04/11/2026
vous propose de découvrir une lettre de Diderot (1713-1784) à Voltaire (1694-1778) datée du 29 septembre 1762.
📚 Conjointement avec D’Alembert, Diderot porte le projet de l’« Encyclopédie ou dictionnaire universel des arts et des sciences », dont le premier volume paraît en 1751. L’objectif est de présenter l’ensemble des connaissances humaines et de les mettre à la disposition d’un large public.
✝️ Cependant, les Jésuites s’opposent à cette entreprise, qui place l’homme et non Dieu au centre de l’univers. Sous leur pression, le roi Louis XV interdit les deux premiers volumes de l’Encyclopédie en 1752, puis révoque le privilège accordé au projet et ordonne en 1759 la destruction des sept volumes alors parus.
📖 L’impératrice Catherine II de Russie propose aux philosophes de poursuivre leur impression dans son pays. Mais la disparition des Jésuites, condamnés et expulsés par le Parlement de Paris en 1762, permet finalement à l’Encyclopédie de poursuivre son édition en France.
📜 C’est de cette victoire dont Diderot fait part à Voltaire dans cette lettre : « Non, tres cher et illustre frere, nous n’irons ni a Berlin ni a Petersbourg achever l’encyclopédie ; et la raison, c’est qu’au moment où je vous parle, on l’imprime ici et que j’en ai des epreuves sous les yeux ».
✍️ Dans sa missive, Diderot prône également la supériorité des valeurs des philosophes sur celles de ses détracteurs : « Ce n’est pas assez que d’en scavoir plus qu’eux, il faut leur montrer que nous sommes meilleurs et que la philosophie fait plus de gens de bien que la grace suffisante ou efficace. […] [M]a porte et ma bourse sont ouvertes a toute heure et a tous les malheureux […]. C’est ainsi que je sers la cause commune, et les fanatiques qui m’environnent le voyent et en fremissent de rage ».
➡️ https://nubis.bis-sorbonne.fr/ark:/15733/35xh