15/10/2026
Tu as peur de quitter l’étude.
Mais tu as aussi peur de la personne que tu deviens en restant.
Partir, ce serait retrouver des collègues, apprendre une nouvelle façon de travailler, refaire tes preuves.
Ce serait prendre le risque que ça se passe mal ailleurs aussi.
Alors tu te dis :
« Je devrais peut-être patienter. »
« Ça ira mieux quand cette période sera passée. »
« J’ai déjà tellement investi pour arriver ici. »
Et tu restes.
Mais tu remarques que tu n’es plus tout à fait comme avant.
Tu réponds plus sèchement à tes proches.
Tu n’as plus l’énergie d’écouter leurs journées.
Tu déclines des invitations parce que tu veux juste être seule.
Une remarque suffit à te faire pleurer, alors qu’avant, tu aurais réussi à prendre du recul.
Tu rentres chez toi, mais tu ramènes toute la tension de l’étude avec toi.
Et ça te fait mal de voir que les personnes que tu aimes reçoivent le peu de patience qu’il te reste.
Tu repenses à celle que tu étais en commençant.
Curieuse. Motivée. Heureuse d’avoir trouvé sa voie.
Aujourd’hui, tu hésites avant de poser une question.
Tu relis un mail plusieurs fois par peur de la réaction.
Tu gardes pour toi ce qui te pèse, parce que tu crains de passer pour quelqu’un qui ne tient pas le rythme.
À force de te demander si tu es capable de rester, tu oublies parfois de te demander comment tu vas.
Il y a le salaire.
L’expérience à acquérir.
Une image à garder.
Et cette peur de compromettre la carrière que tu construis depuis des années.
Ces raisons comptent. Elles rendent la décision difficile.
Ton besoin de te préserver compte aussi.
Tu peux commencer par regarder les possibilités ailleurs, identifier ce qu’il faudrait voir changer pour pouvoir rester.
Tu as le droit de préparer la suite, même sans avoir encore décidé.
Tu as consacré des années à construire ton avenir.
La personne qui doit le vivre mérite aussi ton attention.
Quand j’ai pris cette décision à la fin de mon alternance, ça n’était vraiment pas évident. Mais je ne regretterai jamais.