21/08/2024
MONDIALISATION
Définition de la mondialisation
Etymologie : du latin "mundus", univers.
La mondialisation (ou globalization pour les anglo-saxons) est le processus d'ouverture de toutes les économies nationales sur un marché devenu planétaire. La mondialisation est favorisée par l'interdépendance entre les hommes, la déréglementation, la libéralisation des échanges, la délocalisation de l'activité, la fluidité des mouvements financiers, le développement des moyens de transport, de télécommunication…
Les entreprises multinationales déterminent leurs choix stratégiques (localisation, approvisionnements, financement, circuits de commercialisation, recrutements, débouchés, investissements...) à l'échelle mondiale, en comparant les avantages et inconvénients que leur procurent les différentes solutions nationales possibles.
Le terme de "mondialisation" est surtout utilisé dans le domaine économique, mais celle-ci touche à toutes les activités humaines : industrie, services, commerce, politique, social... Elle concerne aussi la communication et les échanges entre tous les individus de la Terre devenue "village planétaire" et entre les différentes cultures.
Il devient alors très difficile de fonctionner dans un marché uniquement national.
Arguments des partisans de la mondialisation
Elle est une étape nécessaire pour permettre aux pays du tiers-monde de devenir des pays industrialisés et développés, et ne plus être seulement des exportateurs de matières premières. Par les échanges interculturels, elle permet à l'homme d'ouvrir ses horizons.
Les défenseurs de la mondialisation néolibérale la présentent comme inéluctable, irréversible et incompatible avec les Etats-nations. Ces derniers sont stigmatisés en tant que structures trop anciennes et inadaptées, devant être remplacées par un gouvernement mondial.
Critiques faites à la mondialisation :
• La déréglementation des économies nationales ;
• La libéralisation exagérée des échanges ;
• L’hégémonie des grandes entreprises multinationales ;
• La normalisation des rapports humains et la disparition des particularités ;
• L'émergence d'un standard culturel,
• L’atteinte à l'environnement et le réchauffement climatique.
Trois mondialisations successives
Dans sa Géographie de la mondialisation (2002), Laurent Carroué définit la mondialisation comme "le processus historique d’extension progressive du système capitaliste dans l’espace géographique mondial".
Il identifie trois mondialisations successives depuis les Grandes Découvertes.
Au XVIe siècle, les Grandes Découvertes mettent en relation l’Ancien monde et le Nouveau monde. L’Espagne et le Portugal construisent de vastes empires, Madrid et Lisbonne deviennent les centres du monde. L’Océan Atlantique remplace la Méditerranée comme lieu essentiel des échanges.
La première mondialisation repose sur l’internationalisation des échanges entre Etats nations. Les échanges commerciaux s’effectuent à l’échelle mondiale et non plus à l’échelle régionale.
La première mondialisation est portée par le capitalisme marchand (exemple des Fugger)
Au XIXe siècle, en lien avec la colonisation et l’industrialisation européennes, débute la deuxième mondialisation : celle de la mondialisation du capitalisme industriel. Londres et le Royaume-Uni deviennent le centre d’une première économie-monde. Les échanges augmentent en volume. Une première division internationale du travail se met en place entre les pays colonisés (qui fournissent les matières premières) et les pays industrialisés (qui transforment ces matières premières en produits manufacturés qu’ils commercialisent ensuite dans le monde). Cette 2ème mondialisation est celle de la Trans nationalisation c’est-à-dire la multiplication des échanges et implantations à l’étranger.
Depuis 1945, les échanges progressent et plus vite que la production de richesse. Cette progression est le résultat de :
• la généralisation du libre échange
• la mise en place du GATT en 1947
• la création de l’OMC en 1995
Débute une 3ème mondialisation : la mobilisation financière. Le secteur financier domine les autres secteurs de l’économie. Le centre du monde se déplace vers les Etats-Unis qui deviennent la nouvelle économie-monde. Après 1990, cette mondialisation financière s’accélère avec l’effondrement du bloc soviétique et l’affirmation de puissances émergentes dans une économie-monde devenue multipolaire.
Mondialisation / Globalisation : l’apparition de concepts
Le terme mondialisation apparait au début du XXème siècle. Il est employé par Pierre de Coubertin en 1904. Utilisé avec des guillemets, il relève du néologisme. Il est utilisé en 1916 par un juriste belge, Pierre Otlet, qui dans le contexte de la Première Guerre Mondiale, interroge sur la nécessité de gérer collectivement les ressources mondiales afin de prévenir les guerres.
Les termes se généralisent et s’imposent dans les années 1980. Mondialisation et globalisation correspondent aux choix faits dans les années 1980 par les Etats-Unis et le Royaume-Uni (sous respectivement Reagan et Thatcher) : politiques de déréglementation au profit du libre-échange. Après la Banque mondiale et le FMI créés en 1944 et 1945, l’OMC nait en 1995. L’objectif central est d’assurer l’ouverture du commerce dans l’intérêt de tous.
Le géographe Théodore Levitt diffuse largement le terme globalisation à partir de 1983. Il affirme l’avènement de la firme globale structurée (incluant une multi localisation).
En France, l’utilisation du terme mondialisation se distingue de celle de globalisation (qui désigne plus spécifiquement la mondialisation financière. La globalisation renvoie à la métamorphose d’un capitalisme émancipé du cadre national et financiarisée.
En 1991, Saskia Sassen montre que l’économie globalisée est ancrée dans quelques villes dont New York, Londres et Tokyo. Il établit une hiérarchie et un classement des villes. Le géographie Dollfus et l’économiste Veltz font référence à l’image de l’ « archipel mondial » pour évoquer la « connexion » entre les métropoles à l’échelle mondiale. On parle d’Archipel Métropolitain Mondial. En 2017, M. Lussault actualise cette idée en développant la notion d’ « hyper-lieux » comme nouvelle configuration spatiale de la mondialisation.
Caractéristiques
La mondialisation est un processus continu d'intensification et de fluidification des échanges qui entraine et accentue les phénomènes de diffusion et d’homogénéisation, qui met en concurrence les territoires et alimente des mouvements de contestations. La mondialisation fait intervenir des acteurs variés et pose la question d’une gouvernance mondiale.
• Une intensification des échanges de marchandises
Le commerce international s’est considérablement accru depuis le milieu du XXe siècle, la valeur des exportations passant de 9% du PIB en 1950 à 26% en 2002.
Si les flux de matières premières et des sources d’énergie sont toujours aussi importants en volume (2 milliards de tonnes de pétrole, 100 millions de tonnes de blé échangés en 2002), ils ne sont plus prépondérants. En valeur ces flux ne réalisent plus qu’environ 10% du commerce international.
Le flux des produits manufacturés est celui qui progresse le plus. Il représente les 3/4 des échanges mondiaux.
Les échanges de services dans le monde progressent très rapidement depuis un quart de siècle (en 2002, 1 500 milliards de dollars de services échangés soit 21% de la valeur du commerce mondial). Cette progression est liée au développement technologique qui facilite la diffusion des services.
• de flux informels
L'information, flux de capitaux, licites ou illicites, investissements directs à l’étranger (IDE) et les capitaux purement spéculatifs
L’effet de la mondialisation est le plus sensible dans le domaine des flux informels. L’information et les capitaux circulent de plus en plus vite – plus facilement que les hommes et les biens matériels – et sur des distances de plus en plus grandes.
• Des hommes
Les mobilités humaines sont également en constante augmentation. Le nombre de migrants internationaux comme le nombre de touristes internationaux ont doublé entre 1990 et 2014.
Les mobilités concernent :
les flux de travailleurs migrants (les migrations se sont complexifiées avec l’appel de main-d’œuvre de certains pays émergents, la chute du communisme et la fermeture des frontières dans les pays développés)
le tourisme de masse
les réfugiés
Un monde hiérarchisé et asymétrique
Selon L. Carroué, la mondialisation conduit à un monde hiérarchisé : une économie marchande dominante réussit à imposer ses logiques aux autres économies grâce à son dynamisme économique et social, et une domination intellectuelle et idéologique. (exemples : l’Espagne de Philippe II, le Royaume-Uni au XIXème siècle, les Etats-Unis au XXème).
La mondialisation met en œuvre des rapports d’intégration entre centre (qui domine, comme la Triade) – périphéries (plus ou moins intégrées) – marges (délaissées ou évitées).
La mondialisation produit un monde asymétrique : les pays de l’OCDE représentent 20 % de la population de la planète mais 80 % des richesses mondiales. Jamais la planète n’a été aussi riche mais la moitié de la population mondiale vit avec moins de 2 $ par jour.
La mondialisation en quelques dates
On ne peut évidemment pas résumer la mondialisation en quelques dates, car le phénomène est le fruit du développement des échanges entre les sociétés humaines durant toute leur histoire. Mais quelques grandes dates ou périodes permettent de comprendre le développement des échanges autour du monde :
• 500 av. J.-C. : La création de la route de la soie, un réseau commercial qui reliait l’Asie de l’Est à l’Europe via le Moyen-Orient.
• 332 av. J.-C. : La conquête d’Alexandre le Grand de l’Égypte, qui a facilité le commerce entre l’Europe et l’Asie.
• 117-138 : Le règne de l’empereur romain Hadrien, qui a promu les échanges commerciaux et culturels à travers l’Empire romain.
• 618-907 : La dynastie Tang en Chine, qui a favorisé les échanges commerciaux avec l’Asie centrale et l’Inde.
• 711 : La conquête musulmane de l’Espagne, qui a ouvert de nouvelles voies commerciales entre l’Europe et le monde musulman.
• 1258 : La prise de Bagdad par les Mongols, qui a perturbé le commerce le long de la route de la soie mais a également contribué à la diffusion de nouvelles voies commerciales, et entraîné une période de changements profonds des échanges entre l’Europe et l’Asie.
• 1492 : La découverte de l’Amérique par Christophe Colomb, qui marque le début de la colonisation européenne des Amériques et l’ouverture de nouvelles voies commerciales.
• 1602 : La création de la Compagnie des Indes orientales hollandaises, qui marque le début de l’expansion européenne en Asie et constitue l’un des premiers exemples d’entreprise transnationale ou « multinationale ».
• 1815 : La fin des guerres napoléoniennes, qui a conduit à la création de l’Union douanière allemande et a encouragé le développement du commerce en Europe.
• 1839-1842 : Les guerres de l’opium en Chine, qui ont abouti à la défaite de la Chine et à l’ouverture de ses ports aux puissances occidentales.
• 1869 : L’achèvement du canal de Suez, qui facilite le commerce entre l’Europe et l’Asie.
• 1870-1914 : La période de la première mondialisation, caractérisée par une forte croissance économique, l’industrialisation et une augmentation des échanges internationaux, notamment entre les puissances occidentales.
• 1944 : La création du système de Bretton Woods, qui a établi un système monétaire international fondé sur le dollar américain.
• 1947 : La création du GATT (Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce), qui a établi un cadre de négociation pour la réduction des barrières commerciales.
• 1945 – 1965 : La décolonisation, qui permet à de nombreux pays de prendre leur indépendance des grandes puissances européennes et participe à créer un monde de plus en plus « multi-polaire ».
• 1985 : La signature de l’accord de Schengen, qui a supprimé les contrôles aux frontières entre plusieurs pays européens et a favorisé la circulation des biens et des personnes.
• 1995 : L’entrée en vigueur de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), qui a pour but de promouvoir le commerce international et de réglementer les relations commerciales entre les pays membres.
• 2001 : L’adhésion de la Chine à l’OMC, qui a entraîné une augmentation spectaculaire de la participation de la Chine au commerce mondial.
Ces dates ne sont que quelques exemples parmi de nombreux autres événements importants qui ont façonné le processus de la mondialisation.
Les différents aspects de la mondialisation en fonctionnement
On parle souvent de la mondialisation comme un phénomène économique et financier (avec le développement du commerce et des échanges monétaires et financiers) mais le phénomène englobe un champ bien plus large que celui de la simple circulation des biens et services et des capitaux.
La mondialisation a en fait plusieurs volets :
• La mondialisation économique : développement des échanges commerciaux, avec des acteurs transnationaux comme les entreprises transnationales.
• La mondialisation financière : émergence d’une finance mondiale, avec échanges financiers internationaux, échanges monétaires…
• La mondialisation culturelle : interpénétration des cultures dans toute leur diversité, mais aussi émergence d’une supraculture mondialisée.
• La mondialisation politique : développement et influence croissante des organisations internationales telles que l’ONU ou l’OMS, ainsi que des ONG.
• La mondialisation sociologique : circulation de l’information en temps réel, interconnexion et interdépendance des événements et de leurs conséquences.
• La mondialisation géographique : nouvelle organisation et hiérarchisation des différentes régions du monde, en constante évolution
En toute rigueur, il conviendrait ainsi de parler « des » mondialisation« s », afin de distinguer le domaine considéré (économie, culture, politique) et la période historique envisagée.
La forme actuelle de la mondialisation de la fin du XXe siècle et du XXIe siècle repose sur deux facteurs essentiels :
• la faiblesse des coûts de transport au regard des écarts des coûts de production (au sens économique du terme), qui touche les biens matériels,
• la baisse des coûts de communication au niveau mondial, qui touche la diffusion sous forme numérique des information, y compris financières.
En 2006, des chercheurs de l’École Polytechnique Fédérale de Zurich en Suisse proposent un indicateur composite visant à mesurer le degré de mondialisation économique et sociale d'un pays: l’indice de mondialisation KOF
La mondialisation économique : le moteur de la globalisation
Définition : La mondialisation économique est l'accélération, à l'échelle mondiale, des échanges de biens et de services rendue possible grâce à la levée progressive des entraves au commerce dans le cadre de l’accord général sur tarifs douaniers et le commerce (GATT) puis de l’organisation mondiale du commerce (OMC) depuis 1995 et par le développement des moyens de transport et de communication.
Historiquement, il semble que la mondialisation économique soit la première dimension de la mondialisation. Ce sont en effet les échanges commerciaux qui ont alimenté la dynamique des interactions entre les différentes parties du monde.
À partir des années 1960 et surtout 1970 c’est l’ouverture des économies mondiales et le développement des politiques de libre-échange qui ont vraiment lancé l’accélération de la mondialisation. Entre 1950 et 2010, les exportations mondiales ont ainsi été multipliées par 33 ce qui a contribué largement à augmenter les interactions entre les différents pays et régions du monde.
Les étapes de la mondialisation du XXe siècle sur le plan économique
La mondialisation économique contemporaine est apparue en trois étapes, qui tendent en fait à se chevaucher:
• Internationalisation des flux financiers et commerciaux
• Implantations à l'étranger des entreprises
• Globalisation de l'économie
En 2006, des chercheurs de l’école Polytechnique Fédérale de Zurich en Suisse proposent un indicateur composite visant à mesurer le degré de mondialisation d'un pays: l’indice de mondialisation KOF Cet indicateur, parmi les plus utilisés dans la littérature économique internationale, mesure notamment l'intégration économique internationale. Il mesure la présence d'un pays dans l'économie mondiale en évaluant ses flux commerciaux (importations et exportations) et ses investissements directs étrangers.
La mondialisation financière :
Définition : La mondialisation financière désigne la constitution d'un marché régional intégrant des financements extérieurs. C'est une tendance qui s'est développée durant la seconde moitié du XXe siècle et plus encore à partir du début des années 1970 dans le cadre du phénomène dit de mondialisation.
Le volet financier de la mondialisation comporte au moins trois dimensions :
• géographique (mobilité des capitaux d'un pays à un autre) ;
• fonctionnelle (le marché des capitaux était compartimenté : marché monétaire et marché des changes, marché boursier lui-même divisé entre celui des actions de sociétés et celui des obligations publiques et privées, etc) ;
• et temporelle (les marchés fonctionnent aujourd'hui 24/24 H et de plus en plus en temps réel).
Les flux financiers forment le secteur le plus bouleversé par l’interopérabilité mondiale et les technologies de l’information d'où leur rôle important dans les phénomènes de mondialisation en général.
Caractéristiques de la mondialisation financière
Sous l'influence des différents acteurs, le FMI et la Banque mondiale (consensus de Washington, 1989), ainsi que de la Communauté européenne (les quatre libertés de l’acte unique, 1986) les marchés ont subi à la fin du XXe siècle une triple évolution (parfois nommée « les 3 D »):
• Déréglementation, abolition du contrôle des changes et des restrictions aux mouvements de capitaux, elle favorise les innovations financières ;
• Désintermédiation ou accès direct des opérateurs aux sources de financement sans passer par des intermédiaires ;
• Décloisonnement, c’est-à-dire éclatement des compartiments qui existaient que ce soit du point de vue géographique, fonctionnel ou temporel.
Aujourd'hui une sphère financière mondialisée existe au cœur de l'économie mondiale.
Conséquences de la mondialisation financière
La mondialisation financière a favorisé le financement de certaines entreprises et celui des balances des paiements. En supprimant les obstacles à la circulation des capitaux, elle a donné une impulsion sans précédent aux marchés financiers.
Traitées et rapidement diffusées à l'échelle mondiale, les informations financières créent des phénomènes de spéculations pouvant devenir excessifs, et de fraude parfois, ainsi qu'une forte volatilité des capitaux.
Elles apportent une fluidité des investissements en fonction des perspectives économiques, mais leurs effets sont parfois considérés comme devenus incontrôlables par le système bancaire et le système financier international, augmentant le risque de crise financière comme dans le cas de la crise dite « crise de 2008 »
La mondialisation Culturelle :
Définition : la mondialisation culturelle représente le processus par lequel un système culturel local réussit à étendre son influence dans plusieurs aires géographiques et, ce faisant, à acquérir la capacité de désigner d'autres systèmes culturels comme locaux.
Avantages et inconvénients de la mondialisation culturelle
La mondialisation culturelle : un phénomène à double tranchant. D’un côté, elle permet la diffusion rapide des arts, des traditions et des idées à travers le monde, favorisant ainsi l’enrichissement mutuel des différentes cultures. Cependant, elle peut également entraîner une uniformisation culturelle, la disparition des traditions locales et une domination culturelle des pays les plus puissants. Dans cet article, nous explorerons les avantages et les inconvénients.
La mondialisation culturelle a plusieurs avantages :
1) Échange culturel : La mondialisation permet une diffusion plus large des différentes cultures à travers le monde. Grâce à la technologie de l’information et de la communication, il est désormais possible d’accéder facilement à des œuvres artistiques, musiques, films, livres provenant de divers pays et régions. Cela favorise les échanges culturels et enrichit la diversité culturelle.
2) Tolérance et compréhension : En exposant les individus à différentes cultures, la mondialisation contribue à favoriser la tolérance et la compréhension entre les peuples. Les gens ont l’opportunité de découvrir les différences et les similitudes culturelles, ce qui peut encourager le respect mutuel et réduire les préjugés.
3) Accès à l’information : Grâce à la mondialisation, il est aujourd’hui possible d’accéder à une quantité importante d’informations provenant de partout dans le monde. Les sites de nouvelles internationaux sont de plus en plus accessibles, ce qui permet aux individus de se tenir informés des événements se déroulant dans d’autres pays. Cela favorise une meilleure compréhension de la réalité mondiale et encourage un sentiment d’appartenance à une communauté mondiale.
4) Diffusion des langues étrangères : La mondialisation favorise également la diffusion des langues étrangères. De nombreuses personnes apprennent des langues telles que l’anglais, l’espagnol, le chinois, etc. pour pouvoir communiquer avec des personnes de différentes cultures. Cela encourage l’apprentissage des langues et facilite la communication à l’échelle mondiale.
En conclusion, la mondialisation offre de nombreux avantages sur le plan culturel en favorisant les échanges culturels, la tolérance et la compréhension entre les peuples, en permettant un accès facile à l’information et en favorisant la diffusion des langues étrangères.
La mondialisation culturelle a plusieurs inconvénients :
• La standardisation culturelle est l’un des impacts les plus visibles de la mondialisation. Avec la diffusion rapide des produits culturels à travers le monde, les traditions et les valeurs spécifiques à chaque société ont tendance à s’estomper. Par exemple, la popularité croissante des chaînes de restauration rapide dans le monde entier peut conduire à une perte de la diversité culinaire traditionnelle.
• L’homogénéisation des modes de vie est également une conséquence de la mondialisation. Les influences culturelles dominantes, souvent véhiculées par les médias internationaux, peuvent conduire à une adoption généralisée de modes de vie similaires, ce qui entraîne une perte d’identité culturelle unique pour de nombreuses sociétés.
• La domination des grandes entreprises dans le secteur culturel peut restreindre l’accès à la création et à la diffusion des œuvres artistiques et culturelles. Les petits artistes locaux peuvent avoir du mal à rivaliser avec les produits culturels produits en masse par les grandes industries. Cela peut entraîner une uniformisation des productions culturelles et une diminution de la diversité artistique.
• La disparition des langues et des dialectes locaux est un autre effet négatif de la mondialisation sur la culture. L’anglais, en tant que langue dominante des affaires et de la communication internationale, tend à supplanter les langues régionales et autochtones. Cela peut entraîner une perte de richesse linguistique et une diminution de la diversité culturelle.
En conclusion, bien que la mondialisation puisse apporter certains avantages économiques, elle comporte également des effets négatifs sur la culture. La standardisation, l’homogénéisation, la domination des grandes entreprises et la disparition des langues locales sont autant de conséquences préoccupantes qui nécessitent une réflexion sur le maintien de la diversité culturelle dans un monde globalisé.
Remarques importantes :
La mondialisation culturelle présente à la fois des avantages et des inconvénients. D’un côté, elle favorise l’échange et le partage des différentes cultures à travers le monde, permettant ainsi une meilleure compréhension et tolérance entre les peuples. De plus, elle permet l’accès à une plus grande diversité de produits culturels, tels que les films, la musique et la littérature, offrant ainsi une plus grande richesse culturelle.
D’un autre côté, la mondialisation culturelle peut entraîner une uniformisation des cultures et une perte de l’identité culturelle propre à chaque pays. La domination des grandes industries médiatiques internationales peut également conduire à une monopolisation de la culture, limitant ainsi la diversité des expressions artistiques.
Il est important de souligner que la mondialisation culturelle ne doit pas être considérée comme un phénomène exclusivement négatif ou positif, mais plutôt comme un processus complexe qui nécessite une réflexion critique et une prise de conscience des conséquences. Il est essentiel de promouvoir un équilibre entre la valorisation des cultures locales et la reconnaissance de l’importance des échanges internationaux.
NB : La mondialisation culturelle offre des opportunités d’échanges et de découvertes, tout en présentant des défis à relever. Il est primordial de préserver la diversité culturelle et de favoriser un dialogue interculturel pour garantir une mondialisation culturelle équilibrée et respectueuse de toutes les identités.
Les impacts de la mondialisation culturelle :
La mondialisation culturelle a un impact significatif à l’échelle mondiale. D’une part, elle favorise la diffusion et l’adoption de différentes pratiques culturelles à travers le monde. Les films hollywoodiens, la musique pop internationale et les marques de mode mondiales sont des exemples de produits culturels qui se sont répandus grâce à la mondialisation.
Cependant, cette diffusion culturelle peut également entraîner une uniformisation des cultures. En raison de la domination des industries culturelles occidentales, certaines traditions et pratiques locales peuvent être éclipsées ou même disparaître.
Par exemple, dans de nombreux pays, la musique locale traditionnelle est souvent remplacée par des genres musicaux plus populaires ou commerciaux. De plus, la montée en puissance des plateformes de streaming et des réseaux sociaux a amplifié cette tendance à l’uniformisation, car elles facilitent l’accès instantané à une grande variété de contenus culturels, ce qui peut conduire à une homogénéisation des goûts et des préférences.
De plus, la mondialisation culturelle a également conduit à des conflits. Certaines cultures perçoivent l’influence étrangère comme une menace pour leur identité et leurs traditions. Ces conflits se manifestent souvent dans des débats sur la préservation de la diversité culturelle et la nécessité de protéger les industries culturelles nationales.
Enfin, il convient de souligner que la mondialisation facilite également les échanges culturels entre les différentes régions du monde. Les technologies de communication permettent aux artistes, écrivains et créateurs de contenu d’interagir et de collaborer plus facilement, ce qui favorise l’émergence de nouvelles formes d’expression culturelle hybrides et transnationales.
Mondialisation idéologiques
Conception conflictuelle et pluralisme de la mondialisation
Aussitôt que la mondialisation s’est imposée comme phénomène planétaire, deux conceptions, « unitaire » et « conflictuelle et plurielle » s’affrontent autour de l’explication de ce phénomène.
Conception unitaire
Selon la conception unitaire, la mondialisation évoque la notion d’un monde uni, d’un monde formant un village planétaire, d’un monde sans frontières. Ceci dans une approche géographique, idéologique ou économique. Cette conception est soutenue au moins en partie par des organisations internationales ou institutions internationales (notamment le FMI, l’OMC et autres), par le courant idéologique notamment du mondialisme. Elle est également partagée par quelques analystes.
Définir la mondialisation comme l’unification du monde signifie qu'il est question de l’interpénétration des cultures, des technologies et des économies (intégration dans l’économie mondiale). De ce fait, les expressions comme culture mondiale ou civilisation mondiale, gouvernance mondiale, économie mondiale, voire citoyenneté mondiale sont de plus en plus utilisées.
La conception qui définit la mondialisation comme l’unification du monde contient par ailleurs une position intellectuelle qui prône plus d’ouverture pour arriver à une paix mondiale, et pour certains auteurs une suppression totale des frontières. En revanche, même si cette conception présenterait l’avantage de créer dans l’homme le germe de l’espoir, elle resterait cependant restrictive dans la mesure où elle négligerait les autres manifestations de la mondialisation.
Conception conflictuelle et pluraliste
Opposée à la conception unitaire, la conception conflictuelle et pluraliste considère la forme actuelle de la mondialisation comme une source de nos problèmes. Elle met en avant une approche de coopération plutôt que de mise en concurrence, qui est le principe de base de la forme actuelle de la mondialisation. Les partisans de cette conception se situent notamment dans les courants altermondialiste et antimondialiste. Elle est également partagée par quelques analystes indépendants. Les problèmes que pose cette approche de la mondialisation sont ceux de l'hétérogénéité, de l'incompatibilité, de la fragmentation et de l'intégration, de l'ordre et du désordre, de l'inégalité, de l'exclusion et de la solidarité, de la domination, de l'exploitation, des affrontements idéologiques et des relations humaines qui sont souvent régies par des rapports de force.
Cette conception présenterait selon ses tenants l’avantage d’appréhender un peu plus clairement les éléments divers de ce phénomène aux multiples aspects alors que la première s’articulerait autour d’un seul point de vue. Du fait d’être défendue par les altermondialistes, cette conception est généralement vue comme une théorie économique et sociale proche du socialisme, notamment parce qu'elle prend la défense des plus pauvres. La vision de l'altermondialiste est davantage de coopération que de mise en concurrence des populations
Mondialisation et inégalités entre pays
On constate ainsi que les inégalités ont récemment décru entre les pays, en particulier sous l’effet du rattrapage économique des pays émergents (Chine, Inde notamment), mais qu’elles se sont creusées au sein des pays eux-mêmes. De toute évidence, les inégalités de niveaux de vie demeurent considérables entre les nations, très au-delà de ce qu’une communauté nationale pourrait accepter sans fortes tensions sur le pacte social. Le niveau de vie des 10% les plus pauvres du monde (comme l’Ethiopie) reste en moyenne quatre-vingt-dix fois inférieur au niveau de vie des 10% les plus riches du monde (aux Etats-Unis par exemple). Selon les critères de la Banque mondiale, en 2005, 1,4 milliard de personnes vivaient encore avec moins de un euro par jour, soit 20% de la population mondiale. Les inégalités de niveaux de vie avaient continûment augmenté au cours du XIXème siècle et tout au long de la première moitié du XXème siècle, sous l’effet de la Révolution industrielle : l’écart de richesse entre les 10% les plus riches du monde et les 10% les plus pauvres a été multiplié par trois de 1820 à 1980, même si les inégalités ont légèrement décru après la Seconde Guerre mondiale sous l’effet des politiques redistributives mises en place par les pays d’Europe continentale. Si 1/5ème de la population mondiale reste confronté à la pauvreté, la réduction des inégalités mondiales a été spectaculaire depuis les années 1980, même si un grand renversement s’est opéré avec le creusement des inégalités internes aux pays, y compris au sein des pays émergents : « on entrerait alors dans un processus « d’internalisation » de l’inégalité mondiale au sein des communautés nationales, l’inégalité entre Américains et Chinois se voyant progressivement remplacée par l’inégalité entre riches et pauvres Américains et riches et pauvres Chinois ». La crise n’a d’ailleurs que peu affecté l’évolution des inégalités à l’échelle mondiale puisque les pays émergents semblent solidement installés sur un trend de croissance vigoureux, très supérieur à celui des économies avancées.
Pour François Bourguignon, elle a très certainement contribué à réduire les inégalités entre pays, en permettant à un certain nombre de pays en développement de converger vers le niveau de vie des pays développés ; mais elle semble aussi avoir participé à la hausse rapide et récente des inégalités au sein de chacun des pays. Cette dernière dynamique n’est pourtant pas une fatalité, et peut être affrontée par les États, sans avoir à recourir à l’arme dangereuse du protectionnisme.
Baisse de l'inégalité mondiale, hausse des inégalité nationales
Le mouvement de réouverture des inégalités internes constitue une tendance générale dans les pays à hauts revenus de l’OCDE depuis les années 1980, en particulier aux Etats-Unis : entre 1979 et 2009, le revenu moyen des ménages américains a augmenté au total de 50%, même si la croissance n’a été que de 10% pour le quintile inférieur, tandis qu’elle dépassait 100% pour le décile supérieur. Dans tous les pays avancés, le creusement des inégalités internes de revenus primaires et de salaires s’explique en particulier par la forte progression des plus hautes rémunérations. Si ce phénomène a également touché la France, son impact a été limité par l’existence du salaire minimum qui a freiné l’aggravation des inégalités salariales, même si l’inégalité face au chômage s’est accrue, sur un marché du travail fortement segmenté entre les titulaires de CDI et d’emplois atypiques. Les pays émergents sont également touchés par une aggravation des inégalités internes, à l’instar de la Chine, et ce dans l’ensemble des secteurs économiques et géographiques. Mais ce mouvement n’est pourtant pas uniforme puisque le Brésil a connu une forte réduction des inégalités depuis une dizaine d’années. La mondialisation a entraîné des bouleversements gigantesques dans l’économie mondiale : insertion dans le commerce mondial d’un milliard de travailleurs, à l’origine d’une raréfaction du capital et du travail qualifié à l’échelle internationale, et d’une pression à la baisse sur les salaires des travailleurs non qualifiés ; intensification de la concurrence au sein des pays développés et notamment en Europe ; décomposition internationale des processus productifs. Pourtant, « il ne faudrait pas croire que la phase actuelle d’accélération de la mondialisation a entraîné un appauvrissement général des économies développées au profit des économies émergentes. Globalement, les deux groupes ont gagné à cette extension des échanges ». Si certains secteurs directement confrontés à la concurrence avec les pays à bas salaires en ont pâti (l’emploi manufacturier a été divisé par deux aux Etats-Unis, et par un peu moins de deux en France), d’autres secteurs comme les industries intensives en capital et en travail qualifié en ont bénéficié, alors que certains services restaient abrités de la concurrence avec les économies émergentes. Par ailleurs, d’autres causes bien identifiées expliquent le déclin de l’emploi industriel : le progrès technique, plus rapide dans l’industrie qu’ailleurs, ou la déformation de la consommation en faveur des services. Pour autant, il est clair que la pression concurrentielle s’intensifie dans certains services et touche désormais des emplois de qualification moyenne. Dans les pays émergents, les effets bénéfiques du développement et de l’ouverture internationale se sont conjugués pour entraîner une restructuration profonde des appareils productifs, ce qui a favorisé l’enrichissement d’une partie de la population et une concentration accrue des revenus. Mais ce phénomène a également concerné les pays développés puisque dans certains secteurs (sport, culture, show business), « l’effet superstar » et les mutations technologiques se sont renforcés pour générer une croissance très forte des revenus (sur la base d’un pourcentage perçu sur un gros volume de transactions), tandis que la globalisation financière et la forte mobilité du capital a entraîné une forte progression des revenus financiers. Si cette dernière a pu entraîner une allocation plus efficace des capitaux et alimenté les investissements directs étrangers vers les pays émergents, elle a également permis une élévation des rémunérations des décideurs et des travailleurs les plus qualifiés. D’autres facteurs institutionnels ont favorisé l’aggravation des inégalités, parmi lesquels la concurrence fiscale entre les nations qui a pu justifier une baisse de la fiscalité progressive dans de nombreux pays développés, même si le poids des dépenses sociales dans le PIB a augmenté dans la majorité des pays de l’OCDE. L’effet des politiques de flexibilisation du marché du travail sur les inégalités reste ambigu et « la diminution de la protection de l’emploi ne semble pas avoir joué de rôle dans la hausse de l’inégalité, là où elle a eu lieu ».
Pour une mondialisation équitable
Selon François Bourguigon, la mondialisation a joué un rôle considérable dans l’évolution des inégalités : elle a contribué à hisser plusieurs centaines de millions de personnes au-dessus du seuil de pauvreté, même si elle a contribué directement (concurrence avec les pays à bas salaires, prime donnée aux détenteurs de capitaux) ou indirectement (libéralisation des économies, désindustrialisation des économies avancées) à une augmentation des inégalités au sein des nations. Dès lors, « l’inégalité interne serait-elle le prix à payer pour que les économies nationales se développent efficacement dans un monde globalisé ? » A long terme, il est très net que la différence de productivité entre les économies développées et les économies émergentes est encore suffisamment importante pour que le processus de rattrapage économique se poursuive dans le futur, et dépendra notamment de leur capacité future à mobiliser leur capacité d’investissement matériel, humain et organisationnel et de continuer à tirer parti des transferts de technologie. Dans les pays développés, la stagnation économique et le processus de lente désindustrialisation seront difficiles à conjurer, de telle manière que la convergence internationale des niveaux de vie devrait se poursuivre. Mais la question fondamentale demeure la nécessité d’aider les pays pauvres à tirer parti de la mondialisation : une partie de l’explication de la croissance récente de certains pays de l’Afrique subsaharienne réside dans l’amélioration des termes de l’échange (hausse du prix des matières premières) dont ils ont bénéficié et de l’exploitation de nouveaux gisements découverts. Pour autant d’autres pays africains ont divergé par rapport au reste du monde, en particulier à cause de troubles politiques et sociaux, et c’est largement de leur performances futures que dépendra l’évolution des inégalités à l’échelle mondiale. « Il s’agit maintenant, ni plus ni moins, de faire «émerger » les pays pauvres d’Afrique subsaharienne et d’Asie centrale ».
En ce qui concerne les inégalités à l’intérieur des nations développées, les perspectives s’annoncent sombres: les pressions à la déformation des revenus en faveur du travail qualifié et du capital devraient perdurer, au détriment des qualifications basses et moyennes. Dans les pays émergents, la focalisation sur le marché intérieur et l’intégration des masses paysannes au marché du travail devraient favoriser une certaine diminution de la pauvreté et un resserrement des inégalités (comme l’avait observé l’économiste Simon Kuznets pour les pays développés depuis la Révolution industrielle), même si le processus n’est pas acquis notamment pour les pays les plus pauvres, par exemple si la rente tirée de l’exploitation des matières premières reste accaparée par une oligarchie dirigeante.
Aspects de la mondialisation contemporaine
Aspects économiques
L'évaluation des conséquences de la mondialisation économique comprend plusieurs volets, très
contrastés selon la richesse du pays considéré.
Pays riches
Pour les pays riches, la mondialisation économique comporte deux bénéfices essentiels.
• le premier profite au consommateur, qui a accès à un éventail plus large de biens (diversité) à un prix plus faible que s'ils étaient fabriqués dans le pays même. Quantitativement, cet effet est considérable, et peut être appréhendé en additionnant les gains des consommateurs à l'achat de produits textiles chinois.
• Le second bénéfice profite aux détenteurs du capital, qui obtiennent un meilleur rendement de leurs capitaux. Les pays riches souffrent en revanche de la délocalisation de leurs industries intensives en main-d'œuvre peu qualifiée, ainsi que de la concurrence accrue entre pays riches eux-mêmes. Quantitativement peu importants, ces effets posent cependant des problèmes du fait qu'ils sont localisés, touchant particulièrement certains individus ou certaines régions, alors que les gains sont répartis sur l'ensemble de la population. La part de la population active en concurrence avec la main d'œuvre peu qualifiée des pays en voie de développement n'est seulement que de 3%.
Les études quantitatives économétriques tentant d'évaluer ces deux aspects arrivent toutes à la conclusion que les gains des pays riches à la division internationale du travail sont supérieurs aux pertes (délocalisations, désindustrialisation) par plusieurs ordres de grandeur. Le problème des pays riches face à la mondialisation économique serait donc avant tout un problème de répartition de gains afin de pouvoir indemniser les perdants en leur accordant une part des gains proportionnée à leur perte.
La mondialisation économique incite également les pays riches à se faire concurrence en matière de réglementation, de protection sociale, de fiscalité et d'éducation. Le bilan de cette concurrence est actuellement impossible à établir. Pour les uns, elle conduit à un moins-disant dans tous les domaines, tandis que pour les autres elle met en évidence les inefficacités des différents modèles sociaux.
Nouveaux pays industrialisés
Jusqu'à la crise asiatique, les nouveaux pays industrialisés semblaient les grands gagnants de la
mondialisation économique. Profitant d'une main d'œuvre qualifiée et à faible coût, ils ont bénéficié d'investissements très importants en provenance des pays riches, ce qui leur a permis de construire une économie moderne et un système de formation solide, de sortir de la pauvreté. La crise asiatique a cependant montré l'étendue de leur dépendance à l'égard de marchés financiers prompts à l'emballement spéculatif comme à la panique.
Le bilan de la mondialisation économique pour ces pays est ainsi très contrasté, avec d'un côté des pays, comme la Corée ou Taiwan définitivement classés parmi les pays riches, d'autres, Thaïlande, Philippines, ont du mal à se remettre de la volatilité des investissements, et d'autres encore bénéficient très largement de la mondialisation au niveau du pays, mais avec une répartition très inégale de ces gains (Brésil, Chine).
Pays pauvres
Au niveau économique, les pays les plus pauvres restent largement en dehors du processus de
mondialisation. Celui-ci requiert en effet des institutions stables, un respect du droit, de la propriété privée, une absence de corruption ainsi qu'un certain développement humain (santé et éducation) que ne présentent pas la plupart de ces pays. Leur ressource économique principale, l'agriculture, reste dominée par les stratégies protectionnistes des pays riches, sauf pour les cultures propres aux pays pauvres.
Culture et société
L'accès d'un nombre croissant d'individus à des réseaux de communication communs conduit à deux effets :
• Le premier est une prise de conscience accrue de la diversité des cultures et de l'interdépendance de l'ensemble des individus. Cela s'exprime par une meilleure connaissance du monde, des enjeux planétaires, par la multiplication des sources d'information. Des cultures minoritaires (amérindiens, bushmen) ont ainsi pu trouver une visibilité nouvelle, tandis que les questions à dimension internationale voient la montée en puissance des ONG comme acteurs de premier plan. Le revers de cette possibilité se lit dans le développement des communautarismes identitaires fondés sur un refus du relativisme et l'affirmation de la supériorité d'une culture sur les autres.
• Le deuxième est l'émergence d'une sorte de « culture commune » marquée notamment par le recours à un « anglais de communication » (parfois appelé « globish », pour global english), version appauvrie de la langue anglaise, des références culturelles américaines ou occidentales portées par des produits culturels (cinéma, musique, télévision) ou des modes de vie (sports occidentaux, cuisine italienne, chinoise...). Certains y voient un risque d'appauvrissement de la diversité culturelle, voire la domination d'une certaine conception des rapports économiques et sociaux.
Aspects politiques
La mondialisation génère des entités économiques, des moyens d'information et des flux financiers dont l'ampleur échappe au contrôle de la structure des États-nations. De ce fait, la plupart des gouvernements déplorent leur impuissance face à ces phénomènes tant que les relations internationales ne sont pas réglées par d'autres règles que l'intérêt des États.
C'est un fait que les outils traditionnels de la politique publique, fiscalité et réglementation, perdent de leur efficacité dans un environnement mondialisé. Leur application demande alors la coopération de plusieurs États, toujours délicate à obtenir et à maintenir. Des ONG (organisations non gouvernementales) tentent de combler ce vide, mais elles manquent de légitimité pour prétendre représenter les citoyens de la planète, et sont souvent marquées par des idéologies partisanes.
Aspects humain
Migrations
Les flux humains de migration permanente sont les grands oubliés de la mondialisation. Même si en 2002, les États-Unis accueillaient le nombre d'immigrants le plus important de son histoire, ce nombre était faible au regard de sa population en comparaison de cette proportion au cours des années 1920. Dans l'ensemble du monde, les mouvements de population sont quantitativement faibles. La mobilité internationale durable reste le sort des plus défavorisés, déplacés par les guerres, ou l'apanage des mieux formés à la recherche de la meilleure rémunération pour leurs compétences.
Tourisme
La hausse de niveau de vie et la baisse des coûts de transport ont largement contribué à l'extension du tourisme international, qui passe de 25 millions de personnes en 1950 à 500 millions en 2000. Toutefois, le tourisme international est essentiellement composé de ressortissants de pays riches visitant d'autres pays riches (les pôles récepteurs et les pôles émetteurs). Le tourisme en direction des pays pauvres est le plus souvent concentré sur un petit nombre de localisations, avec un effet assez faible sur le développement d'ensemble du pays d'accueil.
Révolution de l'information
Le terme révolution de l'information décrit les tendances économiques, sociales et technologiques actuelles au-delà de la révolution industrielle.
Beaucoup de termes concurrents ont été proposés qui se concentrent sur différents aspects de ce développement sociétal. Dans son ouvrage de 1939, The Social Function of Science, le polymathe cristallographe britannique John Desmond Bernal a introduit le terme « révolution scientifique et technique » (« scientific and technical revolution ») pour décrire le nouveau rôle que la science et la technologie vont jouer dans la société. Il a affirmé que la science devient une "force productive", en utilisant la théorie marxiste des forces productives.
Après une certaine controverse, le terme a été repris par les auteurs et les institutions du bloc soviétique de l'époque. Leur but était de montrer que le socialisme était un foyer sûr pour la révolution scientifique et technique («technologique» pour certains auteurs), désignée par l'acronyme STR (scientific and technical revolution). Le livre Civilization at the Crossroads, édité par le philosophe tchèque Radovan Richta (1969), est devenu une référence standard pour ce sujet. Daniel Bell (1980) a contesté cette théorie et préconisé la société post-industrielle, ce qui conduirait à une économie de services plutôt que le socialisme3. De nombreux autres auteurs ont présenté leurs points de vue, y compris Zbigniew Brzeziński (1976) avec sa "Technetronic Society.
Mondialisation de l'information : La révolution médiatique du XIXe siècle
Avant l'ère des médias de masse, le XIXe siècle a connu une première révolution médiatique à l'échelle mondiale. Ce numéro explore les modalités de cette révolution qui a simultanément mondialisé l'information et affirmé certaines cultures nationales. En croisant les regards sur l'Europe, l'Afrique du Nord, les Amériques et l'Océanie, les articles mettent en évidence les phénomènes de circulations qui ont caractérisé la mondialisation de l'information, tout en métamorphosant la notion d'opinion publique et sa réalité transnationale.
Nouveaux pays industrialisés
Les nouveaux pays industrialisés (NPI) sont les pays qui ont amorcé un important décollage industriel à partir des années 1960.
Description
Les nouveaux pays industrialisés en 2010. Ceci constitue la catégorie intermédiaire entre « pleinement développé » et « e