Al Abrar—الأبرار

Al Abrar—الأبرار Sagesse et enseignements inspirés du Coran et la Sunnah pour la vie moderne de tous les jours.

Être triste, c’est un attribut de la condition humaine, un perpétuel fardeau. Et l’Islam—dans son esprit et sa lettre—es...
06/01/2024

Être triste, c’est un attribut de la condition humaine, un perpétuel fardeau. Et l’Islam—dans son esprit et sa lettre—est une invitation permanente à transcender cet insupportable poids sous lequel nous ployons tous. Ainsi, le “Saint Récital” nous rappelle: “Allah veut alléger votre fardeau, parce que l’humain est pétri de faiblesse. (Coran, 4:28).”
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Salut à tous. Merci pour votre attention. On est vendredi, jour exalté parmi les jours. Et l’objet de cette introspection que je partage volontiers, c’est de vous inviter à ne pas céder à l’effondrement, quand à l’éclat de vos jours ensoleillés se succède une grisaille qui menace de vous noyer, corps et esprit. Encore une fois, salutations.
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La tristesse, la mélancolie. Ça arrive même aux meilleurs parmi nous. Comme le loup à la porte de la bergerie, il n’est pas question de nier ce qui est objectivement indéniable, mais de veiller à tenir le péril à l’écart.

Avant tout propos, il s’impose une remarque:

Nous vivons en des temps, où un certain culte de la fragilité—la vénération de la vulnérabilité—nous exhorte à traquer nos émotions et à nous y assujettir.

Dans un tel contexte, prêcher la prééminence de l’esprit sur l’émotion pourrait nous exposer à être étiquetée de “toxique”.

C’est une forme de tyrannie de la mode qui doit être nulle et non avenue.

La sagesse ne tend pas l’oreille au concert des délires à la mode.

En tout cas, le “Saint Récital” est clair quant à ce qui concerne la conduite à tenir face à l’ivresse de nos émotions:

Ne jamais se soumettre au diktat de l’affliction quand le ciel nous semble tomber sur la tête, quand nos désirs sont frustrés;

et éviter absolument de se draper de gloriole, d’être d’une joie débridée de manière indue, quand tout semble tourner rond pour nous (Coran, 57:22).

Chez les stoïciens gréco-romains (bien des siècles avant le début de la Révélation en 610), l’on chérissait une notion: “amor fati”—l’amour du destin.

Il ne faut pas le confondre au fatalisme.

Le fataliste attend; mais celui qui professe “l’amor fati” est un “agent” dont l’esprit est dégagé du nuage de l’anxiété et de l’ingérence des peurs irrationnelles.

Professer “l’amor fati”, c’est réclamer son statut d’homme libre qui avance sans crouler sous le fardeau des probabilités fâcheuses de l’existence.

En Islam, l’équivalent de cet “amor fati” si cher aux stoïciens—Sénèque, Marc Aurèle, Epictète—c’est le “maktuub” ou le “qadr”.

Le musulman doit se réconcilier avec le “qadr”—il doit avoir l’amour du destin. Il doit être à même de vaquer à son quotidien, sachant ceci:

"Aucun malheur n'advient sur la terre ni en vous-mêmes que Nous [Allah] n'ayons auparavant consigné dans un Livre, avant même que Nous l'ayons créé (Coran, 57:22).”

Autrement dit, l’homme réconcilié avec le “qadr” est destiné à contrôler ce qui lui arrive de contrôlable, et à subir, sans se consumer de névroses, ce qui échappe à son contrôle.

Voici un fait:

La tristesse résulte d’une lecture de rejet que—par le train de nos pensées—nous faisons d’une quelconque situation fâcheuse.

Le drame, comme indiqué précédemment, c’est que la tristesse est le lot de tous, même du meilleur d’entre les humains.

Mais elle n’a d’emprise que là où elle est cajolée, là où on lui accorde une belle attention.

Et le défi pour l’humain, c’est de refuser à la tristesse l’attention dont elle s’alimente. Ce défi nécessite qu’on le relève perpétuellement.

Pourquoi?

Un esprit triste est un formidable atelier pour le diable. Elle fertilise en l’humain la seule pulsion qui survit quand elle est présente—l’apathie, état de reddition de l’âme aux injonctions du chaos et de la déchéance.

Don’t be sad. Oui, il faut fuir la tristesse.

La tristesse, aux yeux du récit islamique, n’est pas un trésor à chérir.

Voyez-vous, après les événements de la Grotte de Hira qui marqua le début de la Révélation avec les premiers versets de la Surat “Iqra”, Habib Al-Mustapha—paix sur lui—connaîtra une brève nuit de l’âme.

Selon la Sirah, Mohammad passera un intervalle sans voir surgir de “l’horizon suprême” cette “force inouïe”—l’archange intermédiaire chargé de révélation; l’intermédiaire entre le Rabb (le Seigneur) et le Mundhir, l’Avertisseur.

Une tristesse—pire, une dépression—se saisit du Messenger, qui craint alors s’être montré indigne de sa Mission qui ne faisait que commencer.

Bien entendu, l’épisode n’était pas une nécessité en soi.

Mais il entrait dans le cadre de la pédagogie du Divin, dont chaque prescription pour les hommes—au lieu d’être péremptoire—doit coïncider avec une situation bien bassement humaine.

Car, comment mieux nous déconseiller la tristesse qu’à travers l’exemple du Messager lui-même?

Ainsi donc, quand la leçon fut administrée, la Révélation reprit son cours avec une quasi remonstrance qui laisse le Prophète sans aucun doute sur le fait que la tristesse n’est pas un état de santé spirituel—ni pour lui, ni pour sa communauté.

Aurait-il vraiment quelque raison de jamais se vautrer dans la dépression?

Eh bien, pour qu’il se rende compte que non, le “Saint Récital” lui soumet une série de questions rhétoriques:

“[Ton Seigneur], ne t’a-t-Il pas trouvé orphelin, et t’a alors donné asile?

“Ne t’a-t-Il pas trouvé égaré, et t’a alors guidé ?

“Ne t’a-t-Il pas trouvé pauvre, et t’a alors enrichi ?”

Allah, interpellant ainsi le Messager sur les innombrables raisons pour lesquelles il doit se dégager de ce drap de tristesse, le rassura auparavant:

“Ton Seigneur ne t’a point délaissé, et tu ne fais, de sa part, l’objet d’aucune haine. (Coran, 93:3).”

La récitation de ce chapitre du “Saint Récital”—la Surat Ad-Duhaa—nous est recommandée quand l’insupportable fardeau de l’existence menace de nous précipiter du haut de quelque falaise.

Sous l’étreinte de la tristesse, la brume qui nous envahit peut être si épaisse au point de nous faire perdre de vue des principes qui sont d’habitude à portée d’usage—l’amor fati, bien sûr; et la sagesse qu’induit notre réconciliation avec le “qadr”.

Mais quelle que soit cette étreinte de la tristesse, une récitation de la Surat Ad-Duhaa nous rappellera à notre devoir de gratitude; gratitude pour tout ce qui reste debout de l’immense édifice de notre existence.

Et là où la Surat Ad-Duhaa invite le Messager à se rappeler du temps où il était un vulnérable orphelin—orphelin intimidé par le dénuement—elle pourrait attirer notre attention en panne sur toute une gamme de raisons nous appelant à la joie.

Avoir l’usage de tous ses sens et de toutes ses facultés; disposer d’un gîte et d’un couvert; j***r de l’estime de ses parents et amis;

être parmi les vivants; respirer l’air pur qui nous reviendrait si cher s’il nous était facturé comme l’eau et l’électricité; être en forme et capable de repartir à zéro…

Bref, méditer sur la Surat Ad-Duhaa éveillera l’esprit attentif sur la splendeur d’un monde plus bienveillant;

un monde bien plus commode que celui que nous aurons rendu si étroit et infernal par l’alchimie d’un train de pensées tristes.

Pour résumer, il n’y a aucune plus-value spirituelle à la tristesse.

Et sur ce, bon vendredi à tous.

Puissions nous résister sous le fardeau de la condition humaine qui nous rend si fragile?

Puissions-nous ériger des remparts qui empêchent l’intrusion dans nos esprits de tout germe du chaos!

Puissions-nous être toujours justes et équitables, soucieux du respect de nos droits comme du respect des droits d’autrui.

Dans l’amour et l’espérance, cultivons nos jardins. Et je souhaite à nous tous une vie de joie dans la décence; une existence faite d’harmonie et d’alignement sur la volonté suprême du Divin.

Bon vendredi! Wa salaam!

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C’est le “Nous” de Divine Majesté qui s’adresse, d’un ton d’assurance, à Habib Al-Mustapha—paix sur lui: “Nous ne ne t’a...
06/01/2024

C’est le “Nous” de Divine Majesté qui s’adresse, d’un ton d’assurance, à Habib Al-Mustapha—paix sur lui: “Nous ne ne t’avons envoyé le Récital pour qu’il te soit une source de détresse (Coran, 20:2).
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Salut à tous, et merci de me lire. C’est vendredi, jour le plus exalté des jours de la semaine pour ceux qui croient au Message. Et du Message il est question dans cette introspection hebdomadaire.

Qu’est-ce qu’il en est, et peut-on l’avoir accepté et vivre dans l’angoisse, le dédain et l’agitation permanente? Une fois de plus, salutations et bienvenue.
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La scène a lieu au neuvième jour du mois de Pèlerinage en 632, il y a près de 1400 ans.

Elle a lieu à une encablure de la Mecque, dans la vallée Uranah, au pied du Mont Arafat, flanqué à l’Est par l’autre montagne dite de la Miséricorde—Jabal al-Rahmah.

Longuement debout face à ses compagnons, cette année-là, le Messager d’Allah—paix sur lui—venait de livrer le contenu émouvant de ce qui allait entrer dans la postérité sous l’étiquette de “Sermon d’Adieu” (Sunan Ibn Majah, Livre 1, 42—43).

Le Sermon d’Adieu récapitule les 22 années de prédication du Prophète, établissant les principes clé de l’Islam pour cette ère post-prophétique qui devait s’ouvrir.

Et voici les principes en question:

L’unicité d’Allah, cœur même de l’Islam; la fraternité islamique qui doit transcender les barrières tribales; la justice qui suppose un traitement équitable envers tous, sans égard particulier pour le status social;

la responsabilité de chacun face à ses actions; le respect du caractère sacré de la vie; la valeur égale—aux yeux d’Allah—de l’homme et la femme, de l’Arabe et du non-Arabe.

Oh, le Sermon d’Adieu était—disons, est—un sermon humaniste.

Du fond des âges, longtemps avant la Révolution Française et sa déclaration des droits de l’homme;

longtemps avant les hécatombes de 14 et 45 qui vont inspirer les chartes de la SDN et de l’ONU, et ensuite, toutes ces belles conventions onusiennes;

oui, longtemps avant tout cela, une voix—depuis ce recoin de désert—exhortait à la justice, à l’équité et au respect du caractère sacré de la vie humaine.

Cette année-là, dans la vallée Uranah du Mont Arafat, flanqué à l’Est par la Montagne de la Miséricorde, les pèlerins—émus par le ton d’adieu du sermon prophétique—se sentent assommés.

“O Messager d’Allah,” s’écrie un homme au bord des larmes, “que ceci est un sermon d’adieu! Quel [ultime] conseil pour nous? (Sunan Ibn Majah, Livre 1, 42)”

Dans sa réponse rapportée de façon unanime par toutes les traditions, Habib Al-Mustapha va recommander ceci aux pèlerins, et indirectement, à la Postérité:

Qu’ils veillent à toujours être habités de cet état de “conscience divine” exaltante—la “Taqwaa Allah”, ce qui est souvent banalement traduit par “peur de Dieu”.

“Qui vivra après moi,” dira le Messager d’Allah, “verra [et vivra] des temps de grande discorde.

“Je vous exhorte à rester attachés à ce que vous savez de la Sunnah [la façon dont j’aurai vécu];

“à rester attachés à la voie de mes Successeurs Éclairés [les Califes Rashidoun].”

Le prophète sera-t-il entendu?

Sans doute que oui. Mais les années qui suivront vont confirmer ce qu’il anticipait, et qui faisait couler des larmes à l’assistance.

L’excès, la colère, les luttes de prestige, la volonté de puissance… voilà qui fera décrocher, et qui fera oublier l’essentiel—la “Taqwaa Allah”, la justice, l’équité, le caractère sacré de la vie, etc.

Les temps de grande discorde, entre autres, vont emporter Ali Ibn Abi Talib, cousin et gendre du Prophète, dernier des Califes Rashidoun, fatalement blessé par un musulman qui se voulait, de facto, plus pieux que le Messager d’Allah lui-même.

Les temps de grande discorde coûteront la vie à Al-Hassan, mort empoissonné d’une main intime qui a choisi la complicité avec une cause qui n’avait rien de divin.

Les temps de grande discorde coûteront aussi la vie, plus atrocement, à Al-Hussein, décapité, son corps sans vie ensuite profané—l’issue d’un massacre.

Massacre perpétré par des frères musulmans qui ont oublié l’essentiel—la “Taqwaa Allah”, la justice, l’équité, le caractère sacré de la vie.

Parenthèse éclaire: qui étaient Al-Hassan et Al-Hussein?

Eh bien, ils étaient fils du même Ali Ibn Abi Talib; ils étaient petit-fils du Prophète qui leur passait sa main dans les cheveux quand ils étaient gamins—passe-temps dont se réjouissait le Messager.

Gloire à Dieu! Le Messager, parti auparavant, fut épargné de tout ce macabre que ne pouvait engendrer qu’un cœur dévoyé.

S’agirait-il là rien que de l’histoire?

Hélas! Les temps de grande discorde, jusqu’à ce jour, continuent de nous faire oublier l’essentiel—la “Taqwaa Allah”, la justice, l’équité, le caractère sacré de la vie.

L’on semble ne plus se souvenir de ces propos qui servirent de chute au Sermon d’Adieu en ce neuvième jour-là du Dhul Hijjah en 632:

"Vraiment, votre sang, votre propriété et votre honneur sont aussi sacrés et inviolables que la sainteté de ce jour qui est le vôtre, en ce mois qui est le vôtre et dans cette ville qui est la vôtre.”

Habib Al-Mustapha avait ainsi conclu: “Certes, je vous ai transmis le Message."

Aujourd’hui, près de 1400 ans plus t**d, que retenons-nous de ce Message dûment transmis par le Messager ?

Je veux dire, à côté des débats secondaires sur la taille de nos barbes, sur l’ampleur de nos boubous et burkas, sur nos différences culturelles apparemment irréconciliables;

à côté des instrumentalisations politiques pour justifier une certaine haine ou pour finir par se faire haïr d’une certaine manière, qu’avons-nous fait de l’essentiel du Message?

Eh bien, chacun pourrait répondre selon sa conscience, mais bienheureux sont ceux qui n’ont jamais perdu de vu l’essentiel.

Ceux pour qui le sang, la propriété et l’honneur d’autrui sont sacrés et inviolables.

Ceux qui, toutes ces années plus t**d, pourraient murmurer, comme en réponse au Prophète s’exprimant ce jour-là dans la vallée:

“Oui, tu as certes transmis le Message. Et nous en avons saisi la substance—la “Taqwaa Allah”, la justice, l’équité, le caractère sacré de la vie.”

En définitive, voici le fin mot de cette présente introspection: On peut le savoir ou en être ignorant, mais l’Islam n’est pas un système à bricolage que l’on monte selon ses humeurs, ses frustrations, ses névroses.

Non, l’Islam est normatif.

Et au-delà des détails circonstanciels qui ont jalonné les 22 années de l’histoire de la Révélation, tout, chez le musulman, doit concourir à une existence de sérénité—sérénité avec soi-même; sérénité avec les autres.

Ainsi donc, toute âme agitée qui puisse impulser quelque irruption d’inhumanité produit de l’anti-Islam. C’est tout.

Quoi dire pour terminer?

Eh bien, je vous renvoie au verset mentionné à l’entame de ce propos: “Nous ne ne t’avons envoyé le Récital pour qu’il te soit une source de détresse (Coran, 20:2).

Cela, il ne faut jamais l’oublier. Et sur ce, bon vendredi à tous. Que notre foi ne soit jamais une source de détresse, d’affliction, pour nous-mêmes et pour les autres.

Puissions-nous être toujours justes et équitables, soucieux du respect de nos droits comme du respect des droits d’autrui.

Puisse Allah nous éloigner des extrêmes, du laxisme désinvolte et du zèle intégriste!

Dans l’amour et l’espérance, cultivons nos jardins. Et je souhaite à nous tous une vie de lucidité—gage d’harmonie et d’alignement sur la volonté suprême du Divin.

Bon vendredi! Wa salaam!

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Se comparer aux autres est le début d’une névrose, c’est-à-dire une maladie de l’esprit. Le sage—ici, le mu’min, المأْمن...
06/01/2024

Se comparer aux autres est le début d’une névrose, c’est-à-dire une maladie de l’esprit. Le sage—ici, le mu’min, المأْمن—ne cherche à valoir mieux que lui-même.
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Salut et bon vendredi à tous. Aujourd’hui, pour cette introspection une question: Que répondre à l’homme qui s’afflige à force de comparer son existence à celle des autres?
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La vie, il s’agit de la vivre. Et pour le croyant, la vivre dans le respect des prescriptions d’Allah ﷻ

La vie n’est pas un exercice passif d’une misérable comptabilité, où on compare ses avoirs à ceux d’autrui, ses faveurs à celles des autres.

Un trait fondamental de la Création, c’est sa diversité—ce qui implique nécessairement des différences, des disparités.

À part l’idéal de l’égalité des chances; à part l’idéal de l’égalité devant la loi, toute autre forme d’égalité entre les humains relève de l’utopie.

Même les montagnes ne sont pas de masses égales. Plus loin, dans les étoiles, il y en a des naines et des géantes.

Mais pour revenir sur terre et pour aller plus loin, prenons l’exemple de ce bien immatériel que l’on appelle savoir.

Le “Saint Récital” nous informe sans passion: “Nous élevons le rang de qui Nous voulons ; et au-dessus de tout savant, il y a plus savant encore.” (Coran, 12:76)

Et il est du savoir comme il est de tout: Il y a toujours plus sage que le sage; plus riche que le riche; plus beau que le beau; plus fort que le fort; mieux portant que le bien portant.

La comparaison donc prouvera à celui qui s’y adonne une seule chose: En “être” et en “avoir”, il y aura toujours quelqu’un pour vous surclasser.

Que faire donc?

Pas grand chose. Tout ce qu’il y’a, c’est de pratiquer la gratitude pour la part “d’être et d’avoir” que l’on a reçue d’Allah ﷻ

Car Allah (qui ne faillit aucunement à ses promesses) promet: “Si vous êtes reconnaissants, Je vous accorderai davantage (de faveurs).” (Coran, 14:7)

Maintenant, comme tout se décuple dans la générosité, il faudra ensuite faire preuve de générosité; il faut ensuite dépenser de sa part “d’être et d’avoir” pour le bénéfice des autres.

Telle est la clé du succès; la clé du bonheur si élusif à l’insensé qui se dilapidera la santé et la paix du cœur dans la vaine tentative de vouloir valoir mieux que tous.

Oui, se comparer aux autres est le début d’une névrose—c’est-à-dire une maladie de l’esprit. Le sage ne cherche à valoir mieux que lui-même.

Alors, comme Solomon (paix sur lui), prions:
“Ô Seigneur, facilite-moi et inspire-moi de me montrer reconnaissant pour les bienfaits dont Tu m’as comblé et dont Tu as comblé mes parents.

“Facilite-moi d’œuvrer de manière à mériter Ton agrément et inclus-moi par Ta miséricorde parmi Tes serviteurs vertueux.” (Coran, 95:4)

J’en ai fini pour aujourd’hui. Jumu’a Mubarak. Soyons justes. Cultivons nos jardins. Wa salaam!
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“Béni soit Celui qui règne en Maître absolu sur la Création et qui a pouvoir sur toute chose. Celui qui a créé la mort e...
06/01/2024

“Béni soit Celui qui règne en Maître absolu sur la Création et qui a pouvoir sur toute chose. Celui qui a créé la mort et la vie afin de vous mettre à l’épreuve et de voir qui de vous accomplira les œuvres les plus méritoires.” (Coran, 67:1-2)
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Bon vendredi à toi. Un avion s’écrase et l’incident est fatal. Parmi les victimes, un chef de guerre téméraire. Et ainsi, la mort prouve encore qu’elle est impolitesse et n’a de respect pour personne. Ce qui inspire cette question pour mon introspection de ce vendredi: Pourquoi cette si fragile mortalité de l’humain?
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En tant que croyant, l’on regarde forcément avec un brin de raillerie, ou peut-être de sourire, la prétention des post-modernistes qui rêvent d’une vie qui n’en finisse jamais.

Comme dans ce film d’horreur—Frankenstein—même si la Silicon Valley parvenait un jour à mettre au point l’homme bionique inoxydable, ce sera (en fin de compte) au péril de l’humain dans cette vallée et au-delà.

L’immortalité, l’on en rêvera toujours comme de la machine à remonter le temps. Car, même pour les rocs, l’éternité ontologique sur terre est une futilité.

En tout cas, le “Saint Récital” nous dit sans fioritures: “Toute âme goûtera à la mort” (Coran, 3:187). Et pour le musulman, cette information est assez suffisante.

La question dès lors serait de savoir comment capitaliser sur les quelques années dont on dispose dans ce monde.

A priori, il va de soi qu’un bon usage de son séjour terrestre devrait écarter le croyant du type de chemin qui conduirait au business du meurtre et du massacre—allusion à la célèbre victime de l’incident aérien mentionné tantôt.

Mais les avatars de la vie peuvent amener l’homme à “traverser des Sibéries spirituelles” qui sont à même de le désorienter jusqu’à l’âme.

En revanche, l’homme restera à portée de la redemption (et vice versa) s’il peut se rappeler à tout moment que la vie et la mort—comme il en ressort du verset cité tant tôt—relèvent d’un ordre divin. La mort, la vie appartiennent au théâtre de l’épreuve.

Celui qui embrasse le principe inévitable de cette épreuve aura déjà réussi à moitié son séjour. Mais embrasser le principe de la mort?

Oui, mais il n’est pas question de “mourir d’avance”. Non, la vie est un présent du Divin. C’est une étape dont il faut j***r, une étape à ne pas brûler.

Seulement—pendant qu’on y est—l’on se souviendra de cette exhortation du Messager (Paix et salut sur lui) : “Sois de ce monde comme un étranger [de passage]”.

Et que comprendre par là?

Eh bien, cette exhortation du Hadith est une invitation à se réconcilier avec la mort, ce “démolisseur des plaisirs”.

Et pour le croyant, réussir cet exercice de réconciliation confère une liberté profonde, une sérénité totale—la fameuse “sakinah”, السكينة.

Et qui se fâcherait d’être aussi serein que l’Imam Al-Ghazzali qui, effleurant son dernier souffle, traça de sa main ces vers:

“Dis à mes amis, lorsqu'ils me verront mort,
Pleurant sur moi et me pleurant avec douleur:

‘Ne croyez pas que ce cadavre que vous voyez est moi-même,
Au nom de Dieu, je vous le dis, ceci n'est pas moi,

‘Je suis un esprit, et ceci n'est que chair,
C'était mon séjour, mon vêtement pour un temps.

‘Je suis un trésor, par un talisman caché,
Façonné de poussière, qui me servait de sanctuaire,

‘Je suis une perle, qui a quitté son coquillage désert,
Je suis un oiseau, et ce corps était ma cage,
D'où je suis maintenant sorti et il est laissé en gage,

‘Louange à Dieu, qui m'a maintenant libéré,
Et m'a préparé ma place dans les plus hautes sphères des Cieux,
Jusqu'à aujourd'hui j'étais un mort vivant au milieu de vous.’”

Sacrée Imam Ghazzali. Que peut répondre la mort à une telle témérité, celle du croyant ayant vécu en harmonie avec la conscience du Divin?

Voilà, c’est tout ce que j’avais à dire. Bon vendredi à tous. Soyons justes. Cultivons nos jardins. Wa salaam.
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“L’insensé m’apostrophe avec force laideurLui répondre, j’en ai horreur[Et face à mon silence], il gagne en stupiditéEt ...
06/01/2024

“L’insensé m’apostrophe avec force laideur
Lui répondre, j’en ai horreur

[Et face à mon silence], il gagne en stupidité
Et moi, en patience

Comme l’encens qui se magnifie
sous l’effet de la flamme.”

Avec ces vers de l’Imam Shāfi’i,
Je vous souhaite bon vendredi.

Tant que possible, réservons silence aux insensés.
Et que l’impertinence ne prospère par notre canal.

Encore une fois, bon vendredi.
Cultivons nos jardins.

Soyons justes.
Wa salaam.

“L’un de vous,” interroge le Saint Récital, “voudrait-il consommer la chair de son frère décédé? Non, car vous auriez ce...
06/01/2024

“L’un de vous,” interroge le Saint Récital, “voudrait-il consommer la chair de son frère décédé? Non, car vous auriez certainement en aversion [une telle aberration].” (Coran, 49:12)

C’est vrai. Pourtant, nous n’aurions aucune gêne à nous adonner à l’olympisme de la médisance, du mensonge, de la diffamation, de l’abus de la confiance des autres. Comment?

Eh bien, que racontons-nous souvent dans ces interminables conversations sur WhatsApp ou Messenger? Que déversons-nous dans les forums en ligne? Vers quoi dérivons-nous quand on se retrouve entre copains pour un week-end ou après quelques temps d’absence ?

Non, on est facilement champion dans ce sport du commérage même sans exercice, sans entraînement. Seulement, comme avec tout ce qui ne demande jamais aucun effort, il y a un problème évident.

Aux yeux d’Allah ﷻ, le venin que sécrète la parole gratuitement méchante et mensongère prononcée contre nos semblables n’est pas moins grave que le cannibalisme qui nous repousserait.

D’où cette injonction du Divin: il faut éviter ces inlassables suspicions; puisqu’il y a de ces suspicions qui ne sont que vice. (Coran, 49:12)

C’est pour promouvoir chez le croyant le type de caractère qui met à l’abri contre le “cannibalisme par la parole” que la tradition islamique fait du silence une vertu.

Mais au-delà, le silence remplit une plus grande fonction spirituelle; il prévient contre la pollution du cœur et de l’esprit, ouvrant un boulevard intérieur de sauvegarde du lien de piété avec Dieu.

Le silence. Que l’on minimise fort bien ce formidable instrument de sagesse.

Ce grand scientifique avait raison qui disait, “La vérité est fille du silence et de la méditation ininterrompue.” La vérité comme une quête. Mais aussi la Vérité comme attribut de Dieu—الحقّ.

C’est pour dire à quel point le silence n’est pas juste que silence. Le silence est une couveuse salvatrice. Il est promesse de savoir, de régénerescence, de sagesse, d’harmonie, de paix, de bonheur, d’accomplissement, d’épanouissement.

Ainsi, Hassan Al-Basri en dit assez quand il observe que “le silence est d’or et la parole d’argent.” Puisque le silence est une voie royale pour se faire entendre d’Allah ﷻ.

Mais qu’on s’entende bien: le silence est pernicieux quand la prise de parole devient une exigence éthique.

Parler s’impose quand l’oeuvre de justice en dépend; quand il s’agit de promouvoir le recommendable (Al-ma’rūf — المعروف) ou de décourager le répréhensible (Al-munkar —المنكر).

Bref, Qu'Allah ﷻ nous fasse la grâce du discernement; la grâce d’une sagesse acquise par le silence; qu’Il nous donne l’intelligence de toujours réfléchir avant de l’ouvrir.

Voilà, c’est tout ce que j’avais à dire. Bon vendredi à tous. Soyons justes. Cultivons nos jardins. Wa salaam.

Dans le Saint Récital, Allah ‎ﷻ nous interpelle sur la perfection de la créature humaine, dotée d’une vue, d’une ouïe, d...
06/01/2024

Dans le Saint Récital, Allah ‎ﷻ nous interpelle sur la perfection de la créature humaine, dotée d’une vue, d’une ouïe, d’une raison… créature dotée du libre arbitre par lequel elle choisira soit le chemin des vices et ténèbres, soit celui de la vertu et lumières.

Les vices et ténèbres, c’est le choix par défaut. Autrement dit, il n’est guère difficile d’être vicieux—on vogue avec aisance dans ce qui conduit à sa perte physique, morale ou à celle des autres.

Le vrai combat de l’être, c’est celui qui le conduira vers la vertu. Ce combat qui ne retranche rien à personne; ce combat qui augmente en chacun ce qu’il a d’humanité.

En ce vendredi—demain, après-demain, toujours—puissions-nous choisir ce chemin-là.

En tout cas, selon un Hadith de Habib Al-Mustapha, rapporté par ibn 'Asim Al-Ash'ari, chacun—chaque jour au réveil—se retrouve de plein pied dans un négoce, et la marchandise sur l’étal est l’âme à soi.

Par ses gestes, ses pensées, ses délibérations, il rachètera cette marchandise, ou la passera pour pertes et profits.

Puissions-nous être de ceux qui réussissent l’exercice du rachat. Puisse Allah nous garder de la confusion de ceux qui n’ont à offrir que la futilité de l’éternelle deconstruction.

Puisse la patience nous servir d’indice d’une clarté mentale et spirituelle. Puissions-nous garder de vue l’essentiel.

Cultivons nos jardins. Soyons toujours du côté de la justice. Gardons le silence quand on n’a rien de bon à raconter. Sur ce, bon vendredi. Wa salaam.

Bon vendredi à tous. Il y a simulacre de générosité, quand nous venons au secours de l’homme au prix de sa dignité.Nous ...
06/01/2024

Bon vendredi à tous. Il y a simulacre de générosité, quand nous venons au secours de l’homme au prix de sa dignité.

Nous ne rendons vraiment aucun service à l’humain qui reçoit de nous une grâce, et qui devrait affronter l’humiliation d’en entendre parler sur tous les toits.

Non, l’on ne peut être généreux pour la “Face d’Allah”, tout en tenant à alimenter en nous l’égo concupiscent. Et là-dessus le “Saint Recital” est sans équivoque. Lisez:

“Ô vous qui avez cru ! N’annulez pas vos aumônes par le rappel ostentatoire ou par le tort [de la condescendance humiliante],

“Tel celui qui dépense son bien par exhibition devant les gens, et qui ne croit pas en Allah et au Jour Dernier.

“Il est à l’image d’un rocher recouvert de terre : il suffit qu’une averse l’atteigne pour le mettre à nu.

“[Les adeptes de l’ostentatoire) ne pourront récolter aucun fruit de leurs œuvres, et Allah ne guide tout peuple négateur. (Coran, 2:264).”

L’on devrait savoir que cette discrétion qu’exige le Tout-Puissant est destinée à magnifier et attendrir le geste généreux.

Car c’est une forme de violence quand nous usons de nos faveurs pour nous faire de la publicité aux dépens de ceux qui en reçoivent.

Bref, il y a une éthique de la charité. Au-delà de la religion, tout humaniste digne de ce nom devrait se l’imposer.

Puissions-nous être de ceux qui donnent sans rien espérer en retour. Puisse Allah nous garder de la confusion de ceux qui n’ont à offrir, sauf la futilité de l’éternelle deconstruction.

Cultivons nos jardins. Soyons toujours du côté de la justice. Gardons le silence quand on n’a rien de bon à raconter. Sur ce, bon vendredi. Wa salaam.

Bon vendredi à tous. Et sans transition: Abstenons-nous de polémiquer avec qui que ce soit sur Dieu, sur la question de ...
06/01/2024

Bon vendredi à tous. Et sans transition: Abstenons-nous de polémiquer avec qui que ce soit sur Dieu, sur la question de la foi, sur le message de l’Islam.

S’il vous faut répondre du tout à un outrecuidant, dont la négation du Transcendant est aussi ou plus abyssale que le Grand Canyon vu d’en haut, ceci devrait suffire:

“Ceci (Le Message Divin) est la Vérité émanant du Seigneur. Croira donc qui voudra et mécroira qui voudra.” (Coran, 18:29).

Les polémiques métaphysiques sont des distractions. Elles vous ralentissent même au boulot, font interférence avec les projets qui vous tiennent à cœur, affectent la météo de l’esprit.

Ceux qui tentent de nous détourner du Transcendant ne nous invitent qu’à un néant existentiel—à des dieux de leurs propres inventions, appelant souvent au culte du moi, ou pire.

N’envions à personne sa dérégulation du vice et et son bricolage éthique.

Ce qu’une telle personne peut accomplir, le croyant au Transcendant—avec un plan et autant d’application et d’abnégation—l’accomplira aussi et pour le meilleur.

Pour le meilleur, parce que l’homme au cœur aiguillé sur le Transcendant ne cherche jamais à subjuguer, violenter, terroriser. L’on ne dira pas autant de celui qui tente de ramener l’univers à ses desiderata.

Ne polémiquez pas, je dis. Mais le respect toujours. Ou l’indifférence tout au moins.

Nous devons respecter les croyances des autres, même si nous ne les partageons pas. Mais nous n’avons pas la garantie du réciproque.

L’idée donc est de ne pas donner de l’importance à tout caractère qui voudrait nous vendre ses propres abîmes psychologiques, tout en cherchant à nous tourner en ridicule.

Encore, une foi: “Ceci (Le Message de l’Islam) est la Vérité émanant du Seigneur. Croira donc qui voudra et mécroira qui voudra.” (Coran, 18:29).

Bref, soyons concentrés.
Cultivons nos jardins.
Puisse Allah nous garder de la confusion de ceux qui n’ont à offrir, sauf la futilité de l’éternelle deconstruction.
Et sur ce, bon vendredi. Wa salaam.

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