15/10/2026
Mobilisation de la jeunesse et vie de notre université
Chères et chers collègues, chers étudiantes et étudiants,
Un mouvement porté par des lycéens et des étudiants traverse le pays et atteint nos campus. Il nous concerne directement : notre mission est de former ces jeunes et de préparer leur avenir.
Ils ont grandi au rythme des crises sanitaires, climatiques et internationales, et jugent profondément injustes les écarts entre territoires et entre milieux sociaux dans l’accès à l’orientation, à la mobilité et aux études longues. Ils demandent des conditions d’études correctes, tiennent au service public de l’enseignement supérieur et souhaitent participer à la discussion collective. Il nous revient de les entendre. Le débat politique actuel reste en deçà de ces attentes. Notre secteur a besoin de ressources, mais aussi d’un cap clair et durable, porté par une politique nationale cohérente. La campagne présidentielle de 2027 offre l’occasion de consacrer une vraie place à la jeunesse, et je souhaite l’organisation d’une grande concertation nationale dédiée à la jeunesse.
Je refuse en revanche toute forme de violence ou de dégradation. Certains individus profitent du mouvement pour abîmer nos lieux d’enseignement. À Nantes Université, un bâtiment occupé plusieurs jours a été gravement dégradé : trente salles de cours, quatre laboratoires et cinq amphithéâtres sont touchés. À Rennes 2, le campus de Villejean a été fortement saccagé et sa remise en état prendra des semaines et impactera les budgets de ces universités de plusieurs centaines de milliers d’euros. À l’UPJV, nous avons dû faire face à des extincteurs vidés, du mobilier dégradé, des poubelles incendiées, des alarmes incendie déclenchées à répétition, des individus déambulant avec des mortiers d’artifice et des violences commises contre un personnel administratif. Ces actes choquent d’autant plus que nos établissements manquent déjà de moyens pour assurer leurs missions de service public.
Je pense aux personnels dont le quotidien professionnel se complique, et aux étudiants dont la scolarité est perturbée. J’adresse aussi mon soutien aux responsables de composantes et d’instituts, qui doivent veiller à la sécurité de tous et préserver la liberté de s’exprimer sur les campus. Les critiques systématiques dont ils font l’objet, qu’on leur reproche de trop laisser faire ou d’être trop fermes, sont injustes. Quant aux harcèlements, aux propos racistes ou antisémites et aux menaces de mort relatés par de nombreuses universités, dont l’UPJV, ils sont intolérables et doivent être dénoncés avec fermeté.
Entendre la jeunesse, garantir la sécurité de chacun et défendre le droit d’étudier vont de pair. Cela passe par le dialogue, par le respect de toutes et tous et par des moyens à la hauteur de nos responsabilités.
Je vous prie d’agréer, chères et chers collègues, chers étudiantes et étudiants, l’expression de mes salutations cordiales.
Le Président de l’Université de Picardie Jules Verne