23/10/2025
🔵 Aujourd’hui, nous allons faire une analyse sous forme de QCM portant sur l’œuvre Germinal d’Émile Zola.
🔴Ce travail comprend 45 questions à choix multiples : vous devez choisir une seule réponse correcte pour chaque question.
Extrait objet de notre analyse Germinal d'Émile Zola
L'après-midi du cinquième jour, Étienne, que la vue de cette femme silencieuse désespérait, quitta la salle et marcha lentement, le long de la rue pavée du coron. L'inaction, qui lui pesait, le poussait à de continuelles promenades, les bras ballants, la tête basse, torturé par la même pensée. Il piétinait ainsi depuis une demi-heure, lorsqu'il sentit, à un redoublement de son malaise, que les camarades se mettaient sur les portes pour le voir. Le peu qui restait de sa popularité s'en était allé au vent de la fusillade, il ne passait plus sans rencontrer des regards dont la flamme le suivait. Quand il leva la tête, des hommes menaçants étaient là, des femmes écartaient les petits rideaux des fenêtres ; et, sous l'accusation muette encore, sous la colère contenue de ces grands yeux, élargis par la faim et les larmes, il devenait maladroit, il ne savait plus marcher. Toujours, derrière lui, le sourd reproche augmentait. Une telle crainte le prit d'entendre le coron entier sortir pour lui crier sa misère, qu'il rentra, frémissant.
Mais, chez les Maheu, la scène qui l'attendait acheva de le bouleverser. Le vieux Bonnemort était près de la cheminée froide, cloué sur sa chaise, depuis que deux voisins, le jour de la tuerie, l'avaient trouvé par terre, sa canne en morceaux, abattu comme un vieil arbre foudroyé. Et, pendant que Lénore et Henri, pour amuser leur faim, grattaient avec un bruit assourdissant une vieille casserole, où des choux avaient bouilli la veille, la Maheude toute droite, après avoir posé Estelle sur la table, menaçait du poing Catherine.
. — Répète un peu, nom de Dieu! répète ce que tu viens de dire !
Catherine avait dit son intention de retourner au Voreux. L'idée de ne pas gagner son pain, d'être ainsi tolérée chez sa mère, comme une bête encombrante et inutile, lui devenait chaque jour plus intolérable; et, sans la peur de recevoir quelque mauvais coup de Chaval, elle serait redescendue dès le mardi. Elle reprit en bégayant :
— Qu'est-ce que tu veux ? on ne peut pas vivre sans rien faire. Nous aurions du pain au moins.
La Maheude l'interrompit.
— Écoute, le premier de vous autres qui travaille, je l'étrangle... Ah! non, ce serait trop fort, de tuer le père et de continuer ensuite à exploiter les enfants ! En voilà assez, j'aime mieux vous voir tous emporter entre quatre planches, comme celui qui est parti déjà.
Et, furieusement, son long silence creva en un flot de paroles. Une belle avance, ce que lui apporterait Catherine ! à peine trente sous, auxquels on pouvait ajouter vingt sous, si les chefs voulaient bien trouver une besogne pour ce bandit de Jeanlin. Cinquante sous, et sept bouches à nourrir! Les mioches n'étaient bons qu'à engloutir de la soupe. Quant au grand-père, il devait s'être cassé quelque chose dans la cervelle, en tombant, car il semblait imbécile à moins qu'il n'eût les sangs tournés, d'avoir vu les soldats tirer sur les camarades.
_ N'est-ce pas ? vieux, ils ont achevé de vous démolir. Vous avez beau avoir la poigne encore solide, vous êtes fichu.
Bonnemort la regardait de ses yeux éteints, sans comprendre. Il restait des heures le regard fixe, il n'avait plus que l'intelligence de cracher dans un plat rempli de cendre, qu'on mettait à côté de lui, par propreté.
《Et ils n'ont pas réglé sa pension, poursuivit-elle, et je suis certaine qu'ils la refuseront, à cause de nos idées... Non! je vous dis qu'en voilà de trop, avec ces gens de malheur ! 》
Émile Zola, Germinal, 7^e partie Chapitre 1, 1885