10/06/2026
Et si on parle de la littérature médiévale française ? (Suite)
Par les genres : théâtre médiéval
Au Moyen-Âge, c'est dans le genre dramatique que le mouvement général de sécularisation de la littérature médiévale française est le plus sensible. C'est en effet à partir de la liturgie de la messe, peu à peu glosée en langue vulgaire puis accompagnée de véritables mises en scène, que naît le théâtre français. D'abord représentés dans l'enceinte de l'église par des prêtres ou des moines, les drames liturgiques sont à l'origine interprétés en latin et visent à illustrer le culte. Rejetés à l'extérieur de l'église au milieu du XIIe siècle, ils sont dès lors représentés sur le parvis, tandis que la langue vulgaire éclipse le latin. Les thèmes les plus courants de ces «jeux» (terme médiéval signifiant «drame») sont naturellement extraits de la Bible (dans les pièces appelées miracles ou mystères) ou des représentations allégoriques à visée édifiante (dans les moralités). Voir miracle, mystère et moralité. Les miracles, qui privilégient d'abord les épisodes bibliques, notamment la Passion du Christ (le Mystère de la Passion d'Arnoul Gréban est considéré comme un chef-d'œuvre du théâtre du XVe siècle), prennent progressivement en compte toute l'Histoire sainte, en particulier la vie des saints (ainsi des jeux de Jean Bodel composés entre le XIIe et le
XIIIe siècle), et s'ouvrent à des parenthèses profanes. Des textes indépendants, d'inspiration
mondaine, apparaissent alors sous forme d'intermèdes, comme les performances des
jongleurs. Le Jeu de la feuillée et le Jeu de Robin et Marion, composés par Adam de la Halle
dans la seconde moitié du XIIIe siècle, constituent les premières pièces de théâtre entièrement profanes. Héritière des fabliaux et des scènes comiques qui viennent de plus en plus fréquemment alléger la représentation des mystères, la farce se développe au XIVe siècle et perdure jusqu'à la moitié du XVIe siècle, passant de l'état de texte bref servant d'i