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Université d'Etat d'Haiti UEH L’UEH est une institution publique d’enseignement supérieur. Elle rassemble une vingtaine de facultés et d’Instituts voués à l’enseignement et à la recherc

CONFÉRENCE MAGISTRALE DE L'UEH SUR LE THÈME : LA QUESTION CONSTITUTIONNELLE OU LA CONSTITUTION EN QUESTION
22/07/2026

CONFÉRENCE MAGISTRALE DE L'UEH SUR LE THÈME : LA QUESTION CONSTITUTIONNELLE OU LA CONSTITUTION EN QUESTION

À PETIT-GOAVE, DANY LAFERRIERE RETROUVE SES RACINES DANS UNE FETE POPULAIRE DE LA LITTERATURE
21/07/2026

À PETIT-GOAVE, DANY LAFERRIERE RETROUVE SES RACINES DANS UNE FETE POPULAIRE DE LA LITTERATURE

Le retour de l'écrivain et académicien Dany Laferrière dans sa ville natale Petit-Goâve, le dimanche 19 juillet 2026, a pris les allures d'une véritable célébration populaire. Organisée par l'Unive...

DANY LAFERRIERE : UNE CARRIERE D’ECRIVAIN FAÇONNEE PAR LES EPREUVES, LES ECHECS ET LA LIBERTE CREATRICESur invitation de...
20/07/2026

DANY LAFERRIERE : UNE CARRIERE D’ECRIVAIN FAÇONNEE PAR LES EPREUVES, LES ECHECS ET LA LIBERTE CREATRICE

Sur invitation de l’UEH, l’académicien Dany Laferrière a clôturé son passage dans la capitale, le vendredi 17 juillet 2026, au Rectorat, par une causerie autour du thème « Dany Laferrière, carrière d’écrivain : les moments déterminants ». Accompagné du professeur Jean Waddimir Gustinvil et de l’étudiant Steavensly John Richard Benoit du Master Philosophie et transculturalité de l’École Normale Supérieure, l’écrivain a développé une réflexion profonde sur son parcours, son rapport à l’écriture et les expériences ayant façonné son œuvre. L’assistance composée du Recteur Dieuseul Prédélus, du Vice-recteur à la Recherche Jacques Blaise, du Secrétaire général de l’UEH Louis Rodrigue Thomas, des membres du Conseil de l’Université, de l’épouse de l’écrivain, Margaret Berrouët Laferrière, des étudiants et autres invités, a radieusement accueilli les mots de l’écrivain.

Loin de se focaliser uniquement sur la réussite de l’écrivain, la rencontre a mis en lumière des chemins moins visibles de la création, faits de doutes, d’échecs, de ruptures et de recommencements. Pour D. Laferrière, la construction d’une œuvre littéraire se nourrit souvent d’expériences difficiles transformées en force créatrice. Revenant sur les moments déterminants de sa vie, il a perçu l’échec comme une source essentielle de son inspiration, évoquant notamment son enfance en Haïti, marquée par de longs et tortueux trajets entre Port-au-Prince et Petit-Goâve, souvent cause de grandes frustrations. Cela et d’autres réalités sociales deviendront plus t**d des matériaux peuplant son imaginaire littéraire. Son arrivée à Montréal en 1976 constitue aussi une étape fondatrice de sa vie d’écrivain : la solitude, le froid la précarité ont profondément enrichi son regard sur le monde et façonné son identité d’écrivain.

Il lui a fallu piocher durant des années avant de trouver sa propre voix littéraire. Après plusieurs publications, l’essentiel s’avérait, pour lui, l’émancipation de son écriture des modèles classiques et l’adoption d’une forme plus directe, plus vivante, favorisant l’entrée immédiate du lecteur dans l’univers du récit. Cette découverte revêt un tournant majeur dans sa carrière et contribue à définir son style, sa singularité. Son écriture s’appuie sur une démarche de composition progressive : chaque élément y prend place grâce à des ajustements successifs. Le mouvement et une bonne part d’imprévu déterminent pour ainsi dire la construction du roman. L’écrivain doit se laisser guider par les mots, même si son lecteur potentiel participe de l’accomplissement de l’œuvre.

D. Laferrière a estimé que la littérature ne se limite pas à la reproduction des faits. Elle cherche plutôt à les transformer par le pouvoir de l’imagination. Les situations inachevées, les mystères non résolus peuvent devenir de puissantes sources de création. De même, les souvenirs, les secrets et les zones d’ombre sont de véritables ferments de construction de récits appelés à dépasser l’expérience individuelle et rejoindre l’universel.

Interrogé sur son identité d’écrivain haïtien et son appartenance à l’Académie française, Laferrière s’est dit défenseur d’une conception ouverte de la littérature. A son sens, l’identité ne constitue pas une frontière, elle est un point de départ vers l’exploration du monde. Traversée par différentes cultures et espaces géographiques, son œuvre illustre la volonté constante d’établir un dialogue entre les peuples et les expériences humaines dans toute leur diversité.

Au terme de cette causerie, le Recteur Prédélus a salué la trajectoire exceptionnelle de D. Laferrière, cette figure de passeur et d’ouverture. L’écrivain est resté profondément attaché à son pays d’origine tout en portant une voix universelle. Pour le Recteur, l’œuvre de Laferrière illustre une fidélité en mouvement : fidélité à la mémoire, à la culture et aux racines, mais aussi ouverture constante au monde. S’adressant particulièrement aux jeunes, le Recteur les a incités à croire en leur capacité de construire l’avenir, qu’ils restent en Haïti ou partent explorer d’autres horizons. C’est ce que le vécu de Dany Laferrière révèle : les épreuves peuvent devenir des forces, et l’expérience de l’ailleurs peut contribuer à enrichir le lien avec le pays d’origine.

Quelle tournée littéraire que cette semaine d’activités à Port-au-Prince ! Nos étudiants trouvent de quoi fermenter en eux l’esprit de labeur, de partage, de résistance, de liberté de création. D. Laferrière continuera à porter ses « mots » aux jeunes, à Haïti, en se rendant la semaine prochaine à sa ville natale, Petit-Goâve, puis au Nord du pays, en particulier au Campus Henry Christophe de l’UEH, à Limonade.

https://ueh.edu.ht/ueh/news/11213

« CARTE BLANCHE » A DANY LAFERRIERE: QUAND LA PEINTURE DIALOGUE AVEC L’ECRITURE, LA MEMOIRE ET L’IMAGINAIRE HAÏTIENDans ...
15/07/2026

« CARTE BLANCHE » A DANY LAFERRIERE: QUAND LA PEINTURE DIALOGUE AVEC L’ECRITURE, LA MEMOIRE ET L’IMAGINAIRE HAÏTIEN

Dans le cadre de la tournée en Haïti de l’académicien Dany Laferrière, sur invitation de l’Université d’État d’Haïti (UEH), la Direction Nationale du Livre (DNL) a eu le privilège de donner, dans ses locaux, ce mardi 14 juillet 2026, une « Carte blanche » à l’écrivain. Devant un public composé d’étudiants, d’enseignants, de chercheurs et d’acteurs du monde culturel, M. Laferrière a livré une riche réflexion sur son parcours artistique, son rapport à Haïti et la place grandissante de la peinture dans son œuvre.

Le Directeur général de la DNL, M. Ernst Saint-Louis, a remercié l’Université d’État d’Haïti d’avoir invité Dany Laferrière et de l’avoir ainsi mis à l’honneur. Exprimant sa reconnaissance envers l’UEH ainsi qu’aux différents acteurs engagés dans la promotion du livre et de la culture, il a salué la contribution de l’écrivain au rayonnement de la littérature et de la culture haïtiennes à travers le monde.

Dans un panel animé par le professeur Marc Exavier et les étudiants Kenson Anius, Euthnide Elasco et Shakespeare Émile du Master Littérature, Philosophie et Transculturalité de l’École Normale Supérieure (ENS), Dany Laferrière a abordé en toute liberté plusieurs thématiques liées à son œuvre et à sa vision de l’art et de l’écriture. Interrogé sur l’évolution de son travail depuis 2018, il a expliqué que le séisme de 2010 avait provoqué en lui une véritable métamorphose créatrice : « J’étais épuisé. Les mots m’avaient quitté et les formes devenaient plus reposantes ». C’est dans ce contexte qu’il s’est mis à dessiner puis à peindre, découvrant dans la couleur une nouvelle manière d’habiter le monde. Il a toutefois précisé que la peinture ne constitue pas un substitut à son écriture, mais plutôt l’ouverture d’un autre espace de création. « Ce n’est pas parce que je ne pouvais plus écrire. C’était une fatigue des mots eux-mêmes », a-t-il confié, soulignant ainsi la complémentarité entre ces deux langages artistiques. L’écriture et l’image répondent, pour ainsi dire, à une même quête : celle de la simplicité, de l’intensité et d’une autre manière d’exprimer le rapport au monde.

Évoquant des peintres haïtiens ayant marqué sa formation : Wilson Bigaud, Jasmin Joseph, Jean-René Jérôme et les artistes issus du Centre d’Art, Laferrière reconnait en l’art haïtien une force profondément populaire. La singularité d’Haïti réside dans le caractère accessible et populaire de sa peinture, a-t-il estimé. Plus encore, en Haïti la peinture occupe une place aussi importante que le football dans l’imaginaire collectif. Aussi croit-il que l’art ne doive pas être réservé à une élite, car il représente un acte d’autorité sur la vie de toutes celles et tous ceux qui s’y consacrent.

À propos de son livre « L’Obsession du rouge », l’académicien a expliqué que le rouge symbolise à la fois le sang, la fête, la création et la mort. Par l’opposition d’un jeune artiste assassiné et d’un chef de gang obsédé par la célébrité, il formule une réflexion fondamentale : « L’art ne doit pas seulement protéger ou consoler ; il doit aussi inquiéter ». « L’Obsession du rouge » lui permet donc d’aborder la violence haïtienne autrement que par le biais des seuls faits divers, en l’inscrivant dans une réflexion plus large sur la création, le pouvoir et la dignité humaine.

Autre moment fort de cette rencontre : la réflexion autour de la nuit haïtienne, thème central de l’ouvrage « Dans la splendeur de la nuit ». Dany Laferrière y voit un espace d’intimité, de création, de confidence et de liberté. « La nuit crée l’art », a-t-il dit. Il regrette le fait que l’insécurité prive aujourd’hui tant de gens, les femmes en particulier, de cette expérience essentielle.

Il a enfin salué le dynamisme culturel d’Haïti malgré les crises qui le rongent. A voir l’engagement de jeunes artistes, la multiplication des expositions et l’émergence de générations de créateurs, la création artistique n’a jamais été aussi vivante.

Bien plus qu’une conversation littéraire, cette « Carte blanche » offerte par la Direction Nationale du Livre s’est avérée un moment de réflexion profonde sur la mémoire, l’identité, la création artistique et la capacité de l’art haïtien à résister aux affres du présent, à inventer des horizons d’universalité.

VISITE DE L’ECRIVAIN DANY LAFERRIERE A LA COLLECTION PRIVEE DU CENTRE D’ÉTUDES ET DE RECHERCHES EN ARTS VISUELS ET DU SP...
15/07/2026

VISITE DE L’ECRIVAIN DANY LAFERRIERE A LA COLLECTION PRIVEE DU CENTRE D’ÉTUDES ET DE RECHERCHES EN ARTS VISUELS ET DU SPECTACLE (CERAVS)

Dans le cadre de sa tournée en Haïti sur invitation de l’Université d’État d’Haïti (UEH), l’écrivain et académicien Dany Laferrière a effectué, dans l’après-midi du lundi 13 juillet 2026, une visite de courtoisie à la collection privée du Centre d’Études et de Recherches en Arts Visuels et du Spectacle (CERAVS), située à Thomassin. Cette visite s’est déroulée en présence du Recteur de l’UEH, le Professeur Dieuseul Prédélus, du Secrétaire Général de l’UEH, le Professeur Louis Rodrigue Thomas, du Chef de Cabinet du Recteur, le professeur Bildadson Cadélus, des membres du décanat de l’Institut d’Études et de Recherches Africaines d’Haïti (IERAH), dont le Doyen Sterlin Ulysse et le Vice-doyen aux Affaires académiques, le Professeur James Pierre, ainsi que des représentants du corps professoral, du personnel administratif et de la communauté estudiantine de l’UEH et des artistes invités.

Dirigé par le Professeur Sterlin Ulysse, le CERAVS est une structure consacrée à la recherche, la promotion et la diffusion des arts visuels et du spectacle en Haïti. Il s’intéresse notamment à la peinture, à la sculpture, à la photographie, aux installations artistiques, aux arts contemporains, à l’histoire et la critique d’art, au théâtre, à la danse, à la musique, pour ne citer que ceux-là.

Cette visite de la collection du CERAVS représentait pour Dany Laferrière, qui a passé environ sept années loin d’Haïti, une occasion privilégiée de renouer avec des artistes et créateurs contemporains du pays, particulièrement de jeunes générations d’artistes et de slameurs. Plusieurs figures majeures de la création artistique haïtienne étaient présentes, notamment Celeur, Guyodo, Tebo, Bertho, Magalie Bien-Aimé, Vanessa Saint-Val, Dashka Thélémaque, Erol Josué, entre autres.

Au cours de cette visite, consacrée à la découverte des œuvres d’artistes plasticiens haïtiens, D. Laferrière s’est réjoui de l’initiative qui lui permet de renouer avec Haïti, son art, sa mémoire, ses couleurs et son imaginaire, en dépit des difficultés que confronte le pays. Il a également exprimé son attachement profond à l’univers pictural et sculptural, rappelant le fait que son parcours d’écrivain l’a naturellement conduit vers la peinture ; ce dont témoignent, par ailleurs, l’illustration de ses ouvrages et la réalisation de petites œuvres en miniature.

Le Professeur Sterlin Ulysse, Responsable du CERAVS, a quant à lui souligné la portée singulière de cette visite pour le Centre et l’IERAH qui a mobilisé ses ressources pour en faire une réussite. Évoquant le fait que l’académicien accorde une place importante à la peinture dans son œuvre romanesque et se définit lui-même comme « écrivain primitif », expression autrefois associée à certains peintres, le Professeur Ulysse entrevoit dans cette visite le lien profond existant entre littérature et arts visuels. Cette présence de Laferrière ne peut que renforcer la mission du CERAVS qui cherche à mieux faire comprendre l’importance de l’art dans la culture haïtienne et à promouvoir un dialogue fécond entre les différentes formes d’expression artistique.

« L’ENFANCE COMME MATRICE DE L’ECRITURE » : DANY LAFERRIERE DIALOGUE AVEC DES ETUDIANTS DE L’UNIVERSITE D’ÉTAT D’HAÏTILe...
14/07/2026

« L’ENFANCE COMME MATRICE DE L’ECRITURE » : DANY LAFERRIERE DIALOGUE AVEC DES ETUDIANTS DE L’UNIVERSITE D’ÉTAT D’HAÏTI

Le Rectorat de l’Université d’État d’Haïti a accueilli, ce lundi 13 juillet 2026, une causerie exceptionnelle avec l’académicien Dany Laferrière autour du thème « L’enfance d’un écrivain ». Organisée dans le cadre de la tournée de l’écrivain en Haïti sur invitation de l’UEH, cette rencontre a réuni étudiants, professeurs, responsables universitaires et membres de la presse pour un échange riche sur la littérature, la mémoire et la création.

Dans son allocution d’ouverture, le Recteur Dieuseul Prédélus a souligné la portée symbolique de cette visite pour l’institution universitaire. Pour lui, l’Université d’État d’Haïti ne saurait se cantonner à la seule formation académique. Elle est aussi gardienne de la mémoire et de l’imaginaire du peuple. La littérature haïtienne, rappelle-t-il, constitue un patrimoine que l’université a le devoir de documenter, d’enseigner et de faire rayonner. Par ailleurs, au-delà de l’hommage rendu à l’académicien, le professeur Prédélus a annoncé la volonté de l’UEH de renforcer les liens entre le monde universitaire et la création littéraire. Il croit qu’il faudra absolument faire entrer les œuvres haïtiennes dans nos bibliothèques, dans nos mémoires de master, dans nos thèses de doctorat et dans nos colloques, etc. Le Recteur Dieuseul Prédélus en a profité pour inviter les étudiants à saisir pleinement cette occasion de dialogue avec l’un des écrivains haïtiens, les plus lus au monde, qui est une part de nous-mêmes.

D’entrée de jeu, l’écrivain Dany Laferrière, très ému, a d’abord remercié les responsables du Rectorat de l’UEH pour l’accueil qui lui était réservé dans le cadre de cette visite. Il se dit profondément touché du fait qu’il ait été reçu pour la première fois en Haïti dans un cadre officiel par une institution universitaire étatique, estimant que cette reconnaissance venant de son pays natal tient pour lui une valeur particulière.

Revenant sur la genèse de « L’Odeur du café », Monsieur Laferrière a expliqué que ce livre était longtemps resté en lui avant d’être écrit. « J’ai passé mon enfance à Petit-Goâve, à quelques kilomètres de Port-au-Prince. » Pour l’écrivain, cette phrase inaugurale résume une règle essentielle de l’écriture : commencer simplement. Il a raconté comment la redécouverte du nom de Petit-Goâve lui avait révélé toute la force poétique de son lieu d’enfance. Au cœur de cette enfance se trouve la figure de sa grand-mère, Da, assise sur la galerie avec sa cafetière.

Lors de cette causerie conduite par la professeure Darline Alexis et l’étudiante en Master de littérature (ENS) Francesca Mintor, Dany Laferrière estime que sa grand-mère ne racontait pas de contes traditionnels, mais des histoires de la vie quotidienne, peuplées de personnages réels. C’est auprès d’elle qu’il a appris l’art de suspendre le récit, de créer l’attente et de captiver l’auditeur.

Interrogé sur la place de la politique et des crises dans son œuvre, Dany Laferrière a expliqué qu’il avait choisi de ne pas laisser le malheur occuper tout l’espace de son imaginaire. « Je ne peux pas être à la fois la maladie et le remède », a-t-il dit. Évoquant aussi bien le racisme en Amérique du Nord que la dictature en Haïti, il a affirmé que l’écrivain devait parfois faire « un pas de côté » pour continuer à voir les êtres, les gestes et les détails qui composent la vie réelle.

Tout au long de la rencontre, l’auteur a livré une véritable leçon d’écriture aux étudiants. « N’expliquez pas. Montrez », leur a-t-il recommandé. Pour M. Laferrière, une image précise vaut mieux qu’un long commentaire. Il a donné l’exemple de la pluie à Petit-Goâve et de cette « trente-sixième rangée de briques » où les passants s’arrêtent pour éviter d’être mouillés, détail concret qui rend immédiatement la scène vivante aux yeux du lecteur.

Abordant sa série des Vava, l’académicien a défendu une conception exigeante de la littérature jeunesse. Il reste persuadé que les enfants sont des lecteurs plus intelligents que nous. A cet effet, il a expliqué que l’enfant peut relire le même livre des dizaines de fois et y découvrir des détails invisibles aux adultes.

Répondant aux questions des étudiants sur la nostalgie, la solitude de l’écrivain et les difficultés de créer dans le contexte haïtien actuel, Dany Laferrière a rappelé que l’écriture demeure une expérience profondément personnelle. Il a encouragé les jeunes auteurs à se méfier des artifices, à éliminer les phrases inutiles et à faire confiance à leur propre regard sur le monde. « Tuez vos phrases chéries quand elles ralentissent le récit. », a-t-il conseillé aux jeunes étudiants.

La causerie s’est tenue dans une ambiance conviviale. A l’issue des échanges formels, l’écrivain a tenté de répondre aux multiples questions des étudiants. Dany Laferrière n’a pas seulement parlé de son enfance, il a surtout offert à la communauté universitaire une réflexion profonde sur la mémoire, la liberté créatrice et la puissance de la littérature comme espace de résistance et d’invention de soi. Véritable matinée d’immersion dans la culture !

L’ECRIVAIN DANY LAFERRIERE EN VISITE EN HAÏTI SUR INVITATION DE L’UEHSur invitation du Rectorat de l’UEH, l’écrivain Dan...
13/07/2026

L’ECRIVAIN DANY LAFERRIERE EN VISITE EN HAÏTI SUR INVITATION DE L’UEH

Sur invitation du Rectorat de l’UEH, l’écrivain Dany Laferrière débute une tournée de deux semaines en Haïti, ce weekend. Accueilli à Port-au-Prince le samedi 11 juillet 2026 par le Recteur de l’UEH, le Dr Dieuseul Prédélus, Dany Laferrière s’apprête, dès ce lundi 13 juillet, à échanger avec des étudiants de l’UEH sur une partie de son œuvre. « L’enfance d’un écrivain », tel sera le thème d’une causerie entre des étudiants de l’UEH et Dany Laferrière ». D’autres rencontres avec des universitaires, des artistes, des écrivains et des lecteurs tout simplement sont programmées à Port-au-Prince pendant la semaine. Ce sera une occasion pour le public d'engager un dialogue direct avec l’écrivain autour de sa vaste œuvre. L’UEH en profitera pour rendre un hommage mérité à Dany Laferrière, un digne fils d’Haïti. Puis, la tournée se poursuivra à Petit-Goâve, la ville où il a vécu son enfance, au Cap-Haïtien, Vertières, au campus Henry Christophe de Limonade.

« Et toute cette vie est possible parce que j’ai appris à lire à Petit-Goave il y a plus de soixante ans. C’est de là qu’est venue la goutte d’encre qui s’est déversée dans tant de capitales par le biais de tant de langues » - Dany Laferrière.

https://ueh.edu.ht/ueh/news/11105

INTERNATIONALISATION DE L’UEH : DES ACCORDS DE PARTENARIAT STRATEGIQUE SIGNES AVEC DES UNIVERSITES BRESILIENNESÀ l’invit...
02/07/2026

INTERNATIONALISATION DE L’UEH : DES ACCORDS DE PARTENARIAT STRATEGIQUE SIGNES AVEC DES UNIVERSITES BRESILIENNES

À l’invitation du Ministère de l’Éducation du Brésil, le mardi 30 juin 2026, le Recteur de l’Université d’État d’Haïti (UEH), professeur Dieuseul Prédélus, a signé, au nom de l’institution, des accords de coopération stratégique avec plusieurs universités brésiliennes, notamment l’Université fédérale d’intégration latino-américaine (UNILA), l’Université fédérale du Pará (UFPA) et l’Université fédérale du Sud et du Sud-Est du Pará (UNIFESSPA), en vue de structurer leur coopération académique, scientifique et culturelle.

Établis pour une durée de cinq (5) ans, ces accords permettront à l’UEH et ces universités du Brésil de développer des axes de collaboration, tels la mobilité étudiante, enseignante et de personnels universitaires, la mise en place de programmes conjoints d’enseignement et de recherche, l’organisation d’activités académiques communes, le partage de ressources documentaires, l’utilisation de laboratoires et d’infrastructures, pour ne citer que ceux-là.

Il est à noter que ces nouveaux partenariats s’inscrivent dans la démarche continue d’internationalisation de l’Université d’État d’Haïti, visant à renforcer son ouverture sur le monde afin de dynamiser ses capacités de formation, de recherche et d’innovation. D’autres accords de coopération seront bientôt signés avec d’autres universités brésiliennes.

JOURNEE D'ETUDE DU LADIREP : L'ANTHROPOPHAGIE A L'EPREUVE DU VODOU, DU CAPITALISME ET DE L'ETHIQUELe laboratoire LAngage...
02/07/2026

JOURNEE D'ETUDE DU LADIREP : L'ANTHROPOPHAGIE A L'EPREUVE DU VODOU, DU CAPITALISME ET DE L'ETHIQUE

Le laboratoire LAngages, DIscours et REPrésentations (LADIREP) a réuni dans le cadre d’une journée d’étude internationale, le vendredi 19 juin 2026, à la Villa Saint-Viateur, enseignants-chercheurs, professeurs et étudiants autour d'un thème aussi provocateur qu'éclairant : Anthropophagie : vodou, capitalisme et la question de l'éthique. Dès l'ouverture, le Directeur du LADIREP, professeur Edelyn Dorismond, a posé le cadre de l'événement. Il ne s'agit pas de stigmatiser le vodou, mais d'explorer une « autre forme d'éthicité, irréductible aux catégories occidentales ». Une éthique où l'humain n'est plus au-dessus du vivant, mais « une composante d'un ensemble plus vaste ».

Le Doyen de la Faculté d'Ethnologie, professeur Claude Mane Das, a salué le dynamisme du LADIREP comme laboratoire de recherche rattaché à la FE. Il a invité les chercheurs haïtiens à développer des partenariats avec des centres de recherche du Nord et du Sud, notamment de la Caraïbe, afin de renforcer l'ancrage international des travaux menés sur ces questions.

Le Directeur de la Recherche de l'UEH, professeur Jean Waddimir Gustinvil, a précisé que la réflexion sur l'anthropophagie trouve un écho dans la critique marxiste, qui a, dès le XIXe siècle, pensé le capitalisme comme une force dévorante. La formule de Marx : « Le capital est du travail mort qui, semblable au vampire, ne s'anime qu'en suçant le travail vivant. » en est un témoignage. Mais l'anthropophagie peut aussi être interprétée comme une opération de résistance, au vu de la professeure Séloua Luste Boulbina, qui a proposé un renversement de perspective en référence à la logique de l'anthropophagie culturelle du modernisme brésilien formulé par Oswald de Andrade.

Le professeur Gédéon Louis qui est intervenu sur la crise sécuritaire du pays a compris la ganstérisation d’Haïti comme une machine anthropophagique autonome fonctionnant selon sa propre logique de reproduction, au lieu d’être un simple symptôme de l'effondrement de l'État. Celle-ci opère en trois mouvements indissociables : désubjectivation, bestialisation et brutalisation. Et, ce processus ne détruit pas seulement les corps, mais aussi les conditions mêmes de possibilité de l'humain. Cette lecture du phénomène a trouvé un éclairage complémentaire dans la communication du professeur Képler Aurélien, qui a confronté l'histoire des sociétés secrètes vodou, marquée par l’esprit de « reconstruction et solidarité » contre l'esclavage, à leur « étrange cohabitation » actuelle avec des groupes armés dans l'Artibonite. Au fait, ce qui fut jadis un outil de résistance à la déshumanisation s’avère aujourd'hui impuissant devant la dynamique anthropophagique du présent.

Au sens du professeur Illionor Louis, le capitalisme néolibéral produit structurellement des « individus jetables ». Loin d’être un accident, le lumpenprolétariat conceptualisé par Marx et Engels comme « masse confuse, flottante et décomposée », constitue une catégorie sociale nécessaire à la reproduction du système, dont la production de marginaux alimente directement les mécanismes de violence organisée. Approfondissant l'analyse, le professeur Edelyn Dorismond a évoqué le fait que l'autre est d'abord zombifié avant d'être dévoré. Le capitalisme apparait pour ainsi dire comme un grand dispositif de zombification, héritage de l'expérience esclavagiste. Pour l’étudiant en master Shakespeare Emile qui a proposé une lecture hobbesienne de l’anthropophagie, cette dévoration dépasse la dimension économique ou sociale ; elle est politique : le contrat social n'est pas seulement un pacte de sécurité, mais une « anthropophagie politique » durant laquelle « le Léviathan se nourrit littéralement de la puissance des sujets », les absorbant pour les fondre dans l'unité du souverain.

Devant cette réalité délétère, des intervenants en ont appelé à une refondation épistémologique. Dans cette perspective, le professeur Jean Yves Marie Blot a plaidé pour une « décolonisation du regard » sur le vodou, qu'il présente non comme un folklore, mais comme une « cosmologie du vivant » et une « épistémologie alternative ». Cette approche rejoint celle du professeur Bildadson Cadelus, qui a élargi la critique à l'humanisme des Lumières, dont l'universalisme s'est historiquement construit « avec des pratiques coloniales et esclavagistes » ; en Haïti, la démocratie importée ne s'inscrit pas dans un espace neutre, mais arrive dans une société marquée par une longue « déshumanisation radicale ». Cette exigence de refondation concerne également les formes de sociabilité héritées, comme l'a souligné le professeur Ralph Jean-Baptiste en clôture du dernier panel. Il a interrogé la pérennité de la Franc-maçonnerie qui doit, à son avis, se transformer pour devenir « inclusive » et « ouverte » si elle veut accompagner la construction démocratique en Haïti.

Loin de réactiver les vieux clichés coloniaux, cette journée d'étude du LADIREP a présenté une radiographie saisissante d'une société haïtienne dévorée par ses propres contradictions : les gangs, le capital et l'État fonctionnent comme de véritables « machines anthropophagiques ». Il y a là de quoi attiser la curiosité scientifique d’étudiants et enseignants-chercheurs en matière de recherche exploratoire.

https://ueh.edu.ht/ueh/news/11091

17/06/2026

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