plus con que de coutumes. J’en ai fait mes habitudes, mon funeste chemin sans raison. Propos décousus, raison oiseuse, je n’ai plus qu’à pleurer mon désespoir de n’être qu’un fils de prolo alcoolo et qui joue au nigaud et du piccolo. Démangeaison de mes fesses, avides de caresses fouettées avec appétence.
C’est comme la banalité du désir qui s’éteint s’étiole. Je dirais même qu’il se délite tel Éole. Les désamours c’est le commencement d’une autre histoire. Cette nouvelle histoire s’inscrit dans le futur lointain, c’est un partage en blanc-seing saignant et affriolant. Esthétisant et érotisant, les funestes amours espèrent encore le temps du toujours. Mais les alizées s’envolent là-haut dans le ciel frôlant les nuages…En définitive c’est la forfaiture de la rature que consiste l’imposture de l’écriture. C’est l’effacement du sujet au profit de l’objet qu’est le roman. Ire et lire à part entière où l’auteur disparait derrière l’œuvre elle-même. Que retient-on : « les fleurs du mal » ou Baudelaire ?